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fin de vie

L’engouement pour la mort assistée (12) : demain, il ne doit plus être là !

Publié le par Bernard Pradines

L’engouement pour la mort assistée (12) : demain, il ne doit plus être là !

La retraite est un temps de bilan sur sa vie professionnelle et personnelle.

Ce peut être un temps de fierté mais aussi de regrets. Elle a le mérite de la fréquente libération de la parole soignante. Des souffrances inavouées peuvent surgir à nouveau et s'exprimer enfin douloureusement.

Ainsi en va-t-il de l’infirmière rencontrée récemment. Travaillant la nuit, elle fut parfois, rarement, chargée de poser la perfusion définitive alors que la loi l’interdisait. L’indication en était : « je ne veux plus le voir demain matin ». J’eus aussi connaissance de cette pratique par un infirmier dans un autre service.

C’est aussi le conseil que me donna un confrère à propos d’une situation qui se prolongeait.

Tout au plus serais-je indulgent pour le temps où les soins palliatifs ne connaissaient aucun développement. Nous avons alors tenté d’apaiser nos patients en phase ultime avec les connaissances qui étaient les nôtres.

Mais maintenant ? Comment justifier de telles attitudes ?

Par le manque de soignants ? De leur disponibilité ? De lits d’hôpitaux ? De cherté de la fin de la vie ? D’emplois du temps surchargés ? D’impossibilité de se rendre à l’étranger ?

Je laisse la réponse aux lecteurs.

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Moi aussi je l’ai vécu

Publié le par Nanette, infirmière

Image issue du site : https://www.ictjournal.ch/news/2020-03-18/un-des-principaux-fabricants-de-respirateurs-artificiels-est-suisse-et-croule-sous

Image issue du site : https://www.ictjournal.ch/news/2020-03-18/un-des-principaux-fabricants-de-respirateurs-artificiels-est-suisse-et-croule-sous

Moi aussi, je l’ai vécu. Surtout en réanimation lorsqu'il faut arrêter la ventilation artificielle après les précautions d'usage. Cela fut difficile pour moi voire impossible parfois, surtout chez les enfants.
Avec toute l'équipe soignante, nous avons vécu de nombreux décès ; chaque départ est unique. Nous vivons auprès des patients un vrai dialogue.
Quelques paroles émises par des patients me reviennent à l’esprit avec force. Ils étaient conscients qu'ils allaient mourir bientôt :
 - laissez-moi un peu de temps, je dois parler avec ma petite-fille de huit ans, je vous dirai quand vous pourrez augmenter les médicaments contre la douleur.
- un grand-père attendait la naissance de sa première petite-fille. Il est décédé après l’avoir vue. 
Combien de décès plus ou moins difficiles sont gravés dans la mémoire des soignants !
J’ai entendu plusieurs fois dire : « vous êtes devenue insensible à la mort », et pourtant c'est une épreuve pour tout soignant qui accompagne les patients en fin de vie.
Si je puis me permettre une analyse personnelle, je ne pourrai pas être soignante dans un temps donné et programmer dans un autre temps la mort d'un autre patient. Par contre, je suis entièrement d'accord pour utiliser tous les moyens mis à notre disposition pour soulager les symptômes pénibles dont souffre le patient. C’est bien en ce sens que j'ai suivi l’enseignement d’un diplôme d’université sur la douleur.
La maladie grave permet aux patients et aux accompagnants de se préparer à l'ultime départ.
Je l'ai également vécu il y a longtemps dans mon environnement familial. Tout récemment, on a demandé à mon neveu s’il avait écrit ses directives anticipées. « Non », il vivait avec la perspective de sortir de l'hôpital et de partir en voyage.  Il leur fallut du temps, à lui et à son épouse, pour réaliser que le départ était proche. 
A mon modeste niveau, j'essaie d’engager la réflexion autour de moi à propos de cette loi prochaine de mort assistée. L’opinion et les sentiments des soignants devraient être connus et bien écoutés dans cette période précédant une telle décision.
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