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fin de vie

L’interdit positif

Publié le par Bernard Pradines

L’interdit positif

La place des religions dans le débat public français relatif à la fin de la vie est certes contestée mais ne peut pas être occultée.
Aussi, un texte a particulièrement retenu mon attention, celui de la Fédération Protestante de France du 6 mai 2025 dont j’ai relevé l’extrait suivant :

"L’interdit du meurtre ne peut être réduit à une contrainte négative, il est à comprendre comme un commandement positif qui énonce l’impératif de prendre soin les uns des autres afin de s’entraider à vivre."

Cette phrase lourde de sens est précédée d’un paragraphe faisant état d’un débat à l’intérieur du protestantisme français où il est question de vieillesse, de dignité, de maitrise et de dépendance :

« Le document poursuit en évoquant les différentes sensibilités théologiques qui existent au sein de la Fédération protestante de France. Si ces dernières opposent parfois les protestants luthéro-réformés et les protestants évangéliques, force est de reconnaître que ces différences traversent aussi les luthéro-réformés et les évangéliques eux-mêmes. Pour les uns, les appréhensions liées à la vieillesse, la peur de connaître une situation de dépendance, de perdre la maîtrise de leur vie sont insupportables et font qu’ils sont d’avis que le choix du suicide assisté ou de l’euthanasie relève de la liberté et de l’autonomie de chaque personne qui fait son choix en toute lucidité et responsabilité. Pour les autres, réfractaires à un changement de la loi, la légalisation de l’assistance au suicide impliquerait la transgression de l’interdit biblique et social structurant « tu ne tueras pas » et contredirait le principe de la dignité intrinsèque et inviolable de toute personne humaine. Pour ces personnes une éthique de la vulnérabilité est essentielle à la vie aujourd’hui dans la société française. »

Référence :

Publié dans Expression, fin de vie, éthique

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Directives anticipées : le meilleur et le pire

Publié le par Bernard Pradines

Image issue de : https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Fin-vie-directives-anticipees-peuvent-pas-etre-absolu-2022-11-13-1201241898

Image issue de : https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Fin-vie-directives-anticipees-peuvent-pas-etre-absolu-2022-11-13-1201241898

Elément fort d’anticipation et d’autodétermination, les directives anticipées sont apparues dans la loi française le 22 avril 2005 avec la loi Leonetti. Il s’agit d’un écrit, ce qui est différent de la personne de confiance.

Le principe en est l’expression d’une personne sur ses souhaits quant aux soins qui lui seront prodigués en fin de vie dans la mesure où elle n’aurait plus la capacité de s’exprimer.

Elles sont implicitement destinées à limiter l’utilisation de dispositifs médicaux de substitution des fonctions vitales. Au Québec par exemple, ce sont : la réanimation cardiorespiratoire, la ventilation assistée par un respirateur, la dialyse, l’alimentation artificielle et l’hydratation artificielle.

Leur pratique demeure très limitée en France, de l’ordre de 8% des citoyens tous âges confondus[1]. Au Québec aussi, elles restent encore peu utilisées, tant par les citoyens que par les professionnels de la santé[2].

Les tenants de leur popularisation avancent qu’elles sont un facteur d’autodétermination du patient au-delà de ses capacités de s’exprimer.

En psychiatrie, ambiguïté embarrassante, elles ne sont pas liées à la fin de vie mais aux situations dans lesquelles le patient n’est simplement pas en mesure de s’exprimer quant aux soins qu’il reçoit. Elles y sont censées améliorer la qualité du parcours de soins. Cette attente est particulièrement prégnante dans la conduite à tenir en situation de crise.

L’inconvénient le plus fréquent est qu’elles sont promues positivement, de manière insistante, comme s’il s’agissait d’un devoir et non d’un droit. Il faut pourtant savoir respecter le non-dit sur des sujets douloureux, tels que celui de la fin de la vie. La culture de l’après-mort (testament) est très ancienne ; pas celle des directives anticipées qui n’ont que 20 ans d’âge.


[1] Les Français et la fin de vie. Rapport de résultats. Octobre 2022.  https://www.bva-xsight.com/sondages/les-francais-et-la-fin-de-vie-2/

[2] The Conversation. Dix ans après leur entrée en vigueur, les directives de fin de vie sont peu utilisées. Voici pourquoi. Le 7 juillet 2025. https://theconversation.com/dix-ans-apres-leur-entree-en-vigueur-les-directives-de-fin-de-vie-sont-peu-utilisees-voici-pourquoi-257179

 

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