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Et vos apparences brisées, vous regarder m'arrache l'âme

Publié le par Bernard Pradines

Le 13 septembre 2016, je proposais à nos lecteurs un poème sur la vieillesse que je considère parmi les plus beaux dans ce domaine. Il reçoit toujours, plus de quatre ans après sa publication des visites d’internautes qui le placent parmi les pages le plus visitées de ce blog.

https://free-geriatrics.overblog.com/2016/06/un-des-plus-beaux-poemes-sur-la-vieillesse.html

Je souhaiterais vous en proposer un autre, lui aussi de Louis Aragon, lui aussi chanté par Jean Ferrat, qui me semble dédié aux soignants dont j’étais. J’y ajoute les bénévoles sans restriction.

Chanson et paroles  par les deux liens ci-dessous :

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Qui ne reconnait pas qui ?

Publié le par Georges Lambert  

Image issue du site : https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2019/02/18/elle-ne-reconnait-pas-ses-parents-son-mari-et-parfois-son-propre-visage-dans-le-miroir/

Image issue du site : https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2019/02/18/elle-ne-reconnait-pas-ses-parents-son-mari-et-parfois-son-propre-visage-dans-le-miroir/

Il me semble que nous autres enfants n'avons de nos parents qu'une idée parcellaire et très centrée sur nous-mêmes. Je me souviens qu'aux décès des miens, ils sont morts à quelques mois d’intervalle, j'étais étonné qu'ils puissent avoir été jeunes ; ils l'ont été puisqu'il y a des photos et pourtant je n'ai dans ma mémoire aucune image d'eux quand j'étais enfant. Maintenant que le souvenir de ce qu'ils étaient à la fin de leur vie s'est estompé, j'ai du mal à croire qu'ils ont été vieux comme je le suis devenu. Autrement dit, ils n'existent pour moi que sous le filtre d'une représentation très soumise au vécu du moment. Je crois que nous ne voyons pas nos parents tels qu'ils sont ou qu'ils ont été, mais reconstitués par nos interrogations présentes soumises à nos souvenirs... et à d'éventuels conflits non résolus.

Nous les reconstruisons selon l'image que nous avons gardée d'eux, même quand ils sont vivants. Ma grand-mère, qui a été pour moi une seconde mère, a subi une maladie d'Alzheimer. J’étais jeune et ne connaissais rien de cette pathologie. Au début, comme beaucoup, je me suis demandé : pourquoi revenir la voir puisqu'elle ne me reconnait pas ? Je ne m’étais pas rendu compte que c'était moi qui ne la reconnaissais plus. L'important était ma représentation et non ce qu'elle était dans la réalité du moment.

Il faut sans doute commencer par admettre que notre relation avec maman et papa n'est pas exclusive, qu'ils ont aussi des relations privilégiées avec leurs frères et sœurs et le souvenir de leurs parents, avec leurs autres enfants et, au-delà de la famille, avec d'autres personnes qui sont devenues importantes pour eux, des amis ou, en cas de maladie grave ou de dépendance... des soignants.

Publié dans Alzheimer, aidants

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