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fin de vie

Soins palliatifs : quels risques ? Des avertissements venus d’Allemagne.

Publié le par Bernard Pradines

1) Le risque que les soins palliatifs puissent dégénérer en un service commercial dans le but de maximiser des profits. Si la concurrence peut animer le marché de l’économie, elle ne doit pas aboutir en matière de santé à la qualité minimale possible des soins.

2) Le danger que la médecine palliative soit conçue comme un nouveau champ de bataille sur lequel les parties prenantes interagissent entre elles à l’intérieur de disciplines concurrentes telles que l’anesthésiologie, la médecine interne, l’oncologie, la neurologie et les thérapies de la douleur qui tenteraient de capter les ressources financières pour leur propre compte afin de s’en procurer la plus grande part.

Comme lors de chaque nouveau développement institutionnel, ici la médecine palliative, le risque est celui du combat pour la répartition des ressources disponibles pouvant aboutir à une véritable guerre de tranchée faisant oublier le but initial.

3) Le risque de tendre vers des soins palliatifs standardisés, possédant un rapport coût-efficacité meilleur que celui de la médecine curative, une "alternative" donc, en particulier chez les patients âgés.

Commentaire de Bernard Pradines :

Le troisième risque évoqué ci-dessus me semble le plus préoccupant. Il est intéressant de constater que les partisans français de la légalisation de l’euthanasie oublient systématiquement cette dimension.

Source :

Bauer A. Die Palliativmedizin im Spagat zwischen Fürsorge und Sterbehilfe – Chancen und Gefahren der Etablierung einer neuen akademischen Disziplin. Vortrag beim Symposium Begegnungen mit Sterben und Tod im Großen Sitzungssaal des Landratsamts Aalen am 30. März 2011

http://www.cdl-rlp.de/Download/Palliativmedizin_Bauer_2011.pdf

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Fin de la vie : une étude internationale

Publié le par Bernard Pradines

Fin de la vie : une étude internationale

Voici quelques extraits significatifs, traduits par mes soins, des résultats d’une enquête internationale relative aux préoccupations en fin de vie dans quatre pays : USA, Italie, Japon et Brésil. En Amérique et au Japon, ne pas peser sur sa famille du fait des coûts liés aux soins est la première inquiétude, citée comme extrêmement importante par 54 % et 59 % des personnes interrogées respectivement. Les japonais s'inquiètent du coût de funérailles qui peuvent facilement atteindre 24 000 Euros. Un tiers des italiens souhaitent la présence de personnes aimées autour d'eux. Le Brésil est le seul pays où davantage de personnes déclarent qu'elles placent la prolongation de la vie avant la réduction de la douleur et du stress. La religion entre en jeu pour expliquer des différences dans les résultats obtenus. Il y a davantage de catholiques au Brésil que dans aucun autre pays. Bien des brésiliens ont vraisemblablement été influencés par la longue persévérance de leur église à prêcher que la vie devrait être prolongée autant que possible, même par des mesures héroïques. Quatre-vingt-trois pour cent de Brésiliens disent que la religion joue "un rôle majeur" dans leur opinion sur les soins en fin de vie, contre 50 % en Amérique et 46 % en Italie. Au Japon, seulement 13 % affirment que la religion joue un rôle majeur dans leur jugement.
En Amérique, en Italie et au Japon, les personnes diplômées pensent que l’on insiste trop sur la prolongation de la vie et pas assez sur le soulagement de la souffrance. Les gens instruits pensent que les patients et les familles devraient jouer un plus grand rôle dans les décisions de soins en fin de vie.
D’autres études ont constaté que les minorités aux USA sont davantage susceptibles de mourir à l'hôpital que les Américains blancs. Les américains plus riches meurent plus souvent à la maison ou dans un hospice (en France : soins palliatifs) que ceux ayant des revenus inférieurs.

Source : 

Publié dans éthique, fin de vie

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