Votre vision de la vieillesse est négative ? Vous risquez de le payer cher…
Une équipe de chercheurs américains de l’université de Yale vient de publier ses travaux à partir de deux enquêtes publiées dans la revue Psychology and Aging.
La première étude a demandé à 158 quadragénaires en bonne santé de répondre à un questionnaire permettant de définir s’ils avaient une perception positive –ou négative – de la vieillesse. Vingt-cinq ans plus tard, à l’âge moyen de 68 ans, une imagerie IRM a de nouveau été effectuée : on a pu noter une diminution du volume de l’hippocampe, aspect associé à la maladie d’Alzheimer, nettement plus importante chez les sujets qui avaient de la vieillesse une perception négative que dans le groupe à la vision positive.
Dans une deuxième étude, d’autres signes de la maladie d’Alzheimer ont été recherchés à l’autopsie dans les cerveaux de personnes décédées dont l’attitude face à la vieillesse avait été mesurée antérieurement. Les résultats ont confirmé ceux de l’étude précédente avec davantage de plaques amyloïdes et de dégénérescence neurofibrillaire dans le groupe des négatifs.
Si les chercheurs ne vont pas jusqu’à établir une relation de cause à effet, ils reconnaissent qu’une vision positive de la vieillesse apporte une protection et donc que la société doit veiller à en donner une image positive.
Une autre étude, publiée aussi en décembre 2015 ne manque pas d’intérêt : une perception négative de la vieillesse s’accompagnerait d’un risque accru de diminution des capacités mémorielles et des capacités auditives.
Commentaires de Bernard Pradines :
Ces résultats d’études ne sont pas surprenants dans la mesure où ils retrouvent une corrélation entre la survenue de troubles cognitifs et une vision pessimiste de la vieillesse. Celle-ci peut évoquer le stress et surtout la dépression. Cette dernière, surtout quand elle est de longue durée, est connue pour être associée au risque de présenter une démence lors de l’avance en âge. Par ailleurs, il existe un sérieux soupçon sur la précocité des lésions (plaques amyloïdes et dégénérescence neurofibrillaire) qui ne sont correctement constatées que lors des autopsies. De plus, corrélation ou association ne sont pas synonymes de causalité. Ainsi, une vision négative ne serait-elle pas causée par d’autres facteurs connus ou non (facteurs confondants ou facteurs de confusion) pour favoriser la survenue d’une démence, tels qu’un niveau socio-éducatif faible. Enfin, la présence de lésions spécifiques précoces indétectables naguère par imagerie, constatées seulement à l’autopsie tardive, ne serait-elle pas inductrice de dépression par un mécanisme neurologique ou réactionnel (causalité inverse) ?
Encore de nombreuses questions avant des conclusions définitives.
Source :
Un article de Time Your Attitude About Aging May Impact How You Age
http://time.com/4138476/aging-alzheimers-disease/?xid=newsletter-brief