Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

295 résultats pour “patient idéal

Médicaments psychotropes : le sevrage est recommandé

Publié le par Papi

Médicaments psychotropes : le sevrage est recommandé

Le Dr Tannenbaum, professeure de pharmacie gériatrique à Montréal, constate que de 8 à 35% de la population mondiale de plus de 65 ans (32% aux Etats-Unis) consomme parfois depuis 10 à 30 ans des benzodiazépines pour combattre l’anxiété ou l’insomnie. Elle s’en inquiète.

Pour sa part, elle déclare ne pas avoir prescrit un hypnotique une seule fois en 15 ans.

Les patients consommateurs signalent des problèmes de mémoire, de concentration, d’incontinence, de chutes. Le risque de fracture de la hanche est doublé. Mais ils continuent à les consommer parce qu’ils sont persuadés qu’ils ne peuvent pas s’en passer. Pour les convaincre du contraire le Dr Tannenbaum a publié une brochure exposant les dangers de ces produits. Elle explique que se réveiller une ou deux fois la nuit n’a rien d’anormal même si c’est désagréable, qu’à partir d’un certain âge six heures de sommeil peuvent être suffisantes. Elle propose ensuite un plan de sevrage étalé sur 12 à 20 semaines.

Un bilan a suivi la distribution de la brochure en pharmacie : 27% des personnes qui l’avaient reçue n’utilisaient plus ces médicaments, 11% prenaient des doses plus faibles.

Le Dr Hampton, dans un commentaire, exprime un regret : s’il est plus facile et plus rapide pour un médecin d’écrire une ordonnance que d’avoir une longue conversation avec un patient, il devrait garder à l’esprit que cette catégorie de médicaments présente une « constellation de risques ».

Sources

- un article du New-York Times : Weaning Older Patients Off of Sleeping Pills http://newoldage.blogs.nytimes.com/2014/07/02/weaning-older-patients-off-of-sleeping-pills/?_php=true&_type=blogs&emc=edit_tnt_20140702&nlid=67268624&tntemail0=y&_r=0

La brochure du Dr Tannebaum peut se télécharger sur

http://criugm.qc.ca/images/stories/les_chercheurs/risk_ct.pdf

L’étude du Dr Tennenbaum  est publiée ici : Reduction of Inappropriate Benzodiazepine Prescriptions Among Older Adults Through Direct Patient EducationThe EMPOWER Cluster Randomized Trial. Jama http://archinte.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1860498&resultClick=3

 

Sur le même sujet : The Medicalization of Sleeplessness: A Public Health American Journal of Public Health

http://ajph.aphapublications.org/doi/abs/10.2105/AJPH.2010.300014

 

et aussi :

Ten Things Physicians and Patients Should Question  American Geriatrics Society  http://www.choosingwisely.org/doctor-patient-lists/american-geriatrics-society/ et en version PDF : http://www.choosingwisely.org/wp-content/uploads/2014/02/AGS-10things-List_feb2014.pdf

Emergency Department Visits by Adults for Psychiatric Medication Adverse Events Jama

http://archpsyc.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1885708

Zolpidem Containing Products: Drug Safety Communication - FDA Requires Lower Recommended Doses U.S. Department of Health and Human Services

http://www.fda.gov/safety/medwatch/safetyinformation/safetyalertsforhumanmedicalproducts/ucm334738.htm

Un article du New-York Times : Simple Rules for Better Sleep  http://newoldage.blogs.nytimes.com/2011/03/23/simple-rules-for-better-sleep/

Insomnia  JAMA  http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1653524&resultClick=3

Partager cet article
Repost0

Directives anticipées et chirurgie à risque

Publié le par Louis Lacaze

Directives anticipées et chirurgie à risque

Dans les hôpitaux américains, une chirurgie est classée « à risque » lorsque plus de 1% des cas sont suivis d’un décès au cours de trente jours qui suivent. Jusqu‘à maintenant, le patient rencontrait le chirurgien, ensuite l’anesthésiste ; le bloc opératoire constituait la troisième étape.

 

La situation a évolué. Le patient peut avoir rempli un formulaire de directives anticipées. Dans ce cas, dans la perspective d’une opération à risque, un examen des choix du patient sera réalisé au cours d’une nouvelle visite du chirurgien après avoir été préparée par un spécialiste en soins palliatifs.

 

Si le patient n’a pas rempli de directives anticipées, il est temps de lui suggérer de le faire. Dans le cas contraire une révision des directives s’impose, exigée par le nouveau contexte, élaborée au cours de plusieurs entretiens pilotés par un intervenant qualifié. Quelles sont vos priorités dans la vie ? Si vous n’êtes pas en mesure de vous exprimer, qui pourra prendre les décisions vous concernant ? La famille pourra naturellement être associée à ces conversations. Les risques de l’opération sont évoqués sincèrement : vous pouvez mourir d’une embolie, d’une hémorragie, si votre cœur s’arrête doit-on essayer de le relancer ? Quelle sera votre condition physique si l’opération réussit ?

 

Les résultats de ces entretiens sont ensuite communiqués au chirurgien qui rencontre une nouvelle fois le patient et peut éventuellement décider de ne pas l’opérer.

 

Le Dr Vicky Tang, professeur de gériatrie citée dans les sources n’a rencontré aucun chirurgien qui accepterait d’agir contre les volontés d’un patient ou qui voudrait consciemment réaliser une opération qui aurait un bilan négatif pour lui. Sa motivation est renforcée quand elle constate que si les chirurgiens ne sont généralement pas formés à ce genre d’entretien, ils en sont demandeurs et assistent nombreux à ses conférences.

 

Commentaires de Bernard Pradines

Nous sommes aux Etats-Unis, un pays ayant été souvent précurseur des pratiques européennes. Les préoccupations du Pr Tang rejoignent les nôtres ; les directives anticipées n’ont de signification convaincante que dans un contexte précis permettant d’envisager une situation médicale plausible. Ainsi, l’HAS française (source en fin de page) a-t-elle proposé deux types de formulaires de rédaction des directives anticipées sous les titres respectifs suivants :

  • Si vous êtes en bonne santé,
  • Si vous êtes malade ou à la fin de votre vie

Gageons que le deuxième est bien plus fructueux que le premier.

Nota bene : en France, la famille ne sera en principe associée à ces conversations que si le patient en est d’accord. Idem pour l'annonce de "vérités" douloureuses : le patient a le droit de savoir ou de refuser de savoir. Par ailleurs, l’auteur de l’article a raison d’évoquer la réputation d’un chirurgien qui prendrait trop de risques. De fait, au moins en France, l’anesthésiste est l'intervenant le plus souvent sollicité en cas de complication grave lors de l’intervention ou dans ses suites. La principale difficulté tient au fait que certaines situations exigent une prise de risque dans l’intérêt du malade, même en situation palliative, simplement pour son confort. 

Enfin, les moyens décrits ci-dessus exigent une mobilisation qui est sans commune mesure avec la pratique courante française dans ce domaine. Le « hic » tient à la disponibilité inégale des spécialistes en soins palliatifs.  Mais n’insultons pas l’avenir …

 

Sources :

Geripal, blog animé par les docteurs Alex Smith et Eric Widera.

Partager cet article
Repost0