Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Des soignants qui croyaient faire le bien

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/05/03/crimes-nazis-du-struthof-l-universite-de-strasbourg-clamait-depuis-trente-ans-qu-elle-ne-detenait-plus-de-restes-des-victimes-mais-c-etait-faux_6124589_3224.html

Image issue de : https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/05/03/crimes-nazis-du-struthof-l-universite-de-strasbourg-clamait-depuis-trente-ans-qu-elle-ne-detenait-plus-de-restes-des-victimes-mais-c-etait-faux_6124589_3224.html

Au cours de mes études médicales, de mes formations complémentaires, je n’entendis pas un mot relatif aux crimes contre l’humanité perpétrés avec l’aide parfois massive de soignants dont des médecins. Pas même dans les cours d’histoire de la médecine.

Un exemple en est la trop fameuse opération T4 (Tiergartenstrasse 4)[1] qui concerna surtout les personnes souffrant de handicaps mentaux et physiques.

Certaines personnes âgées ont également été ciblées, notamment si elles :

  • vivaient dans des hospices ou établissements de soins longue durée ;
  • étaient atteintes de démence, Alzheimer ou troubles psychiatriques liés à l’âge ;
  • étaient considérées comme improductives ou comme un fardeau économique pour le Reich ;
  • étaient pauvres et sans famille pour les soutenir.

Le vieillissement seul n'était pas un critère explicite, mais en pratique, l’âge combiné à une perte d'autonomie suffisait à justifier une exécution.

Les choses bougent toutefois. Une commission du Lancet[2] a émis des recommandations en 2023 après avoir fait le constat suivant (traduction personnelle) :

• L'enseignement principal de l'histoire de la médecine pendant le nazisme et l'Holocauste est que les atrocités commises par les professionnels de santé pendant le régime nazi et l'Holocauste sont, dans une large mesure, le résultat d'une moralité corrompue face aux dangers potentiels inhérents à la médecine scientifique moderne telle qu'elle a émergé au XIXe siècle.

• Les valeurs fondamentales et l'éthique des soins de santé sont fragiles et doivent être protégées. Elles nécessitent une évaluation critique et un renforcement constants.

• Le courage, la résistance et la résilience sont nécessaires pour prévenir et contrer les abus potentiels de confiance, de pouvoir et d'autorité dans le domaine des soins de santé.

• La pratique des professionnels de santé et la poursuite des connaissances scientifiques doivent s'inscrire dans un cadre qui privilégie les droits humains des individus.

• Les professionnels de santé ont des responsabilités particulières dans la lutte contre l'antisémitisme, le racisme et les autres formes de discrimination.

 

[1] https://www.britannica.com/event/T4-Program

[2] Czech H, Hildebrandt S, Reis SP, Chelouche T, Fox M, González-López E, Lepicard E, Ley A, Offer M, Ohry A, Rotzoll M, Sachse C, Siegel SJ, Šimůnek M, Teicher A, Uzarczyk K, von Villiez A, Wald HS, Wynia MK, Roelcke V. The Lancet Commission on medicine, Nazism, and the Holocaust: historical evidence, implications for today, teaching for tomorrow. Lancet. 2023 Nov 18;402(10415):1867-1940. doi: 10.1016/S0140-6736(23)01845-7. Epub 2023 Nov 8. PMID: 37951225.

Partager cet article
Repost0

L’interdit positif

Publié le par Bernard Pradines

L’interdit positif

La place des religions dans le débat public français relatif à la fin de la vie est certes contestée mais ne peut pas être occultée.
Aussi, un texte a particulièrement retenu mon attention, celui de la Fédération Protestante de France du 6 mai 2025 dont j’ai relevé l’extrait suivant :

"L’interdit du meurtre ne peut être réduit à une contrainte négative, il est à comprendre comme un commandement positif qui énonce l’impératif de prendre soin les uns des autres afin de s’entraider à vivre."

Cette phrase lourde de sens est précédée d’un paragraphe faisant état d’un débat à l’intérieur du protestantisme français où il est question de vieillesse, de dignité, de maitrise et de dépendance :

« Le document poursuit en évoquant les différentes sensibilités théologiques qui existent au sein de la Fédération protestante de France. Si ces dernières opposent parfois les protestants luthéro-réformés et les protestants évangéliques, force est de reconnaître que ces différences traversent aussi les luthéro-réformés et les évangéliques eux-mêmes. Pour les uns, les appréhensions liées à la vieillesse, la peur de connaître une situation de dépendance, de perdre la maîtrise de leur vie sont insupportables et font qu’ils sont d’avis que le choix du suicide assisté ou de l’euthanasie relève de la liberté et de l’autonomie de chaque personne qui fait son choix en toute lucidité et responsabilité. Pour les autres, réfractaires à un changement de la loi, la légalisation de l’assistance au suicide impliquerait la transgression de l’interdit biblique et social structurant « tu ne tueras pas » et contredirait le principe de la dignité intrinsèque et inviolable de toute personne humaine. Pour ces personnes une éthique de la vulnérabilité est essentielle à la vie aujourd’hui dans la société française. »

Référence :

Publié dans Expression, fin de vie, éthique

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 5 > >>