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covid-19

AstraZeneca : erreur de communication ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://www.linternaute.com/actualite/guide-vie-quotidienne/2526380-vaccin-astrazeneca-quatre-nouveaux-cas-de-thrombose-dont-deux-deces/

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Le vaccin d’AstraZeneca est un vaccin à adénovirus comme celui de Janssen (Johnson et Johnson) et diffère de ceux à ARNm tels que celui de Pfizer et de Moderna.

De nombreuses doses d’AstraZeneca demeurent inutilisées en France. Une intense campagne de communication nous fait savoir que le vaccin d’AstraZeneca a pâti d’une mauvaise… campagne de communication. Est-ce si sûr ?

La bataille mondiale pour concevoir, produire et obtenir des vaccins a tout simplement abouti à une célérité inhabituelle dans les commandes de vaccins. Les observations de complications graves et rares à type de thromboses atypiques ([1],[2],[3],[4],[5]) n’ont été publiées qu’après l’administration de centaines de milliers de doses vaccinales. Des symptomatologies comparables intéressent aussi le vaccin de Janssen ([6],[7],[8]).

La rareté des accidents n’a pas effacé leur gravité auprès des populations, en particulier dans notre pays connu pour sa réticence envers la vaccination. Bénéfice-risque quantitatif auprès des autorités, bénéfice-risque qualitatif auprès des citoyens.

Ainsi, la communication n’a pas été « catastrophique » dans le sens affiché dans les médias. Nous avons seulement changé d’époque. Tout se sait tôt ou tard, le meilleur et le pire. Le citoyen vote avec ses pieds quand il n’est pas convaincu. Certes regrettable pour les uns, c’est ainsi et le sera certainement à l’avenir pour les autres.

 

[1] Pottegård A, Lund LC, Karlstad Ø, et al. Arterial events, venous thromboembolism, thrombocytopenia, and bleeding after vaccination with Oxford-AstraZeneca ChAdOx1-S in Denmark and Norway: population based cohort study. BMJ May 5, 2021; 373.

[2] See I, Su JR, Lale A, et al. US Case Reports of Cerebral Venous Sinus Thrombosis With Thrombocytopenia After Ad26.COV2.S Vaccination, March 2 to April 21, 2021. JAMA April 30,

[3] Scully M, Sing D, Lown R, et al. Pathologic Antibodies to Platelet Factor 4 after ChAdOx1 nCoV-19. NEJM April 16, 2021

[4] Kupferschmidt K, Vogel G. A rare clotting disorder may cloud the world’s hopes for AstraZeneca’s COVID-19 vaccine. Science 2021, published 27 March.

[5] ANSM 20210326. Point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19 – Période du 12/03/2021 au 18/03/2021. Agence nationale pour la sécurité du médicament et des produits de Santé 2021, published 26 March 2021.

[6] MacNeil JR, Su JR, Broder KR, et al. Updated Recommendations from the Advisory Committee on Immunization Practices for Use of the Janssen (Johnson & Johnson) COVID-19 Vaccine After Reports of Thrombosis with Thrombocytopenia Syndrome Among Vaccine Recipients — United States, April 2021.

[7] Muir KL, Kallam A, Koepsell SA, et al. Thrombotic Thrombocytopenia after Ad26.COV2.S Vaccination. NEJM April 14, 2021.

[8] Sadoff J, Davis K, Douoguih M. Thrombocytopenia after Ad26.COV2.S Vaccination — Response from the Manufacturer. NEJM April 16, 2021.

Publié dans Covid-19

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Face à la rupture d’un cloisonnement

Publié le par Louis Lacaze et Bernard Pradines

Face à la rupture d’un cloisonnement

Le monde des soins palliatifs a brutalement été transformé par la violence de la covid-19. La mort est présente partout. Le praticien, surmené, fatigué, a perdu le sentiment de contrôler la situation, se retrouve isolé par les mesures de distanciation, n’est plus amarré à son port d’attache.

Démoralisé par un sentiment d’impuissance et l’absence de perspectives rassurantes, il peut lui arriver de se sentir inefficace, incapable de prévoir l’avenir, de respecter la cloison classique qui sépare le patient du soignant. Il le rejoint à son corps défendant dans cet espace où la mort est omniprésente, compagnon de route sur un itinéraire particulièrement dangereux.

Accompagner un patient sur le chemin de la mort permet au praticien de découvrir qu’il y a moins de différence entre lui et le mourant et peut atténuer une tendance au catastrophisme : il aimerait être plus efficace mais l’aide qu’il apporte est loin d’être sans effet. Cette rupture d’un cloisonnement patient-soignant peut représenter un apport positif en mêlant deux univers d’humanité.

Commentaires de Bernard Pradines.

En nous transmettant ce texte venu des USA, Louis Lacaze nous montre un chemin encore mal exploré : celui du retentissement de l’accompagnement répétitif de la fin de la vie sur l’entourage soignant. Dans notre culture, il existe en effet un cloisonnement de la pensée, un clivage pour employer un mot à la mode : le patient et sa famille sont censés souffrir de la perte de soi-même ou de l’être cher. Les choses sont pourtant infiniment plus complexes. De leur côté les soignants sont réputés blindés pour pouvoir supporter l’image renouvelée de leur propre fin. Ici aussi la diversité est au rendez-vous des idées simples.

L’argument conclusif facile le plus courant est le suivant : il s’agit d’une affaire intime, personnelle, variable selon les individus. Et si cette appréciation était elle-même un mécanisme de défense pour masquer ses propres doutes, des sentiments inavouables répandus ! Nous sommes des êtres mimétiques, soucieux souvent inconsciemment de faire comme tout le monde, de ne pas se faire marginaliser, ce qui était très dangereux dès la tribu grégaire de la préhistoire. Et s’il en subsistait une extrapolation ici : celle de ne pas faire comme tout un chacun, c’est-à-dire mourir. Ou bien à l’inverse la crainte irrationnelle d’être emporté avec celui qui « rejoint l’autre rive ». Pas interdit que je pérore sur ce sujet plus longuement dans un article futur.

Source

Publié dans Covid-19, soins palliatifs

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