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Faut-il mourir debout ?

Publié le par Bernard Pradines

Il existe ici ou là des doxas qui méritent d’être visitées à l’aune de la réalité du terrain.

 

Ainsi en va-t-il de la station debout, érigée -sans jeu de mot- au rang de dignité de la personne. Euh, bien des personnes âgées dépendantes ne sont plus capables de marcher, parfois il est vrai par défaut de prévention. Mais c’est ainsi.

 

Les forcer à marcher à tout prix, même de s’asseoir trop longtemps sur un fauteuil où elles somnolent quand elles n’y sont pas hypotendues avec bas débit cérébral, cela ne doit pas nous satisfaire. Le déni de l’entourage est souvent puissant pour voir dans papa l’athlète supposé qu’il fut autrefois. Debout vous dis-je !

 

Comme une confusion avec une combattante dont une phrase est restée célèbre au point d’être gravée sur un monument à Glasgow. Saurez-vous deviner de qui il s’agit ? Je vous ai dissimulé la solution.

 

« Mieux vaut mourir debout, que de vivre à genoux ».

Faut-il mourir debout ?
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Quand un brancardier veut aller résolument de l’avant

Publié le par Jean-François Malo

Emilie Hue et Jean-François Malo

Emilie Hue et Jean-François Malo

Commentaires de Bernard Pradines. Ci-dessous, Jean-François Malo écrit un éloge de la formation complémentaire qui est devenue indispensable dans un monde qui évolue de plus en plus vite. Reconnaitre que nous pouvons tous être maltraitants pour des raisons institutionnelles ou personnelles, c’est un pas de géant par rapport à l’état d’esprit qui prévalait dans ma génération. Je me suis donné pour mission de faciliter l’expression de toutes les bonnes volontés, à commencer par celles à qui l’on donne trop rarement la parole ou qui n’osent pas la prendre. Loin des clichés anciens, Jean-François Malo nous invite à applaudir davantage les soignants, quelle que soit leur catégorie.

Brancardier au bloc opératoire depuis 1997 dans un hôpital intercommunal, j’ai été amené à participer à l’évaluation des pratiques professionnelles sur la bientraitance.

Dans le groupe de travail à cet effet, nous avons décidé d'un module de formation. Avec une collègue manipulatrice en électroradiologie médicale, Emilie Hue, je suis devenu formateur au sein de l’institution. Pour approfondir notre propre formation, nous avons suivi l’enseignement d’un Diplôme d’Université avec madame le Docteur SophieMoulias intitulé « Promotion de la Bientraitance et Lutte contre la Maltraitance ». Nous avons réalisé un mémoire. Le mien s’intitule La Prise en charge des Patients Chirurgicaux : De la Représentation à la Perception.

Afin de le rédiger, je me suis entretenu avec une infirmière et une aide-soignante de chaque service de chirurgie de mon établissement. Je pensais que ces entretiens n’auraient fait que ressortir le côté technique de la prise en charge et de la prise en soin des patients dans ces services. Or, il s'est avéré qu’il n’en n’était rien. La principale difficulté, au dire de mes collègues, est la prise en soin de patients de plus en plus âgés souffrant fréquemment de troubles cognitifs, ce qui rend les soins techniques très difficiles à réaliser. Par exemple une sonde naso-gastrique arrachée que mes collègues sont obligés de reposer, des mobilisations douloureuses chez les personnes de plus en plus âgées dans le service de chirurgie orthopédique. Ce qui leur fait dire que dans la plupart des cas, ils se sentent maltraitants.

Au vu de ces échanges, il est apparu qu’il y aurait des pistes d'amélioration à envisager et qu’il faudrait réfléchir de façon pluridisciplinaire pour accueillir ces patients.

La première serait l’accompagnement par un proche ou une personne de confiance comme cela se fait pour les enfants. Nous connaissons tous l’importance des proches pour les patients qui souffrent de troubles cognitifs. Cela permettrait d'apaiser les appréhensions et aiderait à la prise en charge du patient, par exemple lors de l'interrogatoire préopératoire.

Une deuxième piste serait l’accès aux formations spécifiques des personnels pour accompagner les personnes âgées ou très âgées :

·        hypnoanalgésie,

·        prise en charge de la douleur,

·        prise en soin d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, soins palliatifs dont l’accompagnement en fin de vie.

La troisième piste d'amélioration concerne l’utilisation, la non-utilisation ou les modalités de la contention lors des soins difficiles.

L'hypnose, par exemple, pourrait être une solution lors de ces prises en charge.

Nous savons aussi que la communication avec ces patients représente un réel problème. Les soignants sont très souvent démunis quand la communication verbale n’est plus disponible. Il existe pourtant des formations ciblées par rapport à ces difficultés.

J’ai pu constater par moi-même l’évolution de la population dans ces services de chirurgie ; la moyenne d’âge a considérablement augmenté. Les personnes âgées y sont de plus en plus nombreuses avec toutes les difficultés que cela implique.

Il serait judicieux d’avoir une réflexion quant à la prise en charge de ces patients dans ces services. Même si les moyens humains et matériels sont moins limités à l'hôpital que dans les EHPAD, il n’en reste pas moins du fait du vieillissement de la population, que les difficultés rencontrées sont de plus en plus importantes et ne permettent pas une prise en soin de qualité pour ces personnes dans ces services.

Comme dans la société dans son ensemble, il faudrait réellement réfléchir à la place de la personne âgée et dépendante.

 

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