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Le Covid long n’épargne pas les seniors

Publié le par Louis Lacaze

Le Covid long n’épargne pas les seniors

D’après l’OMS, on peut parler de Covid long lorsque les symptômes persistent ou que de nouveaux apparaissent trois mois après l’infection initiale et se prolongent pendant au moins deux mois ; ils peuvent persister pendant deux ans.

En France, comme au Royaume-Uni ou aux États-Unis, afin de favoriser une prise en charge médicale rapide des patients souffrant de symptômes persistants, la Haute Autorité de Santé a recommandé que le délai de reconnaissance en tant que Covid long soit de 4 semaines après le début de l’infection. Ce seuil de 4 semaines permet de ne pas retarder le diagnostic d’une éventuelle autre maladie, et de prendre en charge précocement les manifestations graves ou urgentes afin d’éviter une dégradation de l’état de santé des patients. Entre 4 semaines et 3 mois après l’infection, on parle parfois d’infection COVID-19 symptomatique prolongée plutôt que de Covid long [1].

Pour Fung [2] en 2023, environ 30 % des patients hospitalisés pour COVID-19 ont développé un Covid long. Chez une proportion similaire de patients, des symptômes similaires à ceux du Covid long peuvent apparaître après une grippe dite prolongée, mais il existe des différences notables dans la symptomatologie entre le Covid long et la grippe prolongée. L'impact du Covid long sur le recours aux soins de santé est plus important que celui de la grippe prolongée.

Si les personnes âgées ne sont pas globalement plus sujettes au Covid, elles risquent davantage de présenter quatre groupes particuliers de symptômes. On relève des troubles métaboliques y compris l’apparition d’un diabète sucré, d’un taux élevé de cholestérol, des pathologies cardiovasculaires dont des accidents vasculaires cérébraux, des maladies gastro-intestinales. Ne disparait pas le cortège des douleurs, fatigue, faiblesse musculaire, et problèmes de santé mentale.

Les symptômes les plus couramment signalés comme ayant un impact sur la vie quotidienne sont :

  • un épuisement, souvent aggravé à l’effort (physique ou intellectuel) ;
  • les symptômes cardiorespiratoires (en particulier l’essoufflement ou la tachycardie) ;
  • une diminution de la capacité à raisonner, se concentrer et à se souvenir, avec une grande fatigabilité, parfois pendant plusieurs jours, après avoir accompli des tâches mentales usuelles (le « brouillard cérébral ») [3].

La meilleure façon de se protéger du Covid long est de se protéger du SARS-CoV-2. La vaccination et les rappels n’éliminent pas le risque mais le réduisent de 15 à 50% selon les études. Une vigilance quotidienne est recommandée avec le port du masque dans les endroits à risque, la fréquentation la plus faible possible des lieux connus pour favoriser la contamination, restaurants, sites commerciaux fortement fréquentés. Toute infection détectée par un test devra être immédiatement faire l’objet d’un suivi médical.

Commentaires de Bernard Pradines. Nous employons le terme courant masculin de Covid long bien que l’étymologie des mots anglais soient en faveur du féminin car le « d » terminal du mot Covid désigne une disease (maladie). Selon Watanabe [4] et al en 2023 la vaccination contre la COVID-19 avant l'infection par le SARS-CoV-2 est associée à un risque plus faible de COVID long, tandis que la plupart des personnes souffrant de COVID long n'ont pas présenté de changements symptomatiques après la vaccination. Un argument en faveur du port du masque, en particulier chez les patients souffrant de COVID long.

Références

Paula Span The New-York Times Long Covid Poses Special Challenges for Seniors

Ask Patricia Anderson how she is doing, and you probably will not get a routine answer. “Today, I’m working and I’m fine,” she said on a recent Tuesday. “Saturday and Sunday, I was bedridden. Long Covid is a roller coaster.”

Lire aussi

Décréter le retour du masque (au moins pour les professionnels) dans les hôpitaux, les établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes et tous les lieux de soins sera-t-elle la première décision de Catherine Vautrin la toute nouvelle ministre de la Santé …rien n’est moins sûr.

