Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

fin de vie

Notes de lecture sur « l’aide médicale à mourir (AMM) » au Québec

Publié le par Bernard Pradines

Notes de lecture sur « l’aide médicale à mourir (AMM) » au Québec
Il me semble intéressant de se pencher sur un pays qui connait en pourcentage le plus grand succès de la planète en termes de morts programmées. Aussi, j’ai retenu quelques extraits d’un article paru dans la littérature journalistique québécoise le mercredi 6 mai 2026.

A propos du défaut de soins palliatifs :

« Il m’est arrivé de faire des AMM en sachant que, pour le patient, c’était un choix par manque de choix, alors que de mon côté j’étais démunie, je n’avais pas de ressources pour porter les autres options de fin de vie », témoigne Lauréanne Goulet-Plamondon, qui, jusqu’à l’an dernier, était la seule médecin affectée aux soins palliatifs dans la Municipalité Régionale de Comté (MRC) de Portneuf, un secteur rural au sud de Québec.

Faire de nécessité une vertu :

Par ailleurs, beaucoup ont déjà « intériorisé que l’AMM était la seule voie possible », se désole Lauréanne Goulet-Plamondon, qui estime pour sa part que la situation a atteint un point de dérive.

Il s’agit de personnes qui souhaitent « finir en beauté avec les gens qu’ils aiment autour d’eux, sans leur imposer le spectacle parfois traumatisant de la mort qui s’installe. »

Un exemple d’adaptation de l’individu aux impératifs de la société :

« Beaucoup ont désormais l’impression que l’AMM est un droit fondamental, soutient-il, tandis qu’au sens de la Loi, « c’est un soin administré lorsque c’est approprié de le faire ». 

Il faut dire que la mort programmée tend à devenir peu à peu le trépas « idéal », d’après les observations de nombreux experts.»

Une extension d’éligibilité qui va bien au-delà de la souffrance réfractaire en période terminale de la vie :

« Face à la perspective de dépendre des autres, les hommes invoquent « une atteinte à leur identité », eux qui ont été conditionnés à ne pas exposer leur fragilité, tandis que les femmes mentionnent leur volonté de ne pas déranger. « Elles sont mal à l’aise de se retrouver dans la position de recevoir des soins plutôt que d’en donner », observe la chercheuse spécialiste des enjeux liés à la fin de vie.»

Le rapport de 2025 de l’Oregon (DWDA Oregon report 2025) corrobore le lien entre les motivations des « suicidés » et les arguments cités ci-dessus chez leurs voisins québécois.

Voici un article qui mérite d’être lu dans son entièreté :

Partager cet article
Repost0

Le docteur Wiebe m’a aidé à comprendre pourquoi ma mère a décidé d’avoir recours à la mort assistée

Publié le par Louis Lacaze

Le docteur Wiebe m’a aidé à comprendre pourquoi ma mère a décidé d’avoir recours à la mort assistée
Le docteur Wiebe m’a aidé à comprendre pourquoi ma mère a décidé d’avoir recours à la mort assistée

Un journaliste du New-York Times a interviewé le Dr Ellen Wiebe, 72 ans[1], qui après avoir longtemps pratiqué des IVG a maintenant réalisé des centaines d’euthanasies.

Les droits de la personne ont été un objectif majeur de la vie du Dr Wiebe dans sa pratique de l’IVG et de l’euthanasie. Il s’agit des droits des personnes sur leur propre vie, leur propre corps. Elle se sent honorée que les gens lui fassent confiance pour les aider à traverser les épreuves difficiles qu’ils traversent et qu’elle puisse leur redonner cette autonomie qu’ils ont perdue.

Il lui arrive de ne pas approuver tous les choix de ses patients. Parfois, elle est mal à l’aise quand elle voit une jeune et belle personne vouloir partir plus tôt que nécessaire. Une décision dure à accepter, surtout pour les familles. Mais elle croit fermement aux droits fondamentaux de la personne. Si cette personne dit qu’elle ne peut pas vivre avec cette maladie, alors une fois qu’elle aura suivi tout le processus, le Dr Wiebe respectera ses souhaits.

Le recours à la mort assistée obéit à certaines règles[2]. Un patient en phase terminale, confiné au lit, demande une aide active à mourir parce qu’il ne veut pas être un fardeau pour sa famille. Désolé, ce n’est pas une raison suffisante. Mais il est aussi très angoissé par le fait qu’il a longtemps pris soin de sa famille et qu’il devra maintenant avoir recours à elle pour s’occuper de lui, idée insupportable à ses yeux. Sa demande devient donc recevable[3].

