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295 résultats pour “patient idéal

J’ai visité le premier village Alzheimer au monde

Publié le par Bernard Pradines

J’ai visité le premier village Alzheimer au monde

Pourquoi un village ? Pourquoi pas une résidence traditionnelle telle qu’un EHPAD ?

Pourquoi ne pas répartir ces personnes âgées de plus de 65 ans, désorientées, souffrant de troubles cognitifs sévères, dans des unités situées dans des villages existants comme à Saint-Nazaire ?

Pourquoi ce premier village ? Il fut inauguré en 2009 près d’Amsterdam aux Pays-Bas. D’autres sont en cours de réalisation, tel que celui qui est en projet à Dax en France.

Ceux qui ont conçu et réalisé « De Hogeweyk » ont donné de l’espace en plein air aux 152 résidents. Ils ont voulu procurer liberté et voisinage comme dans une vraie localité. La seule issue extérieure est surveillée visuellement à l’aide d’un sas. Mais les portes des parties communes s’ouvrent automatiquement lors de toute approche, y compris celle de l’ascenseur qui navigue automatiquement entre les deux niveaux.

Les résidents sont répartis et regroupés en affinités en fonction d’études issues des sciences humaines selon leur « style de vie » antérieur et leur choix éventuel.

Résidents, familles, professionnels et bénévoles bénéficient d’un environnement conçu au plus près de l’image de la vie du pays : places et rues portent un nom habituel, on y trouve entre autres un supermarché, un bar-restaurant, un salon de coiffure et de beauté, un salon de musique, une médiathèque et même un théâtre.

Le rassemblement en un vaste lieu unique autorise ces facilités autrement inconcevables si les unités de 6 ou 7 résidents de « De Hogeweyk » étaient dispersées dans des sites distincts et distants.

L’ameublement et la décoration se rapprochent au maximum de l’habitat normal des occupants. Tout est étudié pour ressembler à la vie quotidienne jusque dans les moindres détails. Quant à eux, les intervenants, quelles que soient leurs professions, sont spécialement informés des pathologies accompagnées.

Bien sûr, il y a toujours un revers à la médaille ; par exemple, une telle expérience pilote coûte cher à la collectivité néerlandaise et n’est assurément pas exportable à l’identique. Pourtant, je suis reparti troublé par ma visite du 17 août 2016.

Il n’existe aucune solution idéale, chacun le sait. Toutefois, le principe du village hollandais devenu réalité serait-il la moins mauvaise proposition pour des personnes dont le séjour à domicile n’est plus possible ?

Est-il possible d’ignorer « De Hogeweyk » ?

Pour en savoir plus :

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La Grande Bretagne crée un ministère de la solitude

Publié le par Louis Lacaze

La Grande Bretagne crée un ministère de la solitude

Le gouvernement britannique vient de créer un ministère de la solitude qui aura pour mission de lutter contre la solitude de plus de neuf millions de personnes. Si le sentiment de solitude peut frapper toutes les catégories d’âge, seul le problème de la solitude des seniors sera abordé ici.

 

La solitude des seniors se réfère à leur isolement social, aux faits de ne pas être en contact avec d'autres personnes, de se sentir seul et d'en souffrir. Elle serait la pathologie le plus fréquemment rencontrée dans les hôpitaux, entraînant des troubles cardiovasculaires, le diabète, l’obésité, la dépression, une augmentation du tabagisme, les décès prématurés. Une première étude a montré qu’un état dépressif chronique avait le même effet sur l’espérance de vie qu’une consommation de quinze cigarettes par jour. Une seconde que 23% des 1600 seniors décédaient au cours des prochains six ans s'ils se sentaient seuls au lieu de 14% dans le cas contraire. Une troisième qui regroupe les résultats de 70 travaux et porte sur 3,4 millions de personnes retrouve une surmortalité de 30% au cours des sept années suivantes.

 

La vulnérabilité face à la solitude remonterait à la préhistoire au cours de laquelle, pour survivre, les individus devaient impérativement se regrouper en communautés pour se procurer de la nourriture et se protéger des prédateurs. Cette exigence se retrouverait dans nos gènes, se manifestant lors des grandes catastrophes naturelles, incendies, inondations, où l’on peut assister à de grandes manifestations de solidarité. Puis, la crise passée, tout le monde reprend ses distances.

Avec les années qui passent, les divorces, les départs, les enterrements qui se succèdent, le nombre des relations se réduit. Certes, les technologies de communication peuvent permettre d’élargir les contacts mais elles peuvent avoir un effet inverse en clouant un internaute devant son écran. Se retrouver seul signifie qu’on n’a pas réussi à se créer des liens solides. Rechercher de l’aide serait perdre la face. On souffre en silence.

 

S’il est facile de constater les causes et les effets de la solitude, suggérer les moyens de la combattre l’est beaucoup moins.

Plutôt que de s’attendre à de vastes réformes sur le plan politique, les acteurs de terrain suggèrent des actions principalement locales en notant que les seniors ne recherchent pas un grand nombre de relations superficielles mais donnent la priorité à la construction d’amitiés. On trouve en Hollande, au Japon, des communautés mêlant les générations. En Californie, un site internet met en relation les personnes qui proposent bénévolement un contact, une aide, avec les personnes âgées. Donner et recevoir gratuitement crée une qualité de relation particulière.

 

Notre société souffre d’une épidémie de solitude. Si nous sommes incapables de reconstruire des relations sociales authentiques, si nous accentuons les clivages entre les générations nous allons nous retrouver enfermés dans nos ghettos respectifs, frustrés, aigris et seuls dans une société affaiblie et malade.

 

Commentaires de Bernard Pradines :

Le pourcentage de personnes vivant seules en France est passé de 6,2% en 1962 à 15,2% en 2011*. Au grand âge, plus de la moitié des femmes de 79 à 93 ans vivent seules en 2005. Le phénomène décrit ci-dessus intéresse l’ensemble des pays dits développés et une tendance similaire se manifeste dans les pays « en voie de développement ». Pour polémiquer un peu, il semble peu étonnant qu’un ministère de la solitude ne demande pas aux sujets de sa gracieuse majesté de "s’attendre à de vastes réformes sur le plan politique." Enfin, je réserverais personnellement le mot « ghetto » à son origine historique et surtout à son devenir au cours de la deuxième guerre mondiale.

 

*Insee

**Insee, Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2006.

 

 Sources :

Publié dans politique, solitude

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