Bertrand Herrer JIM Le risque de Covid long a diminué, mais il persiste

Les séquelles de l’infection par SARS-CoV-2, également appelées « Covid long », peuvent affecter de nombreux organes. Le risque de syndrome post-Covid ou Covid long (CL) semble augmenter avec la gravité de l’infection et la présence de pathologies préexistantes ; ce risque semble diminuer après la vaccination contre la Covid-19.

Postacute sequelae of severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2) infection (PASC) can affect many organ systems


[2] Fung KW, Baye F, Baik SH, Zheng Z, McDonald CJ. Prevalence and characteristics of long COVID in elderly patients: An observational cohort study of over 2 million adults in the US. PLoS Med. 2023 Apr 17;20(4):e1004194. doi: 10.1371/journal.pmed.1004194.

[4] Watanabe A, Iwagami M, Yasuhara J, Takagi H, Kuno T. Protective effect of COVID-19 vaccination against long COVID syndrome: A systematic review and meta-analysis. Vaccine. 2023 Mar 10;41(11):1783-1790. doi: 10.1016/j.vaccine.2023.02.008.

Publié dans COVID-19

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Quelle priorité de la recherche : une longue durée de vie ou une longue durée de vie en bonne santé 

Publié le par Louis Lacaze

Quelle priorité de la recherche : une longue durée de vie ou une longue durée de vie en bonne santé 

D’après la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) en 2023 en France l’espérance de vie atteint 85,7 ans pour les femmes et 80 ans pour les hommes tandis que l’espérance de vie en bonne santé s’élève désormais respectivement à 77 ans et à 75,5 ans [1]. Les progrès impressionnants réalisés depuis les années 50 ont enflammé les imaginations de certains chercheurs qui refusent de s’arrêter en si bon chemin et aimeraient transposer à l’homme les transformations géniques obtenues sur des souris ou des vers de terre qui nous permettraient d’atteindre l’âge de140 ans. Ces prétentions font sourire la majorité des spécialistes.

La plupart des chercheurs, moins ambitieux, considèrent qu’allonger la durée de vie en bonne santé est plus réaliste. Leurs recommandations sont classiques : un mode de vie sain, de l’exercice, une alimentation équilibrée, des relations sociales, un sommeil de qualité. Un programme de vie qui permettrait de vivre jusqu’à 90 – 95 ans mais en bonne santé. Ce ralentissement du vieillissement s’accompagnerait d’une disparition sinon d’une baisse des cas de maladies chroniques accompagnant la vieillesse, de certains cancers, du diabète, des maladies cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux et de la démence. « En ciblant les voies de vieillissement, on espère ralentir le processus de vieillissement », déclare Eric Verdin, chercheur, « avec un peu de chance, les gens vivront plus longtemps, mais surtout, ils vivront en meilleure santé ».

Pour Deborah Kado, professeur de médecine, accorder la priorité à la longévité est une erreur. Il serait bien préférable de concentrer son attention sur son choix de vie à mener pendant le temps de vie dont on dispose tant que nous pouvons en avoir le contrôle. C’est à partir des choix retenus que va reposer l’affirmation d’une vie réussie [2].
 

Commentaires de Bernard Pradines. L’espérance de vie sans incapacité forte (EVSI forte) est ainsi définie : « Êtes-vous limité, depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? ». Les personnes répondant « Oui, fortement » sont considérées des personnes en situation de handicap, donc en incapacité forte. L’EV est l’espérance de vie.  Le rapport ESVI forte/EV à la naissance a tendance à croitre dans les deux sexes, en particulier depuis 2018 (voir graphique ci-dessous). Être toutefois prudent quant à l’interprétation des chiffres. Si l’EV stagne momentanément, par exemple du fait de la covid de 2020-2022, le rapport EVSI forte/EV à la naissance peut augmenter sans bénéfice net de durée de l’EVSI.

Extrait de [3] :

Quelle priorité de la recherche : une longue durée de vie ou une longue durée de vie en bonne santé 

Références

Selon la Drees, une femme de 65 ans peut espérer vivre 12 ans sans incapacité et un homme du même âge 10 ans et demi.
[2] Dana G. Smith The New-York Times Why Aging Experts Are Obsessed With ‘Health Span’

Trying to stay healthy into old age is a better goal than attempting to live as long as possible.

[3] Pradines B. James Fries : où en est la compression de la morbidité ? NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie, septembre 2024,

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1627483024000795

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