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bilan

Vieux motard : que vérifier ?

Publié le par Bernard Pradines

Image de Bernard Pradines, Albi, 2020

Image de Bernard Pradines, Albi, 2020

Si je me fonde paresseusement sur l’IA (Dougall GPT), revue par mes soins, référencée et résumée, pour m’aider dans cette approche :

Voici un patient âgé qui souhaite continuer la moto (ou reprendre) : le risque dépend davantage des capacités fonctionnelles, des comorbidités et des médicaments que de l’âge chronologique.

1) Points de dépistage clinique (aptitude à conduire/rouler)

  • Vision : bilan régulier, acuité, contraste, champ visuel, sensibilité à l’éblouissement (cataracte), sécheresse oculaire ; correction optique adaptée au casque. Une baisse de vision nocturne est particulièrement pénalisante sur deux-roues.
  • Audition / vestibulaire : hypoacousie[1] (sirènes, klaxons), vertiges positionnels, instabilité.
  • Cognition : attention divisée[2], vitesse de traitement des informations, fonctions exécutives (rapide planification de l’action, par exemple la gestion d’intersections complexes), somnolence diurne.
  • Neuromusculaire / mobilité : rotation cervicale (angles morts), force des membres supérieurs (freinage avec le grip droit), dextérité (embrayage avec le grip gauche/poignées), proprioception[3], équilibre à basse vitesse/à l’arrêt.
  • Comorbidités à haut impact pouvant faire renoncer à la moto (exemples) : maladie de Parkinson et syndromes extrapyramidaux, AVC (séquelles), neuropathies (diabète, alcool), arthrose cervicale/épaules, cardiopathie avec syncope/angor, BPCO avec dyspnée, SAOS[4] non traité, diabète avec hypoglycémies.
  • Historique de “presque accidents” : chutes à l’arrêt, trajectoires élargies, difficultés aux ronds-points, confusion dans la circulation ; ce sont souvent les meilleurs signaux précoces.

2) Revue médicamenteuse ciblée (sécurité routière)

Sur deux-roues, les effets “modestes” deviennent critiques (équilibre, temps de réaction). Rechercher en particulier :

  • Sédation / ralentissement psychomoteur : benzodiazépines, Z-drugs[5], opioïdes, gabapentinoïdes[6], antidépresseurs sédatifs, antipsychotiques, antiémétiques sédatifs, antihistaminiques H1 de 1re génération.
  • Hypotension / syncopes : antihypertenseurs (en particulier si titration récente), alpha-bloquants, dérivés nitrés ; déshydratation + diurétiques.
  • Hypoglycémies : insuline, sulfamides/hypoglycémiants (selon molécule), surtout si conduite prolongée/à jeun.
  • Interactions alcool/médicaments et changements récents de dose : période à risque majoré. Ajout récent d’un nouveau médicament. Cadre général utile : l’évaluation des effets des médicaments sur la capacité à opérer un véhicule motorisé (vigilance, cognition, coordination).

3) Mesures de réduction du risque (pratiques)

  • Choix des conditions de roulage : éviter la nuit, la pluie, le froid (rigidité/adhérence), et les heures de pointe ; privilégier les trajets connus.
  • Formation/rafraîchissement : remise à niveau (freinage d’urgence, évitement d’obstacle, basse vitesse).
  • Ergonomie/machine : moto adaptée (poids/hauteur de selle) ; s’assurer de bien poser à plat les deux pieds par terre des deux côtés, à l’arrêt. Il parait que, selon l’expression bien connue, « les hommes préfèrent les grosses ». Pourtant nous disposons désormais de modèles de moyenne cylindrée qui n’ont rien à envier aux gros cubes pour la vivacité ; ce sont les rapports poids/puissance et poids/couple qui doivent être observés.
  • Rouler définitivement en solo et non en duo au moindre doute.
  • Commandes souples (lubrifiées), pneus (attention aux pneus neufs enduits de paraffine) /ABS/contrôle de traction ; limiter le port de charges (sac à dos lourd).
  • Équipement : casque homologué bien ajusté, gants, blouson/pantalon renforcés, bottes avec semelle antidérapante ; pas de boucles lâches de lacets qui peuvent accrocher le levier de vitesse à gauche et le frein arrière à droite.
  • Fatigue : trajets plus courts (150 km, soit environ trois heures en dehors d’une autoroute, c’est déjà beaucoup), pauses planifiées toutes les heures (et non toutes les deux heures comme en voiture), hydratation ; vigilance particulière ou plutôt abstention en cas de SAOS ou de somnolence diurne.

4) Signaux d’alerte pour reconsidérer la moto (ou restreindre fortement)

  • Chutes répétées à l’arrêt ou difficultés à manœuvrer à basse vitesse.
  • Épisodes de syncope, vertiges importants, hypoglycémies sévères, somnolence au volant/à moto.
  • Déclin cognitif avec désorientation, erreurs de jugement rapportées par l’entourage ou les autres usagers.
  • Limitation marquée de la rotation cervicale ou de la force/dextérité empêchant un freinage/évitement fiable.
  • Obtempérer au conseil d’arrêt du médecin.

5) Comment cadrer la discussion en consultation

  • Positionner la question comme une évaluation fonctionnelle et médicamenteuse (et non un jugement sur l’âge).
  • Proposer une approche graduée : adapter (horaires, trajets, formation, équipement, révision des traitements) plutôt que “tout ou rien”.
  • Les ressources de sécurité pour conducteurs âgés insistent sur l’impact des conditions de santé et des effets indésirables médicamenteux sur la conduite.

[2] L'attention divisée est la capacité de se concentrer sur plusieurs tâches ou sources d'informations en même temps. Source : https://www.glossaire.blog/fr/sciences-cognitives/psychologie-cognitive/attention-divisee/

[3] La proprioception (de proprio-, tiré du latin proprius, « propre », et de [ré]ception), ou sensibilité profonde, est la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps, qui se fait sans recours à la vision[1]. Source Wikipédia

[5] zopiclone et zolpidem

[6] Par exemple : gabapentine et prégabaline

Publié dans Bilan, prévention

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Être vieux, c’est être capable de témoigner contre la violence

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://msf-crash.org/fr/medecine-et-sante-publique/pourquoi-je-suis-devenu-medecin-humanitaire

Image issue de : https://msf-crash.org/fr/medecine-et-sante-publique/pourquoi-je-suis-devenu-medecin-humanitaire

Si l’on exclut les situations d’incapacité intellectuelle, reste un fond culturel de transmission d’événements vécus par les personnes âgées. Même si l’expérience, selon le sage Confucius, est « une lanterne attachée dans notre dos, qui n’éclaire que le chemin parcouru », peut-on s’interroger sur notre monde actuel et le rôle des anciens ? Même si l’accélération du monde reléguera facilement nos ainés à celui de simples survivances de l’ancien monde ?

Publié dans Bilan, violence, guerre, témoignage

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