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covid-19

Quelle priorité de la recherche : une longue durée de vie ou une longue durée de vie en bonne santé 

Publié le par Louis Lacaze

Quelle priorité de la recherche : une longue durée de vie ou une longue durée de vie en bonne santé 

D’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) en 2023 en France l’espérance de vie atteint 85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes tandis que l’espérance de vie en bonne santé s’élève désormais respectivement à 77 ans et à 75,5 ans [1]. Les progrès impressionnants réalisés depuis les années 50 ont enflammé les imaginations de certains chercheurs qui refusent de s’arrêter en si bon chemin et aimeraient transposer à l’homme les transformations géniques obtenues sur des souris ou des vers de terre qui nous permettraient d’atteindre l’âge de140 ans. Ces prétentions font sourire la majorité des spécialistes.

La plupart des chercheurs, moins ambitieux, considèrent qu’allonger la durée de vie en bonne santé est plus réaliste. Leurs recommandations sont classiques : un mode de vie sain, de l’exercice, une alimentation équilibrée, des relations sociales, un sommeil de qualité. Un programme de vie qui permettrait de vivre jusqu’à 90 – 95 ans mais en bonne santé. Ce ralentissement du vieillissement s’accompagnerait d’une disparition sinon d’une baisse des cas de maladies chroniques accompagnant la vieillesse, de certains cancers, du diabète, des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et de la démence. « En ciblant les voies de vieillissement, on espère ralentir le processus de vieillissement », déclare Eric Verdin, chercheur, « avec un peu de chance, les gens vivront plus longtemps, mais surtout, ils vivront en meilleure santé ».

Pour Deborah Kado, professeur de médecine, accorder la priorité à la longévité est une erreur. Il serait bien préférable de concentrer son attention sur son choix de vie à mener pendant le temps de vie dont on dispose tant que nous pouvons en avoir le contrôle. C’est à partir des choix retenus que va reposer l’affirmation d’une vie réussie [2].
 

Commentaires de Bernard Pradines. L’espérance de vie sans incapacité forte (EVSI forte) est ainsi définie : « Êtes-vous limité, depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? ». Les personnes répondant « Oui, fortement » sont considérées des personnes en situation de handicap, donc en incapacité forte. L’EV est l’espérance de vie.  Le rapport ESVI forte/EV à la naissance a tendance à croitre dans les deux sexes, en particulier depuis 2018 (voir graphique ci-dessous). Être toutefois prudent quant à l’interprétation des chiffres. Si l’EV stagne momentanément, par exemple du fait de la covid de 2020-2022, le rapport EVSI forte/EV à la naissance peut augmenter sans bénéfice net de durée de l’EVSI.

Extrait de [3] :

Quelle priorité de la recherche : une longue durée de vie ou une longue durée de vie en bonne santé 

Références

Selon la Drees, une femme de 65 ans peut espérer vivre 12 ans sans incapacité et un homme du même âge 10 ans et demi.
[2] Dana G. Smith The New-York Times Why Aging Experts Are Obsessed With ‘Health Span’

Trying to stay healthy into old age is a better goal than attempting to live as long as possible.

[3] Pradines B. James Fries : où en est la compression de la morbidité ? NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie, septembre 2024,

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1627483024000795

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La société occidentale annonçait le « bien vieillir », et c’est la mort programmée qui est venue

Publié le par Bernard Pradines

Alfed Loisy. Image issue de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Loisy

Alfed Loisy. Image issue de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Loisy

Clin d’œil à celles et ceux qui s’intéressent à la théologie[1], le titre de cet article nous interroge sur la proposition de loi sur « l’aide à mourir » votée le 27 mai 2025 par l’Assemblée nationale française. Ceci à la suite de législations assez comparables dans une trentaine d’États occidentaux depuis vingt-huit ans.

Confrontées à la dispersion géographique inédite des familles, voire à leur désunion, les personnes âgées sont les premières catégories de la population à vivre seules[2]. Vivre en famille avec les aînés ne fait plus florès. Dans le même temps, les exigences de soins et de sécurité n’ont pas cessé de croître depuis un demi-siècle. D’où le succès des EHPAD croulant sous les demandes d’entrée, consécration qui n’a pas été remise en question par la crise de la Covid et les divers scandales publiés. Nul ne peut contester les efforts des professionnels de l’accompagnement des personnes âgées. Peu nombreux, insuffisamment formés et soutenus, les personnels des services à domicile et des EHPAD peinent à combler les besoins et désirs des bénéficiaires chez eux et des résidents en établissement. Souvent, ils n’y parviennent pas.

Un fort courant de pensée prône le bien vieillir. Logique : le bienfait individuel rejoint le moindre poids de la dépendance sur la société occidentale confrontée à des défis multiples. Ainsi, cet impératif du « vieillissement réussi » est devenu pression de conformité[3]. De même, la prévention est un maitre mot. Des initiatives comme ICOPE[4] méritent d’être observées quant au suivi des participants et aux résultats escomptés.

Parallèlement se développe un discours pessimiste quant aux possibilités de nos pays dits développés pour affronter les immenses défis liés au vieillissement des populations. Au point de douter de nos capacités à honorer la dignité des personnes. Quand on connait le coût de la dernière année de vie pour la collectivité[5], on comprend mieux la tentation de légiférer. « Mourir dans la dignité » serait-il impossible sans mort programmée ? La réalité de l’insuffisance des soins palliatifs et de l’accompagnement soignant et citoyen fera le reste.

 

[1] Alfred Loisy. Auteur de la célèbre formule : "Jésus annonçait le royaume et c'est l'Eglise qui est venue". L’Évangile et l’Église. Consulté le 11 juillet 2025 : https://tinyurl.com/5c2c2r6u

[2] INSEE. Personnes vivant seules dans leur logement selon l’âge et le sexe.  Données annuelles de 1990 à 2022.  https://tinyurl.com/yxz9su3j

[3] Michel Billé et Didier Marz. La tyrannie du « Bienvieillir » Vieillir et rester jeune. Consulté le 11 juillet 2025 : https://tinyurl.com/ftrzx3dm

[4] Consulté le 11 juillet 2025 : https://tinyurl.com/5b77tkkj

[5] De l’ordre de 10% des frais de l’Assurance Maladie. Sources diverses.

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