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suicide assiste

L’engouement pour la mort assistée (13) : une pensée religieuse ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://citation-celebre.leparisien.fr/citations/59965

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Une convention citoyenne a été convoquée pour plancher sur la fin de vie avec un objectif faussement implicite : aider à la rédaction d’un projet de loi tendant à instituer « l’aide médicale active à mourir » dans notre pays . Autant vous dire que le débat sémantique fait rage autour de ces termes. D’emblée, l’expression « fin de vie » peut être discutée par rapport à celle de « fin de la vie ». De même, la véritable « aide médicale active à mourir » n’est-elle pas l’apanage des soins palliatifs qui font encore cruellement défaut dans de nombreuses zones de notre pays ? Des mesures radicales, irréversibles, expéditives et programmées viendraient-elles pallier à ce manque en impliquant des soignants dans ce qui n’est pas un soin ? Qui n’est pas une aide et qui ne relève pas des soignants ?

Parmi les arguments développés ici ou là, je crois déceler une croyance dans une nouvelle législation apte à procurer une bonne mort, une fin de vie idéalisée. Une sorte de foi dans la loi. Théoriser la mort, voire apporter des solutions, c’est culturellement affaire de pensée religieuse, à un moindre degré philosophique avant de devenir médicale. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

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Moi aussi je l’ai vécu

Publié le par Nanette, infirmière

Image issue du site : https://www.ictjournal.ch/news/2020-03-18/un-des-principaux-fabricants-de-respirateurs-artificiels-est-suisse-et-croule-sous

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Moi aussi, je l’ai vécu. Surtout en réanimation lorsqu'il faut arrêter la ventilation artificielle après les précautions d'usage. Cela fut difficile pour moi voire impossible parfois, surtout chez les enfants.
Avec toute l'équipe soignante, nous avons vécu de nombreux décès ; chaque départ est unique. Nous vivons auprès des patients un vrai dialogue.
Quelques paroles émises par des patients me reviennent à l’esprit avec force. Ils étaient conscients qu'ils allaient mourir bientôt :
 - laissez-moi un peu de temps, je dois parler avec ma petite-fille de huit ans, je vous dirai quand vous pourrez augmenter les médicaments contre la douleur.
- un grand-père attendait la naissance de sa première petite-fille. Il est décédé après l’avoir vue. 
Combien de décès plus ou moins difficiles sont gravés dans la mémoire des soignants !
J’ai entendu plusieurs fois dire : « vous êtes devenue insensible à la mort », et pourtant c'est une épreuve pour tout soignant qui accompagne les patients en fin de vie.
Si je puis me permettre une analyse personnelle, je ne pourrai pas être soignante dans un temps donné et programmer dans un autre temps la mort d'un autre patient. Par contre, je suis entièrement d'accord pour utiliser tous les moyens mis à notre disposition pour soulager les symptômes pénibles dont souffre le patient. C’est bien en ce sens que j'ai suivi l’enseignement d’un diplôme d’université sur la douleur.
La maladie grave permet aux patients et aux accompagnants de se préparer à l'ultime départ.
Je l'ai également vécu il y a longtemps dans mon environnement familial. Tout récemment, on a demandé à mon neveu s’il avait écrit ses directives anticipées. « Non », il vivait avec la perspective de sortir de l'hôpital et de partir en voyage.  Il leur fallut du temps, à lui et à son épouse, pour réaliser que le départ était proche. 
A mon modeste niveau, j'essaie d’engager la réflexion autour de moi à propos de cette loi prochaine de mort assistée. L’opinion et les sentiments des soignants devraient être connus et bien écoutés dans cette période précédant une telle décision.
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