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religion

Pape François, le 23 mars 2022

Publié le par Bernard Pradines

Pape François, le 23 mars 2022

Extrait de la Catéchèse sur la vieillesse - 4. L'adieu et l'héritage : mémoire et témoignage 

 « Cette transmission - qui est la vraie tradition, la transmission concrète du vieux au jeune ! – cette transmission manque beaucoup aujourd’hui, et toujours plus aux nouvelles générations. Pourquoi ? Parce que cette nouvelle civilisation a l'idée que les personnes âgées sont du matériel de déchèterie, que les personnes âgées doivent être mises au rebut. Ceci est une brutalité ! Non, ça ne va pas comme ça. Le récit direct, de personne à personne, a des tonalités et modes de communication qu'aucun autre moyen ne peut substituer. Un vieil homme qui a vécu longtemps et obtient le don d'un témoignage lucide et passionné de son histoire est une bénédiction irremplaçable. Sommes-nous capables de reconnaître et d'honorer ce don des personnes âgées ? La transmission de la foi - et du sens de la vie - suit-elle aujourd'hui ce chemin, de l’écoute des personnes âgées ? Je peux donner un témoignage personnel. La haine et la colère contre la guerre m'ont été transmises par mon grand-père qui a combattu sur le Piave en 1914, et il m'a transmis cette colère contre la guerre. Parce qu'il m'a raconté les souffrances d'une guerre. Et ça on ne l'apprend pas dans les livres ni d'une autre manière... on l'apprend de cette façon, en le transmettant des grands-parents aux petits-enfants. Et cela est irremplaçable. La transmission de l'expérience de vie des grands-parents aux petits-enfants. Aujourd'hui, malheureusement, ce n'est pas le cas et nous pensons que les grands-parents sont du matériel de déchèterie : non ! Non ! Ils sont la mémoire vivante d'un peuple, et les jeunes et les enfants ont besoin d'entendre leurs grands-parents. »

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Éthique : la médecine peut-elle être extrémiste ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.apeichambery.com/presentation/demarche-ethique-et-responsable/

Image issue de : https://www.apeichambery.com/presentation/demarche-ethique-et-responsable/

Question déplacée me direz-vous. Le terme d’extrémiste renvoie à la politique, à la religion, pas à la science de la santé à retrouver. Question qui ne se pose pas : la médecine resterait en dehors des conflits de la société et du monde, dans une sorte de surplomb, d’extranéité bienveillante. Elle soignerait sans distinction ceux qui sont malades ou blessés, sans arrière-pensée. Ainsi : « Aucune personne ne peut faire l’objet de discrimination dans l’accès à la prévention ou aux soins. Dès lors, tout professionnel de santé qui refuserait de dispenser des soins à un patient en raison de son origine, de son sexe, de sa situation familiale, de son état de santé, de son handicap, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son âge, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales, de son appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, sera susceptible de se voir infliger des sanctions disciplinaires, pénales ou civiles. »1

Oui, mais le passé nous a montré le fossé entre la théorie et la pratique. Pire que la discrimination, il nous a révélé la participation des soignants, infirmiers et médecins, à des crimes de masse contre l’humanité comme ce fut le cas, surtout mais pas seulement, à Auschwitz-Birkenau. Des « détails de l’Histoire » qui furent occultés lors de l’enseignement d’éthique que je reçus dans les années 1960 et 1970 à la faculté de médecine. Oubliée aussi, broutille sûrement, l’exclusion des médecins juifs durant la période de l’Occupation.

Sans aller aussi loin dans l’obéissance et l’adhésion éventuelle à un totalitarisme, nous devons nous interroger en permanence sur la nécessaire distinction entre le citoyen et le soignant. Au long de ma carrière, j’ai perçu des opinions et des attitudes en relation avec des philosophies différentes. Le débat actuel sur la fin de la vie nous offre une fois de plus l’étalage de conceptions profondes parfois antagoniques qui traversent notre société.

De nombreux facteurs, plus ou moins conscients, contribuent à forger une attitude médicale à géométrie variable : origines sociales, géographiques, opinions politiques, croyances religieuses, appétences financières, conditions d’exercice, conception de la vieillesse, etc.

Ainsi, le débat entre acharnement et abandon thérapeutique des personnes âgées doit-il envisager ce qui est toujours caché : la conception sociétale des décideurs. Un progrès a consisté, au moins en théorie, à éviter la décision médicale solitaire 2 au profit de la procédure collégiale. Un autre, en gestation, consistera à éclairer les a priori moraux préalables aux décisions, même collectives.

2 Procédure collégiale : voir par exemple la loi Leonetti-Claeys du 2 février 2016

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