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fin de vie

Mes directives anticipées à l’heure prochaine de la mort provoquée

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de https://www.chu-reims.fr/vous-etes/patient-ou-proche/vos-droits-et-obligations/directives-anticipees

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Chère consœur, cher confrère,

Lorsque vous lirez ces directives anticipées, je ne serai plus en état de m’entretenir avec vous et de vous soutenir dans votre difficulté pour apaiser les souffrances de celui qui va disparaître. Aujourd’hui, c’est mon tour après avoir accompagné plus de 1300 personnes en réanimation puis en gériatrie.

Ayant vérifié durant ma carrière que les soins en fin de vie sont toujours complexes et nécessitent des adaptations rapides et variées à des situations évolutives, je ne me permettrai pas de vous prescrire quelque attitude que ce soit, pas même de vous en suggérer une qui ne serait qu’hypothèse hasardeuse. Sinon que de mettre en œuvre les soins palliatifs nécessaires.

Vous entendrez les membres de l’équipe soignante qui travaillent avec vous. Vous êtes sûrement attentive ou attentif à votre formation et à celle des autres professionnels dans cet immense domaine des soins palliatifs. De même, vous n’hésiteriez pas à demander conseil à une consœur ou à un confrère si cela vous semblait nécessaire.

Je sais que vous rencontrerez et écouterez mon entourage, que vous entendrez sa souffrance qui est aussi une peine pour celui qui va s’en aller.

Je suis persuadé que vous ne tomberez dans aucune des caricatures à la mode telles que « l’obstination déraisonnable » qualifiée à tort d’acharnement thérapeutique. Que vous serez soucieuse ou soucieux d’éviter le plus fréquent des pièges qui nous sont tendus en ces temps de pénurie : l’abandon thérapeutique qui pourrait me condamner à des souffrances inutiles.

Ne prêtez pas l’oreille à ceux qui prétendent que l’on perd sa dignité quand on devient empêché de quelque manière que ce soit. Le passé de l’humanité et son présent sont emplis d’indignités du fait de personnes en excellente santé. A l’inverse, en quoi le fait d’être dépendant me rendrait-il indigne ?

Je suis convaincu que vous n’effectuerez aucun geste inconsidéré, expéditif, car la mort provoquée n’est pas dans votre mission soignante et parce que la médecine a fait d’immenses progrès depuis que cette solution était seule envisageable. Ainsi, vous n’identifieriez pas l’interruption intentionnelle de ma vie à un geste d’amour.

Je connais votre dévouement imprégné de science et d’humanité.

Je vous fais confiance pour limiter au maximum mes souffrances et celles de mon entourage.

Je vous remercie.

Actualisées au 30 décembre 2022

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L’engouement pour la mort assistée (13) : une pensée religieuse ?

Publié le par Bernard Pradines

Image issue du site : https://citation-celebre.leparisien.fr/citations/59965

Image issue du site : https://citation-celebre.leparisien.fr/citations/59965

Une convention citoyenne a été convoquée pour plancher sur la fin de vie avec un objectif faussement implicite : aider à la rédaction d’un projet de loi tendant à instituer « l’aide médicale active à mourir » dans notre pays . Autant vous dire que le débat sémantique fait rage autour de ces termes. D’emblée, l’expression « fin de vie » peut être discutée par rapport à celle de « fin de la vie ». De même, la véritable « aide médicale active à mourir » n’est-elle pas l’apanage des soins palliatifs qui font encore cruellement défaut dans de nombreuses zones de notre pays ? Des mesures radicales, irréversibles, expéditives et programmées viendraient-elles pallier à ce manque en impliquant des soignants dans ce qui n’est pas un soin ? Qui n’est pas une aide et qui ne relève pas des soignants ?

Parmi les arguments développés ici ou là, je crois déceler une croyance dans une nouvelle législation apte à procurer une bonne mort, une fin de vie idéalisée. Une sorte de foi dans la loi. Théoriser la mort, voire apporter des solutions, c’est culturellement affaire de pensée religieuse, à un moindre degré philosophique avant de devenir médicale. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

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