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Éloge de l’écoute

Publié le par Bernard Pradines

Éloge de l’écoute

Il est souvent reproché aux soignants, aux médecins en particulier, de négliger l’écoute des patients et de ne pas lui consacrer suffisamment de temps. En ces moments de concurrence réelle ou supposée entre l’Intelligence Artificielle et les professionnels, il est rassurant de rappeler qu’aucune machine ne remplacera jamais la relation humaine de façon satisfaisante. En cela, le rôle du médecin n’est pas sur le point de disparaître, loin de là. Écouter, c’est faire d’abord preuve de tolérance, d’ouverture, de disponibilité à autrui. 

Des exemples concrets que l’on pourrait multiplier :

·        L’hygiène de mon interlocuteur laisse fortement à désirer dans ses dimensions olfactives et visuelles. Pis, il s’exprime mal, j’éprouve des difficultés à le comprendre.

·        Je suis préoccupé par ma vie personnelle, je subis le deuil d’un proche ; le patient vient se plaindre de ce que je considère comme des broutilles.

·        Je n’ai pas le temps d’écouter ce gentil bavard sous peine de prolonger l’attente des autres consultants ou des autres patients hospitalisés.

·        La personne qui me consulte émet des opinions morales, religieuses, philosophiques ou politiques situées à l’opposé des miennes. Elle semble attendre mon approbation.

·        Le patient était un soldat dans l’armée ennemie de celle de mon père tombé au combat.

Pourtant, je dois faire l’effort de l’écoute active sans me centrer uniquement sur ma préoccupation professionnelle. Plus facile à écrire qu’à faire. Et pourtant l’honneur de la soignante ou du soignant ?

En élargissant la réflexion sur ce thème, il s’agit d’une position qui n’est pas sans rapport avec la liberté d’expression et la démocratie.

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L’interdisciplinarité : un défi

Publié le par Bernard Pradines

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Vous aurez l’occasion d’entendre l’éloge de l’interdisciplinarité car indispensable aux soins dispensés aux malades ou aux « habitants » des EHPAD et des unités de soins de longue durée. Ce terme a supplanté celui de pluridisciplinarité ou de multidisciplinarité pour en souligner l’importance et en améliorer la qualité.

En pratique, cela implique des échanges entre intervenants divers avec écoute et respect de la parole de tous les soignants, de la famille du résident ou des bénévoles d’accompagnement. Autrement dit, deux intervenants qui ne se parlent pas, surtout professionnels, c’est une perte de chance pour celle ou celui qu’ils soignent.

Cet idéal est pourtant au défi d’une réalité culturelle et structurelle.

La culture pouvait interdire, par exemple, de contester la parole du médecin dans la décision soignante. Surtout si celui-ci n’accepte pas d’être contredit. J’ai vécu le temps où l’on pouvait interdire l’ouverture du dictionnaire Vidal aux infirmières souhaitant vérifier les prescriptions. Une période où la parole directe d’une aide-soignante à un médecin laissait augurer d’un intérêt porté à la personne et non au contenu du discours.

S’ajoute de plus en plus le manque de temps pour réaliser des réunions pluridisciplinaires pour faire le point sur la situation de chaque personne soignée. D’où le risque d’un fonctionnement en silo où chacun se campe sur son rôle « propre » en ignorant les autres intervenants. S’en suit une impression d’incohérence renvoyée par les usagers ou les clients des services concernés. En cela il est utile de prendre exemple sur les unités de soins palliatifs qui bénéficient, il est vrai, d’un ratio de personnels qui est supérieur à celui de la plupart des autres unités de soins.

Voir aussi :

Le refus du dialogue : un poison pour les soins

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