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Le refus du dialogue : un poison pour les soins

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.cliniqueveterinairesaintjust.com/fiche/soins-durgence-en-cas-d-empoisonnement/

Image issue du site : https://www.cliniqueveterinairesaintjust.com/fiche/soins-durgence-en-cas-d-empoisonnement/

Notre époque n’est pas dépourvue de progrès. Un exemple : la conscience a considérablement progressé que des soins de qualité exigent d’exercer de concert avec d’autres disciplines soignantes. Finie la médecine de papa tout seul dans son coin.

Ainsi verrons-nous vanter les mérites de la pluridisciplinarité, de l’interdisciplinarité, du travail en équipe. La pénurie actuelle  de médecins  rend plus urgente la coopération entre professions soignantes ainsi que la reconnaissance du travail paramédical et de celui des psychologues, pour ne citer que ces disciplines.

A contrario, le refus de communication, de dialogue entre professionnels est devenu hautement toxique. Entre professionnels, refuser de parler avec tel ou tel soignant, quelle qu’en soit la raison, comporte des risques pour la personne soignée. Rares mais malheureusement réels, ils constituent une perte de chance pour les patients et les  résidents de nos établissements de soins et médicosociaux.

Plus rare encore mais éprouvé par votre serviteur, le refus non motivé par l’entourage familial de communiquer avec le médecin. Au risque de « laisser passer » une pathologie ne figurant pas dans les documents toujours  incomplets qui sont disponibles à l’entrée d’une personne malade en établissement.

Un ancien président de la république française aimait à dire : « l’important est toujours simple ».

Ne rompons jamais le lien soignant !

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André

Publié le par Bernard Pradines

Montaliès (Est-Aveyron). Fontaine sur le Causse de Séverac avec lavoir et abreuvoir

Montaliès (Est-Aveyron). Fontaine sur le Causse de Séverac avec lavoir et abreuvoir

André est né en 1929. Il est une de mes rencontres lors de mes courtes randonnées pédestres. Je l’ai connu assis devant sa vieille maison de pierre, là-haut dans un hameau aveyronnais qui jouxte le département de la Lozère.

Il est une mémoire de ce temps qui disparait peu à peu. Celui d’un monde différent, marqué par un conflit que l’on ne parviendra pas à oublier. Il est le témoin de son temps, de celles et de ceux qui le vivaient.

Il  est entré en EHPAD en décembre dernier, il y a sept mois. Pour ma part, je garde de mon expérience professionnelle la priorité des visites dans les désirs et attentes des résidents*. André ne sait pas que je vais lui rendre visite. Cette fois, il est assis dans le hall vitré d’entrée de l’établissement, mais reste toujours tourné vers l’extérieur. Je salue les blouses blanches sans que mon bonjour ne reçoive d’écho. Il n’a pas voulu assister à l‘animation dont il pense qu’elle ne le concerne pas.  Pénétrant dans l’édifice, je l’aperçois sans le reconnaitre avant de m’être adressé à lui en citant son nom. Arrivant masqué et de manière inattendue,  je suis aussi un étranger pour lui. Puis je me présente à lui. La surprise est considérable. Ses yeux deviennent humides. Nous échangeons pendant une demi-heure, surtout autour de ce temps que je n’ai pas connu. Je repars en promettant de revenir sans préciser de date.

Une bonne action, direz-vous, que votre serviteur prend plaisir à raconter. Il y a toutefois un aspect moins satisfaisant. Non, on ne me rejeta pas, on ne me reprocha pas d’être là. Mais on ne comprit pas que je pouvais souffrir de lombalgies en position debout statique prolongée. Surtout, on n’imagina pas que je dusse me placer à hauteur convenable de mon interlocuteur pour entretenir un dialogue d’égal à égal avec lui. Tout au long de ma visite, personne ne me salua, ne me proposa un siège.

Personnels d’EHPAD, je vous entends murmurer : nous sommes peu nombreux, nous n’avons pas le temps. Euh, en l’occurrence, je ne pense pas que ceci soit la vraie raison. L’habitude des situations professionnelles difficiles est probablement trop grande chez moi. Non, je vous renvoie à mon court « plaidoyer pour une chaise » rédigé en 2013.

 

*https://www.geriatrie-albi.com/desirsPA0904.htm

 

 

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