Royaume Uni : augmentation de la dépendance

Publié le par Bernard Pradines et Louis Lacaze

Kingston (Kingston et al, 2017) publient les résultats d’une étude menée dans trois aires géographiques britanniques : Cambridgeshire, Newcastle, and Nottingham. En 20 ans, entre 1991 et 2011, le nombre d’années vécues avec une faible dépendance chez des personnes de 65 ans et plus a augmenté  de 1,7 an chez les hommes et de 2,4 ans chez les femmes. Pour sa part, la grande dépendance s’est accrue de 0,9 an chez les hommes et de 1,3 an chez les femmes.

Les auteurs estiment que les besoins en établissements pour personnes âgées nécessitent un accroissement de 71 215 places d’ici à 2025. 

Source :

Kingston A, Wohland P, Wittenberg R, Robinson L, Brayne C, Matthews FE, Jagger C; Cognitive Function and Ageing Studies collaboration. Is late-life dependency increasing or not? A comparison of the Cognitive Function and Ageing Studies (CFAS). Lancet. 2017 Aug 14.  10.1016/S0140-6736(17)31575-1

http://www.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS0140-6736(17)31575-1.pdf

Commentaires de Bernard Pradines.

Les données en matière de dépendance à la fin de la vie sont difficiles à interpréter. L’augmentation du nombre des personnes âgées joue bien sûr un rôle. Améliorer la santé de la population peut laisser entendre que la dépendance recule, en particulier du fait de la prise en compte de la fragilité. Les données attendues en termes d'incidence des démences sont heureusement partiellement démenties. Encore faut-il aussi que les inégalités d'accès aux soins soient réduites, quand il n'est pas question d’impossibilité d'accès aux soins. Surtout, si l'on parvient à mieux maîtriser les pathologies à évolution rapidement mortelle, ne peut-on pas supposer que la phase de dépendance en sera rallongée ? L'objectif implicite d'une "mort de vieillesse" ne peut pas éluder l’éventualité d'un affaiblissement progressif du fait d'une meilleure protection vis-à-vis des facteurs de décompensation brutale.

Publié dans fin de vie

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R
Il semble d'autant plus difficile de pronostiquer le devenir de la population âgée. La préoccupation majeure ne me semble pas les pathologies, mais le dénuement familial qui induit rapidement un isolement et une perte de repères temporels, voire des troubles cognitifs.<br /> <br /> L'alimentation me semble également un facteur important de pathologies.<br /> <br /> Sans compter la démédicalisation en secteur rural.<br /> <br /> L'on sent que les gouvernements ne sont pas du tout dans cette réflexion ...
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B
Oui, R., au contraire, on entend ici ou là tirer à boulets rouges sur la médicalisation. Une erreur historique ...