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Capacité de compréhension d’une information d’ordre médical

Publié le par Bernard Pradines

Capacité de compréhension d’une information d’ordre médical

On entend par « capacité de compréhension d’une information d’ordre médical » toute une série de facteurs relatifs à l’aptitude d’un individu à obtenir, comprendre et mettre en pratique l’information de base qu’il doit maitriser pour être en mesure de prendre toute décision se rapportant à sa santé. Les personnes particulièrement à risque sont les personnes âgées, celles qui appartiennent à des minorités, à une classe sociale défavorisée, ne maitrisent pas la langue, pour qui le monde de la médecine est un univers inconnu.

Depuis 2020, l’accent est mis aux Etats-Unis sur la formation du monde médical qui doit veiller à ce que son public soit non seulement capable de comprendre l’information qu’il reçoit mais qu’il sache la mettre en application. Un certain nombre de points-clés ont été proposés :

  • Toute personne, quel que soit son niveau d’instruction court le risque de mal interpréter une information si elle est complexe ou présente un caractère émotionnel.
  • Le risque d’incompréhension réciproque patient-médecin sera toujours présent.
  • Un patient peut croire qu’il a bien compris l’information mais il va hésiter à poser des questions pour s’assurer qu’il a bien compris.
  • Il aura du mal à distinguer l’information apportée par le médecin de celle qu’il trouve dans la publicité et les media.

Ainsi, s’il n’a pas pris en compte des prescriptions antérieures parce qu’elles n’étaient pas suffisamment claires pour lui, il n’est pas possible de le lui reprocher.

Il devra être guidé pour pouvoir bénéficier des ressources des aides publiques locales ou nationales réparties entre  différents services.

Les professions de la santé ne sont pas les seules à être concernées par ce problème ; l’ensemble de la société a un rôle à jouer. Le nombre élevé de situations médicales parfois suivies de décès attribuées à des erreurs ne serait-il pas dû, au moins en partie, à un défaut de communication ?

 Une infirmière hospitalière raconte l’anecdote suivante. Au terme d’une visite le médecin, accompagné de son assistant, a exposé au patient diagnostic et pronostic en se gargarisant de grands mots tandis que le patient hochait la tête dans l’affirmative. Une fois sorti il a déclaré à l’assistant : « il a parfaitement compris tout ce que je lui ai dit ». Le patient a immédiatement rappelé l’infirmière : « Voulez-vous me dire ce qu’il a raconté ? Je n’ai pas compris un seul mot ».

Extrait de Structural, Institutional, and Interpersonal Racism: Podcast with Deborah Ejem and Deep Ashana Geripal.

Sources

Aux premières heures du confinement, la fédération de professionnels de santé et d’acteurs sociaux s’est en effet illustrée en diffusant de courtes vidéos dans une cinquantaine de langues rappelant de façon simple les gestes « barrière ». Alors que le contrôle de l’épidémie a été le plus difficile au sein des communautés les plus pauvres, marquées par une grande diversité d’origines, ces outils ont été salutaires.

  • MedlinePlus  “What is health literacy?”

Health literacy involves the information that people need to be able to make good decisions about health… Personal health literacy is about how well a person can find and understand the health information and services that they need. It is also about using the information and services to make good health decisions.

  • Health Resources and Services Administration (HRSA) Health Literacy

Health literacy is the degree to which individuals have the capacity to obtain, process, and understand basic health information needed to make appropriate health decisions.

Low health literacy is more prevalent among older adults, minority populations, those who have low socioeconomic status, medically underserved people.

  • National Institutes of Health Health Literacy

The U.S. Department of Health and Human Services (HHS) addresses both personal health literacy and organizational health literacy in their new Health People 2030 definitions :

  • Centers for Disease Control and Prevention What Is Health Literacy?

The definition of health literacy was updated in August 2020 with the release of the U.S. government’s Healthy People 2030external icon initiative. The update addresses personal health literacy and organizational health literacy and provides the following definitions

  • Santana, Stephanie MPH; Brach, Cindy MPP; Harris, et al Journal of Public Health Management and Practice (JPHMP) Updating Health Literacy for Healthy People 2030: Defining Its Importance for a New Decade in Public Health

Healthy People 2030, the fifth iteration of the Healthy People initiative, provides science-based national health objectives with targets to improve the health and well-being of Americans.