Des cas plus complexes impliquent un examen de la capacité à comprendre la situation et de prendre des décisions. C’est le principal aspect qui doit être évalué[4].

Le patient souffre-t-il d’un trouble de l’humeur qui perturbe sa pensée et l’empêche de réfléchir clairement pour prendre une décision logique ? Lorsque les gens sont cliniquement déprimés, ils ont tendance à se juger sans valeur, inférieurs aux autres, ce sont des troubles psychiatriques qui se soignent, même chez une personne mourante qui souffre physiquement. Mais si une personne dit : « Je perds tout, je ne peux plus faire tout ce qui m’intéressait[5], à quoi bon continuer pour empirer les choses », c’est différent. Le patient analyse la situation correctement.

Il existe des différences claires entre le deuil après une mort assistée et le deuil après une mort subite. L’aide médicale à mourir permet aux gens de dire les choses qui doivent être dites, poser les questions qui doivent être posées. Toutefois, dans les familles, certains auront du mal à accepter que la personne parte plus tôt que nécessaire et interprètent sa décision comme un abandon et un rejet.  Un suicide est toujours plus traumatisant, sa soudaineté, sa violence, le fait qu’il s’accomplit sans personne à ses côtés, qu’il n’est pas légalement autorisé, que la police doit intervenir, tout cela rend tout plus difficile pour les survivants.

A la question « pensez-vous qu’il existe quelque chose après la mort ? » le Dr Wiebe répond qu’elle est agnostique[6], comme la plupart de ses confrères qui pratiquent l’aide active à mourir, ce qui est le cas de la majorité des personnes qui la demandent. Ce qu’elles recherchent avant tout c’est de garder le contrôle de leur vie jusqu’à la fin.

Devant l’étonnement du journaliste surpris de la voir s’exprimer avec autant d’aisance sur son travail, le Dr Wiebe rappelle qu’elle est médecin, que dans les facs de médecine on apprend à acquérir un certain détachement, à se fixer des limites, à ne pas ramener chez soi les tragédies des patients. Pour y parvenir un médecin doit se protéger. Chacun réagit d'une façon qui lui est propre.

Certes cette perception de la médecine n’est pas partagée par tous les médecins. Par exemple tous ne veulent pas faire de soins palliatifs, alors que la plupart des spécialités ont des décès. Ce que le Dr Wiebe ne pourrait pas supporter, c’est d’avoir à s’occuper d’enfants très gravement malades ou mourants. Elle admire vraiment les pédiatres qui peuvent le faire. Tout le corps médical a ses limites.

Commentaires de Bernard Pradines : voici une opinion fort éloignée de celle qui est couramment exprimée sur GérontoLiberté. Mais nous donnons la parole à toutes les opinions dans le respect de la loi française.

Sources

 

David Marchese The New-York Times The Doctor Who Helped Me Understand My Mom’s Choice to Die

- Dr. Wiebe, I want to tell you upfront: My mom died from MAID in June in Ontario. That’s part of why I’m talking to you today. Also, I apologize in advance if I get emotional during this conversation.

- There’s no easy way to say goodbye to your mother.

 

Et une autre interview où le Dr Wiebe expose plus longuement ses convictions

Dr. Ellen Wiebe has never shied away from speaking publicly about the act of ending someone’s life. For Wiebe, medical assistance in dying (MAID) is “incredibly rewarding” work. She hasn’t faced nearly the same sort of stigma she once faced as an abortion provider 


[1] Le Dr Ellen Wiebe exerçait au moment de cet article en Colombie Britannique au Canada. Un pays où euthanasie et suicide assisté sont autorisés par la loi.

[2] Ces règles sont variables suivant les pays.

[3] Recevable : on parle de « critères d’éligibilité ».

[4] Récemment, en février 2026, vive discussion en France au parlement autour de cette dimension. Dans l’état actuel du texte : « Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée. »

[5] A ce propos, on se reportera au rapport 2025 de l’Etat de l’Oregon : https://www.oregon.gov/oha/PH/PROVIDERPARTNERRESOURCES/EVALUATIONRESEARCH/DEATHWITHDIGNITYACT/Documents/year28.pdf

[6] Agnostique : terme souvent confondu à tort avec celui d’athée

Publié dans fin de vie, lois

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>