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Le personnel soignant n’est pas motivé !

Publié le par Louis Lacaze

Ce texte résume deux publications américaines. Toute ressemblance avec des situations susceptibles d’être rencontrées dans des établissements de soins français serait purement fortuite.

 

"J’ai soigné ma grand-mère chez nous le plus longtemps possible, puis nous avons dû la conduire dans un établissement d’accueil.

 

Au début, j’étais soulagée de la savoir en de bonnes mains, confiée à un personnel compétent et attentif. J’ai vite déchanté : ses couches ne sont que rarement changées, les soins sont réduits à un minimum, elle a des escarres.

 

Le personnel manque de motivation, affiche une totale indifférence et disparaît de ma vue à la première occasion. Je sais qu’il y a bien pire dans le pays mais je m’étonne qu’il ne se rende pas compte qu’un jour il résidera à son tour dans un établissement d’accueil. Un psychologue enseignant à Harvard a bien résumé la situation : quand on envisage l’avenir, on ne voit pas la réalité qui nous entoure mais on s’imagine qu’il sera plus ou moins identique à notre vie actuelle.

 

Je suis étudiante en médecine et je souhaite que nos dirigeants prennent en compte l’évolution démographique de notre population et apportent les changements qui s’imposent."

 

Un second texte suggérerait-il une voie à explorer ?

 

Pour W. Edwards Deming, sociologue, expert en management et théoricien de l’amélioration continue : "toute administration doit créer un système où le personnel prend plaisir à travailler. On a pu noter que les sociétés américaines les plus appréciées à la fois par leurs clients et leur personnel veillaient d’abord à la qualité de vie des salariés et que la qualité de leur travail en découlait naturellement. Ce qui est bon pour l’industrie et le commerce pourrait intéresser la santé publique…"

 

Commentaires de Bernard Pradines : si les établissements pour personnes âgées devaient s'inspirer des sociétés attentives pour leur personnel, ce serait bien sûr un progrès dans ce secteur. La réalité actuelle est plus prosaïque : les établissements ont dû appliquer des règles comptables et un état d'esprit qui sont l'apanage des entreprises productives dans  les autres domaines de l'économie.

 

Sources :

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L’idéologie cachée de la formation des soignants

Publié le par Bernard Pradines

 Idéologie : selon Wikipedia, une idéologie est un système prédéfini d'idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. De tels systèmes considérés comme idéologiques existent dans les domaines politique, social, économique et religieux.

Les thèmes et intervenants de la formation continue des soignants sont d’abord décidés par leur encadrement ou leur direction. Heureusement, les principaux intéressés sont parfois consultés. Toutefois, ceci reste souvent formel, les préoccupations des décideurs demeurant prioritaires. Ainsi, la formation peut inciter à assister à des sessions sur commande, selon le bon vouloir de ceux qui les ont choisies. Il faut savoir que ce secteur est un véritable marché où l’on vend au moindre prix après appel d’offre.

Le but implicite de la formation consiste le plus souvent à permettre aux soignants de s’adapter au mieux à des situations insatisfaisantes dans le domaine des moyens humains et matériels attribués ; des thèmes et des intervenants à même de culpabiliser inconsciemment le soignant en lui faisant accepter les insuffisances du lieu. Ainsi, toute revendication collective est évacuée ou minimisée au profit de la responsabilité individuelle du soignant.

Exemple : les ratios de personnels peuvent être sous-entendus comme une fatalité inamovible. Pour donner un autre exemple précis, je suis frappé par la demande générale d’obtenir des formations qui vous donnent de « trucs », du « pratico-pratique », des « protocoles » qui disent « ce qu’il faut faire concrètement ». Une formation-minute qui n’incite pas à la réflexion individuelle mais à l’obéissance.

A l'inverse, une formation qui développera l'esprit critique le « penser par soi-même » sans attendre constamment des ordres, prendra une autre dimension. Elle n'en pointera pas moins les insuffisances multiples. Mais elle saura situer les responsabilités. Il faudra tenter de placer les participants (je n’emploie pas le mot dévalorisant de « stagiaire ») sur la voie de « ce qu'il faut comprendre. » Sans quoi, on demeure un exécutant qui applique « ce qu’il faut faire », qui ne pense pas par lui-même. La démotivation n’est pas loin.

Les troubles du comportement en sont une illustration : si vous cherchez ce qu'il faut faire avant d'avoir compris quoi que ce soit, vous avez une chance infime d’améliorer la situation du patient, de sa famille et des soignants qui l’entourent.

 

 

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