Overblog Tous les blogs Top blogs Beauté, Santé & Remise en forme Tous les blogs Beauté, Santé & Remise en forme
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

soignants

Blessures psychologiques et morales chez le personnel soignant

Publié le par Louis Lacaze

Blessures psychologiques et morales chez le personnel soignant

Voici un traumatisme qui s’accompagne d’une incapacité d’atteindre un objectif fixé qui correspond à une transgression des principes moraux, des convictions et des attentes. Cette contradiction entre un code personnel et un comportement déclenche l’apparition de l’idée obsédante de n’avoir pas été à la hauteur à un moment donné. D’où des sentiments de culpabilité, de honte, l’anxiété, l’angoisse, le repli sur soi. La personne peut entamer un processus d’autodestruction par un excès de nourriture, une addiction à l’alcool ou à une autre substance et dans les cas extrêmes par le suicide.

Les blessures psychologiques et morales se rencontrent fréquemment dans le contexte des pandémies lorsque le personnel soignant manque d’équipement, est submergé par le nombre de patients et se retrouve seul devant une décision contraire à ses valeurs. Un sentiment de révolte accompagne celui d’être la victime d’une trahison : manque de matériel, d’organisation, danger permanent d’être contaminé et de contaminer ses proches.

Les personnes souffrant de ce syndrome ont trop rarement recours à une aide médicale, freinées par un sentiment de culpabilité et de honte en particulier si elles ont cherché un recours dans l’alcool, ont perturbé l’ambiance de la vie familiale. Les amener à faire un premier pas passera par des questions ouvertes : « Vous sentez-vous coupable de quelque chose ? Avez-vous honte de quelque chose ? ». Si des liens antérieurs ont été rompus dont la fréquentation d’amis ou la vie religieuse, il peut être suggéré de les rétablir. L’objectif essentiel est d’amener la personne à se confier, à créer un espace de communication, sans chercher à effacer les symptômes. Bien souvent une porte s’ouvre sur une question : « Je ne sais pas trop ce qui se passe mais je me pose des questions, j’ai besoin d’aide ».

Commentaires de Bernard Pradines.

Que le traumatisme lié à la covid, au nombre des décès indus et au manque de moyens humains et matériels perdure sous la forme d’états de stress post-traumatiques ou de divers autres troubles psychiques chez les soignants n’a rien d’étonnant. Que les personnes qui les subissent aient besoin de soins semble logique. Je suis davantage réservé sur la manière envisagée d’aborder cet immense défi collectif et individuel ; en effet, les politiques menées depuis quelques dizaines d’années dans le domaine de la santé dans les pays développés, faites de restrictions tous azimuts aboutissant à une aggravation de l’inévitable impréparation à une catastrophe sanitaire, ont une immense responsabilité. De  nombreuses alertes ont été lancées au cours de ces dernières années, provenant de milieux à l’ordinaire peu enclins à protester, voire auparavant dociles. Je ne pense pas que ce soit chercher ou désigner des boucs émissaires que d’affirmer ceci. Ainsi, il est important pour les soignants les moins critiques en temps habituels de bien comprendre les mécanismes qui ont conduit à la situation dans laquelle ils se sont retrouvés. Ceci a deux intérêts majeurs : d’abord situer les responsabilités où elles se trouvent réellement et ne pas sombrer dans le désespoir lié à la culpabilité individuelle décrite ci-dessus. Enfin positiver, utiliser la difficulté pour un nouvel espoir, un nouvel avenir : que des actions déterminées soient entreprises afin de changer le logiciel habituel qui consistait à considérer les soins comme une activité coûteuse, dépensière, plombant l’essor de l’économie.

Source :

Partager cet article
Repost0

Accueil des patients LGBT en milieu hospitalier

Publié le par Louis Lacaze

Accueil des patients LGBT en milieu hospitalier

« Elle est mourante et je ne peux pas dire que nous sommes mariées », tel est le titre d’un article publié dans un journal de gérontologie qui énumère les obstacles rencontrés par les séniors LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) à l’hôpital.  Ils forment moins de couples officiels que les hétérosexuels, ont davantage de problèmes financiers non amortis par une vie en couple reconnue officiellement, par la présence d’enfants ou le soutien d’une famille qui souvent les rejette.

La communauté LGBT comprend tout un éventail d’individualités différentes qu’il est impossible de répertorier dans les formulaires classiques, le premier obstacle étant quelle case cocher, masculin ou féminin. Le personnel soignant, à tous les niveaux, doit être en mesure de connaitre l’identité sexuelle de chaque patient, de poser une question double : comment peut-on vous classer par genre, masculin ou féminin, quelle est votre identité sexuelle ? Les formulaires d’admission gagneraient à contenir un espace libre où le patient pourrait s’identifier avec ses propres mots, indiquer l’identité des personnes importantes pour lui qui seraient assimilées à une famille légitime.

Assouplir d’un coup de baguette magique la rigidité des dossiers médicaux, débarrasser le personnel de santé de tous les préjugés éventuels qu’il peut nourrir contre un patient LGBT pour le placer dans l’espace sécurisant d’une grande famille, ouvrir les cœurs et les esprits n’est pas un rêve inaccessible.

Commentaires de Bernard Pradines : merci encore à Louis Lacaze de nous soumettre des articles originaux. Bien que les législations puissent être différentes selon les pays, les LGBT peuvent être une « terra incognita » pour la plupart des soignants. S’il est encore un domaine qui se prête à une formation complémentaire, c’est bien aussi celui-ci.

Partager cet article
Repost0