Sacrifice

Publié le par Bernard Pradines

Publié dans aidants, famille

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M
Merci, Dr Pradines d'avoir réhabilité- sans pathos- l'aidant que je fus, lorsque- la mort dans l'âme- j'ai dû « placer » mon père en EHPAD – geste qui ne m'a été nullement reproché, cependant -<br /> à mes yeux, c'est de poser cet acte qui est infiniment culpabilisant comme si l'image de moi -même en était profondément affectée......<br /> Quant à mes nombreux petits- enfants, j'ai juste fait le choix de les aimer et de les remercier ainsi que mes enfants de me permettre de finir ma vie en pleine activité librement choisie !
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M
C'est vrai que ceux qui placent leurs parents sont soupçonnés de ne pas les aimer. Mais je pense que cela est plus profond dans la pensée des gens. Dans notre société où l'on discute à "gorges chaudes" de ce qui se passe chez le voisin (pendant que l'on parle d'autrui on ne parle pas de moi) le regard des autres et le qu’en dira-t-on prennent une place importante. A partir de là, une rumeur usante peut s'instaurer dont il est impossible de se débarrasser, car elle court sans arrêt. C'est une situation pour ma part vécue : "regardez l'infirmier il a mis ses parents à l'hôpital, c'est son métier de s'en occuper, il va les tuer, comme cela il aura l'héritage plus vite". Oui, en réalité un héritage de souffrances et de dettes dont je me serais bien passé. Cela fait maintenant plus de huit ans qu'ils ont disparu et dans leur ancien lieu de résidence, cela perdure toujours : " voilà désormais il a réussi il a hérité de tout". La cruauté de certaines personnes est proportionnelle à leur bêtise.
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L
Sauf erreur de ma part c’est bien Einstein qui a écrit : » Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine, en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue ». Autrement dit il ne faut pas accorder aux commentaires fielleux plus d’importance qu’ils n’en méritent.<br /> Les années passant, j’ai pu faire un certain nombre de constatations dans ce domaine. Certains enfants ont tenu à prendre auprès d’eux leurs parents qui, déracinés de leur domicile, passaient leur jours assis sur leur chaise au balcon et quittaient notre monde six mois plus tard.<br /> Dans les zones rurales j’ai pu constater qu’un nouveau résident retrouvait des connaissances parfois perdues de vue depuis longtemps et pouvait se reconstituer une vie sociale riche de contacts. La solitude ne se trouve pas toujours là où pourrait l’attendre.