Sixième proposition issue du congrès du 26 mars 2015 à Toulouse

Publié le par Bernard Pradines

Thème : « éthique et gériatrie »

Le placement en contrainte en établissement pour personnes âgées est un des derniers tabous de notre société.

 L’observation du terrain montre que de nombreux placements se font en dehors du cadre légal. Les obstacles sont nombreux  incluant l’absence de prise en compte des causes du passage en institution, en particulier celles liées à l’atteinte de capacités cognitives : absence de tuteur, épuisement familial, absence de réponse suffisante de l’institution judiciaire débordée.

Trois mesures pourraient améliorer les droits des personnes âgés lors de l’entrée en établissement :

·        l’entrée ne devrait jamais avoir lieu sans une évaluation gérontologique préalable incluant les capacités cognitives.

·        un délai de rétractation devait être fixé dans l’éventualité où la personne refuserait son maintien dans l’établissement.

·        enfin, une entrée contestée par la personne âgée devrait déboucher sur une évaluation systématique qui serait indépendante des acteurs du processus ayant conduit au placement en contrainte.

 

Publié dans éthique

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P
D’accord avec vous pour tout. Je retiens en particulier votre proposition d'inclusion des volontés du lieu de fin de vie dans les directives anticipées. Curieusement, le législateur entend les directives anticipées de manière restrictive, comme un frein à l'acharnement thérapeutique. Pourtant, le lieu de la fin de la vie est une préoccupation bien plus prégnante chez les personnes âgées. Merci pour ce témoignage qui rejoint le mien.
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J
En effet, chaque semaine j'entends dire dans les groupes de soignants que j'enseigne qu'il y a chez elles des personnes à qui la famille ou l'entourage n'avait rien dit jusqu'au matin ou le soir de la veille sur le fait que la personne serait 'placée'. je déteste d'ailleurs ce mot 'placée' parce que cela fait penser à 'un objet' au lieu d'une personne... <br /> On peut alors s'imaginer le drame qui se déroule: la personne elle-même vit la trahison complète de ses bien-aimés dont en général elle ne s'en remettra plus jamais. Mais pour le personnel c'est dramatique également d'avoir en face un(e) résident(e) qui n'a aucune envie de rester vivre là où l'on a amené contre son gré. <br /> Quand une jeune maman amène son enfant à la crèche et l'enfant pleure cela déchire le cœur de la maman. Pourquoi cette jeune maman plus tard, quand elle a pris de l'âge a apparemment oubliée le ressenti de l'abandon qui régnait chez son enfant? <br /> Je pense qu'on devrait tous écrire aussi dans nos directives anticipées nos désirs autour de la façon de vivre nos dernières années. Au moins, les professionnels qui en général sont bien intentionnés, auraient quelque chose en main pour éviter ces déraillements venant des familles qui tout bizarrement pensent bien faire...
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