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L’interdisciplinarité : un défi

Publié le par Bernard Pradines

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Vous aurez l’occasion d’entendre l’éloge de l’interdisciplinarité car indispensable aux soins dispensés aux malades ou aux « habitants » des EHPAD et des unités de soins de longue durée. Ce terme a supplanté celui de pluridisciplinarité ou de multidisciplinarité pour en souligner l’importance et en améliorer la qualité.

En pratique, cela implique des échanges entre intervenants divers avec écoute et respect de la parole de tous les soignants, de la famille du résident ou des bénévoles d’accompagnement. Autrement dit, deux intervenants qui ne se parlent pas, surtout professionnels, c’est une perte de chance pour celle ou celui qu’ils soignent.

Cet idéal est pourtant au défi d’une réalité culturelle et structurelle.

La culture pouvait interdire, par exemple, de contester la parole du médecin dans la décision soignante. Surtout si celui-ci n’accepte pas d’être contredit. J’ai vécu le temps où l’on pouvait interdire l’ouverture du dictionnaire Vidal aux infirmières souhaitant vérifier les prescriptions. Une période où la parole directe d’une aide-soignante à un médecin laissait augurer d’un intérêt porté à la personne et non au contenu du discours.

S’ajoute de plus en plus le manque de temps pour réaliser des réunions pluridisciplinaires pour faire le point sur la situation de chaque personne soignée. D’où le risque d’un fonctionnement en silo où chacun se campe sur son rôle « propre » en ignorant les autres intervenants. S’en suit une impression d’incohérence renvoyée par les usagers ou les clients des services concernés. En cela il est utile de prendre exemple sur les unités de soins palliatifs qui bénéficient, il est vrai, d’un ratio de personnels qui est supérieur à celui de la plupart des autres unités de soins.

Voir aussi :

Le refus du dialogue : un poison pour les soins

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Silence d'autrui : juste à respecter !

Publié le par Christiane Real, psychologue clinicienne.

Image issue de : https://tinyurl.com/29d56534

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Une présence chaleureuse, empathique, donc consciente de la différence et non imposée à autrui est la seule réponse à son silence. Une vraie rencontre, aimante, ne peut se développer que sur ces bases.

Sinon, nous serions dans une forme d'emprise ou de domination. Se joue dans la rencontre une confiance ; parfois une peur d'être trahi ou abusé.

Ce sont des situations fortes de la part d'un autre fatigué, usé, dépendant, ayant besoin qu'on le respecte dans son entier. Il peut n'avoir besoin que d'exprimer son mal-être, sa souffrance, auprès d'un autre.

Silencieux, il reste un ÊTRE avec son corps et son histoire de vie. Le savoir-être du psychologue impose de savoir supporter le silence. En toute vie, le lien est constant, la seule chose qui, parfois, peut demeurer au-delà est l'amour, en rapport avec le désir de vie.

Tout comme tout médecin doit être capable de renoncer à maintenir la vie.

J’ai vu nombre de jeunes étudiants stagiaires psychologues encombrés de leurs désirs d'exercer et d'être reconnus "bons", qui ont peur d'un premier contact verbal en entrant dans une chambre d'EHPAD. Je leur dis toujours de respecter le vide et le silence de la chambre, et de juste se présenter, en indiquant qu'ils sont là pour l'autre en tant que psychologue. C'est suffisant de venir dire bonjour ! Pas davantage. Alors, rares sont les personnes qui n'émettent pas un son, voire une question...

Un psychologue bien formé doit s'être confronté à ses propres angoisses de perte et du vide. C'est le préalable suggéré à de nombreux stagiaires psychologues : pas de "technique" ni de recettes. On s'appuiera sur notre désir et notre être. Lacan nous a enseigné à réfléchir aux racines du désir du psychologue. Pas de psychologue clinicien sans psychanalyse préalable à un exercice professionnel, sans avoir tiré au clair notre désir ! Cela devrait être un présupposé a ce type de formation très exigeante et à son exercice.

Peut-être aussi à la formation médicale ? Les groupes Balint en étaient un bon début dans cette voie.

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