Publié dans médecin, soignants

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A propos d’une réflexion sur notre système de santé

Publié le par Bernard Poch

Source : https://www.sudouest.fr/landes/labrit/ethique-et-gerontologie-au-programme-4813770.php

Source : https://www.sudouest.fr/landes/labrit/ethique-et-gerontologie-au-programme-4813770.php

L'auteur de ce texte, Bernard Poch, est psychogériatre retraité

La réflexion éditoriale de notre confrère Nadir Kadri (à paraitre dans NPG*) mérite un échange sur un sujet d’actualité aussi préoccupant.

Notre hôpital public se retrouve en effet dans un contexte catastrophique et le titre de l’auteur sur notre système de santé « comme le Phoenix, peut-il encore renaître de ses cendres ? » n’a rien de provocateur. Il traduit clairement la gravité de la situation hospitalière. Depuis trop longtemps, la politique sanitaire a régulièrement sapé le bon fonctionnement de l’hôpital avec l’installation progressive d’une perte de sens pour les soignants qui devient insupportable. Les modifications de gouvernance n’ont rien eu de favorable. On est passé d’une organisation fondée logiquement sur les besoins sanitaires à satisfaire sur le territoire de l’hôpital à une organisation sur le mode d’entreprises où l’équilibre budgétaire est devenu l’élément largement prioritaire avec objectif de productivité et de rentabilité. Avec la pénurie de personnel le concept de procédure dégradée finit par s’installer comme s’il était naturel. La notion de perte de chance pour le patient devient présente.

Quant à l’augmentation des personnels administratifs, c’est en particulier l’introduction des directions « qualité » qui interroge avec la multiplication des procédures diverses qui paradoxalement éloignent les soignants du malade du fait du temps nécessaire pour « tracer ». 

Quant à la tarification à l’activité les premières années d’application montraient déjà que ce n’était pas la bonne solution et on a laissé s’installer tous ses effets pervers.

Nous avons assisté à une réduction d’abord insidieuse puis régulière du nombre de lits avec contraction des effectifs, comme si les progrès en médecine et en chirurgie permettaient une rotation beaucoup plus rapide des patients.

Quant au vieillissement de la population repérable et analysé depuis longtemps, il a obligé à reconnaître la gériatrie du bout des lèvres. Des textes précis sont sortis pour l’organisation hospitalière de soins gériatriques : circulaire DHOS du 18/03/2002, complétée avec la circulaire DHOS du 28/03/2007. Mais de trop nombreux hôpitaux n’ont toujours pas de filière gériatrique complète, avec des conséquences malheureuses pour les patients les plus âgés. De plus on reste dans un flou entretenu qui mêle EHPAD médico-social et Unité de soins de longue durée hospitalière. C’est ainsi que des personnes âgées avec polypathologie régulièrement instable sont de plus en plus nombreuses en EHPAD.

Notre population continue de vieillir avec des besoins hospitaliers spécifiques évidents, mais on ne voit pas la généralisation d’une vraie organisation gériatrique. Il a été décidé de développer largement l’ambulatoire qui a des indications précises, mais bien peu fréquentes pour les malades les plus âgés.

De même la télémédecine est un progrès dans des disciplines et situations particulières, mais on voit bien que son développement compense surtout la pénurie médicale au risque de pervertir la qualité du lien médecin-malade.

La gériatrie reste à défendre et à promouvoir. Elle est loin d’être réellement présente de la même façon sur l’ensemble du territoire.

Pour en revenir plus directement au propos de mon confrère : « les professionnels demandent qu’il soit pris soin des acteurs présents sur le terrain ». En effet les personnels hospitaliers ont été trop longtemps abusés dans leur conscience professionnelle. Il va être difficile et long, après tant d’indifférence à leur égard, de récupérer une attractivité pour l’hôpital. « Les candidatures tardent car l’attractivité est balayée par la perte de confiance ».

Sur les vingt dernières années le poids administratif dans la gouvernance s’est amplifié sans bénéfice évident pour la qualité du soin. Le retour à un meilleur équilibre décisionnel avec les médecins, avec la notion de service ne serait pas inutile.

« Pour renaître de ses cendres » l’hôpital aura besoin de restaurer ses valeurs humanistes et de sortir de ce délétère schéma entreprise. 

 

*A paraitre. Le système de santé français vu par l’œil d’un gériatre : comme le Phœnix, peut-il encore renaître de ses cendres ? Revue NPG.

N. Kadri, Service de médecine gériatrique, hôpital Saint-Julien, CHU de Rouen, 76031 Rouen, France.

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