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Make suicide great again

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.oregon.gov/oha/PH/PROVIDERPARTNERRESOURCES/EVALUATIONRESEARCH/DEATHWITHDIGNITYACT/Documents/year27.pdf

Image issue de : https://www.oregon.gov/oha/PH/PROVIDERPARTNERRESOURCES/EVALUATIONRESEARCH/DEATHWITHDIGNITYACT/Documents/year27.pdf

Décidément, les temps ne sont pas à la compassion. Si les menaces, dont les guerres, se portent très bien, les idées mortifères anciennes, elles aussi, n’ont pas perdu de leur vigueur.

Ainsi, la propagation rapide de lois de fin de vie est-elle fulgurante, au rythme actuel d’un tat par an dans le monde occidental si l’on compte séparément ceux des USA et de l’Australie. C’est l’Oregon qui a ouvert le bal en 1997 avec le DWDA (Death with Dignity Act) qui légalise le suicide médicalement assisté (Physician Assisted Suicide – PAS). Comme une trainée de poudre, l’exemple s’est répandu dans des pays se réclamant de la démocratie, du libéralisme économique et des Droits de l’Homme. Souvent, comme au Canada, aux Pays-Bas ou en Espagne, la possibilité de l’euthanasie y est adjointe. De manière contrintuitive, les pays concernés sont imprégnés, de très longue date, de culture religieuse chrétienne.

Il convient de s’interroger sur tous ces aspects que je traiterai en plusieurs textes courts. Aujourd’hui, je m’arrêterai sur la présentation progressiste de ces évolutions législatives. Ainsi, elles représenteraient un progrès de notre civilisation, au même titre que d’autres avancées sociétales telles que le mariage entre personnes de même sexe. Pourtant, si aucune société n’avait encore autorisé l’union homosexuelle identique à celle des hétérosexuels, il en est autrement des opportunités de perdre sa vie par suicide, volontairement ou non[1]. Le suicide, lui, a de beaux jours derrière lui ; dès la Grèce Antique, ses indications étaient connues et reconnues. A la même époque, à Ceios, l’usage voulait que les plus anciens bussent la ciguë afin de laisser à autrui la nourriture nécessaire.  Cette tradition d’effacement de soi est retrouvée chez les japonais de la Ballade de Narayama. La liste serait longue des modalités ancestrales pour y pourvoir : forêt vierge, cocotier, banquise, etc.

Alors, le PAS serait-il une avancée, un progrès de la civilisation, ou bien une mesure réactionnaire censée valider l’élimination des plus faibles en situation de crise ? La réponse est nuancée : le PAS actuel, à l’instar de la peine de mort par injection léthale, se veut une méthode douce. Il utilise des substances sédatives ou anesthésiques afin de provoquer un endormissement précédant le décès. L’intégrité apparente du corps est préservée. Mieux, les dépassements d’honoraire y seront interdits en France, ce qui nous change un peu de l’accès aux soins parfois problématique dans notre pays !

 

[1] Nadine Bernard, « Voyage en terres gérontocides : l’élimination des vieillards comme remède à la vieillesse ? », Cahiers des études anciennes [En ligne], LV | 2018, mis en ligne le 06 mai 2018, consulté le 22 juin 2025. URL : http://journals.openedition.org/etudesanciennes/1102

 

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Aller consulter un psy n’est pas déshonorant

Publié le par Louis Lacaze

Aller consulter un psy n’est pas déshonorant

Trop souvent, la presse se fait l’écho de personnes handicapées sur le plan professionnel ou privé par une dépression ou un burn-out qui les poussent à des décisions parfois extrêmes. Une réflexion menée a posteriori révèle souvent qu’elles ont refusé de suivre les conseils de leur entourage, de leur médecin traitant de voir un psy. Cette abréviation peut désigner un psychologue ou, pire encore dans la représentation habituelle, un psychiatre. Elle fait peur ! Franchir le pas demande beaucoup de force et de courage. Il convient de se persuader que cette décision n’est pas un signe de faiblesse mais la recherche d’une amélioration de votre santé mentale mise à l’épreuve.

Une fois un spécialiste trouvé et accessible, le patient doit savoir que le succès de la démarche dépend en grande partie de la qualité de la communication qui va s’instaurer entre lui et le praticien et qu’il doit veiller à l’entretenir. Il doit se sentir en sécurité et respecté, ne pas avoir l’impression d’être secrètement jugé. Un lien fort est essentiel : les professionnels parlent d’alliance thérapeutique. La thérapie est censée être collaborative : le patient a un pouvoir de décision, devrait pouvoir poser autant de questions qu’il veut et ne pas s’attendre à devoir obéir aux propositions du spécialiste. Il est donc important de se fixer des objectifs et de pouvoir mesurer ses succès.

Certains patients interrompent la consultation après quelques séances. S’il s’agit d’un rejet, il peut s’expliquer par la rupture avec des fonctionnements antérieurs, une remise en question qui peut être bénéfique. Ou bien par la désinformation éventuellement fournie par les médias, où chaque séance se termine par un feu d’artifice qui résout tous les problèmes. Une thérapie réussie apporte plutôt une série de petits changements qui s’accumulent progressivement.                                      

Commentaires de Bernard Pradines. La psychologie a apporté une immense contribution à ma pratique médicale. Je formulerai un bémol toutefois : elle a tendance à placer la personne au centre des problèmes. Elle vise à accepter l’adaptation à son environnement. En cela, elle peut exonérer la responsabilité de l’organisation sociale dans le dérèglement de la santé mentale : chômage, pauvreté, misère, pathologies induites…

Référence :

Christina Caron The New-York Times

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