Face à la retraite certains seniors franchissent le pas sans hésiter, pour d’autres le passage est plus délicat
Plusieurs études ont montré que très peu de gens travaillent au-delà de l’âge de la retraite. Devant la possibilité de partir en retraite les réactions sont multiples. Certains refusent de franchir le pas. Ceux qui sont dans ce cas : souvent des personnes qui ont occupé des postes à haute responsabilité, qui ne connaissent pas le stress, et qui n’ont pas de soucis financiers particuliers.
Des personnes passionnées par leur travail n’envisagent pas de partir. Jusqu’au milieu de XXème siècle, les normaliens, fâchés de voir les instituteurs s’incruster à leurs postes, chantaient « nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus ». Les temps ont bien changé.
Dans l’ensemble ceux qui travaillent uniquement parce qu'ils le veulent ont tendance à être aisés, ont atteint un haut niveau d’instruction, des emplois peu exigeants physiquement, une bonne santé et une bonne sécurité financière. Ils sont propriétaires de leur logement et n’auront pas de problème pour maintenir leur niveau de vie.
La situation inverse se rencontre chez des personnes qui prennent la décision réfléchie de mettre un terme à leur activité, parfois prématurément. Elles constatent des changements dans leur relation avec le travail, des difficultés de concentration, des pertes de mémoire, le besoin de prendre des pauses, l’impression métaphorique de rester au point mort et de ne pas pouvoir enclencher une vitesse. Elles refusent de s’écraser au cours du vol et décident qu’il est temps de tourner la page.
Rompre la vie active peut s’avérer difficile ; une phase qui dure souvent deux à trois ans avant que les retraités ne s’installent dans une nouvelle routine. Désormais, on n’est plus membre d’une organisation, d’une profession, fini la personne nécessaire, sur qui l’on peut compter. Le traumatisme est plus violent si le départ à la retraite suit un licenciement : il n’y a pas eu la possibilité de prendre une décision réfléchie.
Contrairement aux idées reçues, la retraite est susceptible de réduire de près de 20 % le risque de dépression ; ces estimations se sont avérées plus robustes en limitant l'analyse aux études longitudinales et de haute qualité, même si les résultats sont affectés par une forte hétérogénéité.
Référence :
Paula Span The New-York Times Some Seniors Readily Step Back. Some Never Will.
Researchers are only beginning to understand why some people embrace retirement while others won’t even consider it.
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