Éloge de l’écoute
Il est souvent reproché aux soignants, aux médecins en particulier, de négliger l’écoute des patients et de ne pas lui consacrer suffisamment de temps. En ces moments de concurrence réelle ou supposée entre l’Intelligence Artificielle et les professionnels, il est rassurant de rappeler qu’aucune machine ne remplacera jamais la relation humaine de façon satisfaisante. En cela, le rôle du médecin n’est pas sur le point de disparaître, loin de là. Écouter, c’est faire d’abord preuve de tolérance, d’ouverture, de disponibilité à autrui.
Des exemples concrets que l’on pourrait multiplier :
· L’hygiène de mon interlocuteur laisse fortement à désirer dans ses dimensions olfactives et visuelles. Pis, il s’exprime mal, j’éprouve des difficultés à le comprendre.
· Je suis préoccupé par ma vie personnelle, je subis le deuil d’un proche ; le patient vient se plaindre de ce que je considère comme des broutilles.
· Je n’ai pas le temps d’écouter ce gentil bavard sous peine de prolonger l’attente des autres consultants ou des autres patients hospitalisés.
· La personne qui me consulte émet des opinions morales, religieuses, philosophiques ou politiques situées à l’opposé des miennes. Elle semble attendre mon approbation.
· Le patient était un soldat dans l’armée ennemie de celle de mon père tombé au combat.
Pourtant, je dois faire l’effort de l’écoute active sans me centrer uniquement sur ma préoccupation professionnelle. Plus facile à écrire qu’à faire. Et pourtant l’honneur de la soignante ou du soignant ?
En élargissant la réflexion sur ce thème, il s’agit d’une position qui n’est pas sans rapport avec la liberté d’expression et la démocratie.
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