La loi sur la fin de vie : pschitt ? (2/3)

Publié le par Bernard Pradines

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Les uns ne voient pas en quoi la légalisation de la « sédation profonde» ou le caractère contraignant des directives anticipées pourraient améliorer la situation des personnes en fin de vie. Ils font volontiers partie d’un vaste ensemble de soignants et de bénévoles accompagnant des personnes en fin de vie et se réclament de la philosophie et de la pratique des soins palliatifs. Ainsi, beaucoup parmi les accompagnants professionnels pensent que la loi Léonetti du 22 avril 2005 et ses quatre décrets d’application étaient et demeurent des textes peu connus et peu appliqués, ce qu’ils déplorent. Ils ne voient pas l’intérêt d’encadrer l’accompagnement en fin de vie, moment hautement personnalisé et avant tout relationnel, éventuellement jalonné de négociations bienveillantes, par un nouveau texte et surtout par des mesures législatives contraignantes. Une sorte de remplacement de la relation habituelle, délicate et mouvante, par un contrat écrit par anticipation et consacré par la loi.

D’autres sont insatisfaits car l’euthanasie et l’assistance au suicide ne sont pas légalisées en France à l’instar d’autres pays européens voisins. Ils sont volontiers citadins, peu religieux, éduqués et surtout soucieux de faire respecter leurs propres décisions jusqu’au bout de leur vie. Souvent éloignés du terrain mais parfois frappés par une expérience personnelle pénible, ils pensent que la loi actuelle est insuffisante et, pour faire court, qu’elle ne va pas assez loin. Qu’elle n’est qu’une étape vers la décision du patient lui-même : « mon corps est à moi ». Le principe d’autonomie individuelle est ici invoqué dans sa plénitude.

D’autres encore sont mécontents car ils redoutent une légalisation rampante du « droit de mourir dans la dignité » qui leur apparait comme une atteinte à la sacralité de l’individu. Ils peuvent appartenir à des courants confessionnels plus ou moins engagés dans le « respect de la vie » et la défense de la famille traditionnelle. En partie pour des motifs éventuellement confessionnels, ils s’opposent à toute forme d’intervention sur le processus de fin de vie et sont même en désaccord avec l’idée de sédation profonde qu’ils soupçonnent d’être un faux nez de l’euthanasie (1) et de l’assistance au suicide (2).

Pour en rajouter, un jeune homme inconnu, célèbre malgré lui, Vincent Lambert, nous montre à l’envi les limites de toute mesure législative : aucune loi ne peut réconcilier sa famille déchirée autour de son sort. Il ne reste plus aux français qu’à prendre le parti des uns ou des autres de ces protagonistes pour ajouter à la perplexité générale. Et encore ne s’agit-il que d’un cas parmi d’autres posant un problème particulier quant à la définition même de la fin de vie !

Définitions de l'Observatoire National de la Fin de Vie ONFV (rapport 2011)

  1. Euthanasie : « acte d’un tiers destiné à mettre délibérément fin à la vie d’une personne à sa demande, afin de faire cesser une situation qu’elle juge insupportable ».
  2. Assistance au suicide : « fait de fournir à une personne les moyens de mettre fin à ses jours elle-même ».

Source :

Texte complet à l’adresse : http:/www.agevillagepro.com/actualite-9949-24-la-loi-sur-la-fin-de-vie-pschitt.html

 

Publié dans fin de vie

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