La nature de la souffrance et les objectifs de la médecine
La médecine considère la souffrance comme une perte du sens de soi, un fossé qui s’ouvre en soi et crée un espace qui s’interpose entre mon moi et moi-même, entre le mode où je me trouve et le monde ou la vie où j’aimerais me trouver. Or de nos jours, notre société et le monde médical peuvent cultiver l‘idée selon laquelle la douleur et la souffrance doivent être bannies, en particulier lorsque la mort approche.
Des spécialistes en soins palliatifs, aux premiers rangs dans la lutte contre la douleur et les autres symptômes pénibles, pensent que la médecine est partie dans une mauvaise direction si elle soigne seulement avec des médicaments toute une variété de souffrances physiques et/ou psychologiques d’origines variées : culturelles, sociales, politiques, spirituelles ou religieuses. L’explication est simple : la pharmacologie est la seule discipline à laquelle les médecins ont été vraiment formés au cours de leurs études. En tout cas, il y aurait beaucoup d’orgueil dans la prétention de soulager toute souffrance ; comment évaluer quelle est la souffrance d’autrui ? Nos compétences nous permettent-elles de toujours la soulager ? Vers où nous tourner après échec ?
Plutôt qu’un signe de pessimisme et de découragement, le catalogue des difficultés incite à la modestie, qualité traditionnelle reconnue de tous ceux qui luttent contre la souffrance.
Si la personne ne peut pas s’exprimer, nous revenions à une observation attentive des comportements chez le patient non verbalisant. L’avis des infirmières est précieux. Si elles pensent qu’il souffre, elles peuvent s’appuyer sur des arguments venant compléter ou infirmer une impression préliminaire. Nous avons souvent évoqué dans ce blog les manifestations non verbales des douleurs.
Dans le domaine psychique, il n’est pas aisément loisible de trouver un sens à la vie d’autrui à sa place, à se reconstruire une identité et à ne plus souffrir. L’avis des psychiatres et des psychologues, quand il est disponible, est en tout cas indispensable.
Source
Geripal animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD The Nature of Suffering: BJ Miller and Naomi Saks
Today we talk about suffering in the many forms we encounter in palliative care. Our guests are BJ Miller, palliative care physician …and Naomi Saks, chaplain at UCSF.
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