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sexualite

Que reste-t-il d’un passé intolérant ?

Publié le par René Manteau

Image issue de : https://www.margueriteservices.fr/blog/sexualite-personnes-agees

Image issue de : https://www.margueriteservices.fr/blog/sexualite-personnes-agees

Retour d’expérience d’un infirmier du XXème siècle et du début du XXIème. Qu’en reste-t-il ?

Entrer en EHPAD ne signifiait pas être dépourvu de sentiments et de sexualité.

En effet, il était fréquent que deux résidents, désormais dénommés habitants, se rencontrent, se découvrent et éprouvent des sentiments et de l'attirance. Alors que leur chambre était en principe privée, ils se heurtaient aux barrières de la convenance et de la moralité, à des valeurs puritaines.

Les habitants de nos établissements avaient pourtant déjà droit à une vie intime faite de sentiments, d'amour et même de  sexualité dans le sens coutumier de ce terme.

Pourtant, de nombreux obstacles et des oppositions se dressaient devant eux :

- Non-respect de la privatisation de leur chambre dont l’impossibilité de la fermer avec un loquet, l’accessibilité de l’extérieur devant demeurer possible pour les urgences.    

- L'opposition de la direction de l’établissement et/ou du personnel, l'organisation et le fonctionnement du service ne prévoyant pas cette éventualité. Un héritage culturel de morale religieuse pouvait être en jeu.

- Le qu'en dira-t-on ! Le risque que la réputation de l'établissement soit ainsi salie.

- Le regard réprobateur, la jalousie des autres résidents.

- Les familles qui ne voulaient pas envisager que leur propre parent puisse éprouver le besoin d'avoir des relations et des rencontres charnelles, surtout si jugées illégitimes.

Il n’était pas rare que des couples légitimes fussent séparés alors qu'ils résidaient dans le même établissement, un aménagement de chambres en lit double étant exceptionnel de même que le rapprochement de leurs deux lits dans la même pièce. Pire, je fus témoin que des résidents ont été séparés, changés, déplacés vers d'autres services et même transférés dans d’autres établissements afin de rompre la relation des protagonistes.

En quarante et un ans de carrière je n'ai pu assister qu'à quatre mariages de personnes qui se sont rencontrées au sein même de mon service. Nous avons pu mener à bien cet accompagnement particulier avec d'énormes difficultés et beaucoup de persévérance.

Et maintenant, laissons-nous les habitants profiter de leur vie et l’achever paisiblement ?

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Jamais la violence

Publié le par Bernard Pradines

Jamais la violence

Dans un ouvrage auquel j’ai participé, paru en 2004, sous le titre de « Silence on frappe », nous dénoncions toutes les formes de violences et de maltraitances envers les personnes âgées vulnérables. A cette date, le sujet était encore largement tabou. Le déni était si fort que la direction de mon établissement ne voulait même pas en « entendre parler ». Les soignants, eux, redoutaient que leur dévouement ne soit sali par des faits qu’ils réprouvaient.

Aujourd’hui, vingt ans plus tard, nous analysons toujours mieux ces phénomènes inadmissibles. De nombreux travaux et témoignages, émissions de télévision et ouvrages tels que « Les fossoyeurs » sont venus conforter la connaissance d’une réalité que nous ne voulions pas envisager.

Nous savons mieux, désormais, que les maltraitances possèdent des facteurs favorisants individuels et collectifs. Ainsi, la condition actuelle faite aux EHPAD et aux établissements de soins doit-elle nous mobiliser, quelle que soit notre position dans la société !

La violence physique envers les personnes âgées vulnérables est souvent liée aux troubles cognitifs dont souffrent ces personnes. Leur éventuelle réaction brutale de refus de soins, par exemple au moment de la toilette, peut leur valoir en retour une hostilité sous la forme d’une contrainte physique ou même de coups. Il en est ainsi de la désinhibition sexuelle ou encore de certaines idées délirantes ou hallucinations. La santé mentale des proches aidants et des aidants professionnels étant mise à rude épreuve, tout devient possible.

C’est pourquoi nous devons impérativement soutenir l’entourage des accompagnants, à domicile et en établissement, afin de limiter au maximum leurs possibles réactions violentes. A ce prix seulement nous pourrons affirmer haut et fort : jamais la violence.

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