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euthanasie

Déserts médicaux : les personnes âgées parmi les premières victimes

Publié le par Bernard Pradines

Source de l'image : https://comptamed.com/2019/05/22/lutter-contre-les-deserts-medicaux-il-existe-des-aides-contre-linsuffisance-de-loffre/

Source de l'image : https://comptamed.com/2019/05/22/lutter-contre-les-deserts-medicaux-il-existe-des-aides-contre-linsuffisance-de-loffre/

Les temps changent. Il y a, pourquoi ne pas s’en réjouir, de plus en plus de personnes âgées. Si vous écoutez le clairon répétitif de l’optimisme, la vieillesse n’est pas une maladie. D’autres, plus perspicaces, nous rappellent que la vieillesse s’accompagne bien davantage de maladies chroniques que toute autre période de la vie. Proportionnellement au nombre des personnes concernées, les difficultés de mobilité et les troubles cognitifs y sont bien plus fréquents qu’à tout autre âge. Les consultations demandent souvent une durée plus longue car plus complexes et concernant des personnes plus lentes physiquement et intellectuellement.

Si les visites à domicile disparaissent, nul doute que bien des patients ne consultent pas à temps. Quand ils doivent s’y résoudre, en l’absence de « permanence des soins »[1], c’est vers des urgences hospitalières qui ne sont pas prévues à cet effet car calibrées pour les pathologies graves et aigues. Sans parler du déplacement en ambulance qui peut être au moins désagréable, au plus traumatisant malgré les attentions bienveillantes des ambulanciers. Sans compter le coût indu. Ce phénomène peut être accru pour des résidents d’EHPAD ne possédant plus de médecin traitant devenu introuvable[2]. Que dire des soins palliatifs qui nécessitent une surveillance attentive de proximité, parfois heureusement maintenue par des paramédicaux déterminés, y compris la nuit et le week-end ? Si tel n’est pas le cas, faudra-t-il s’étonner de la pression en faveur de l’euthanasie et du suicide assisté, techniques programmables et expéditives ?

Face à une situation qui s’aggrave du fait de la perspective de retraite des générations âgées de médecins, il devient urgent de réagir en envisageant toutes les voies possibles pour limiter un désastre annoncé. Ainsi, le regroupement de soignants, par exemple en centres de santé pourvus d’antennes plus ou moins distantes, la participation accrue de paramédicaux aux activités médicales, l’allégement des tâches indues de secrétariat et de gestion qui incombent aux médecins[3], sont-elles des pistes de réflexion urgente à envisager. Il est temps de s’impliquer dans un engagement citoyen interpellant les élus et la puissance publique. Ceci pour ne pas en arriver à la coercition sur les médecins en obligeant certains d’entre eux à s’installer contre leur volonté car il n’y aura plus d’autre solution. Une régulation[4] qui ne réparerait même pas à elle seule des politiques imprévoyantes menées depuis des décades.

 

[1] Permanence des soins : terme technique qualifiant la garde médicale  ininterrompue

[2] Souvent aussi sans médecin coordonnateur

[3] La paperasse dont ils se plaignent

[4] Certains parlent de contrainte

Article paru dans AgeVillagePro le 13 avril 2022 :

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La peur inexprimée de l’euthanasie : mythe ou réalité ?

Publié le par Bernard Pradines

La peur inexprimée de l’euthanasie : mythe ou réalité ?

Par ces temps de propositions de loi répétitives sur ce thème, les questions de l’euthanasie et du suicide assisté refont régulièrement surface.
De plus, la rumeur court toujours selon laquelle l’euthanasie serait pratiquée ici ou là de manière confidentielle. Sans parler de telle ou telle affaire défrayant la chronique.
Rarement, certain(e)s résident(e)s que j’ai eu l’honneur de soigner ont exprimé auprès de moi la peur de « bénéficier » d’une telle piqûre expéditive. Ceci m’a toutefois permis de comprendre que d’autres pouvaient redouter ce type de mesure sans l’exprimer, tant ce sujet les terrifiait.
Facile donc : il suffirait donc de préciser ce point à tous les résident(e)s pour les rassurer ! Non. Pas si simple, ici comme ailleurs dans l’abord de sujets si sensibles.
La grande majorité des résidents n’a jamais envisagé une telle hypothèse. Aussi, une évocation de ce type serait bien plus inquiétante qu’une position de principe formulée systématiquement. Pourquoi me parle-t-on d’une question qui ne se pose pas, d’un sujet si inimaginable, sinon parce que ceci serait une possibilité ?
Nous savons comme soignant(e)s ou proches que des questions difficiles, non dites, peuvent inquiéter inutilement nos patient(e)s ou parent(e)s. Pour autant, il n’est pas souhaitable de « mettre le pieds dans le plat » ou d’avancer comme un « éléphant dans un magasin de porcelaine ».
Ainsi, le fait de faire largement connaître de manière impersonnelle l’attitude éthique des soignants d’un établissement ainsi qu’une relation individuelle de confiance pourront apaiser des souffrances inutiles car injustifiées.

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