Lettre ouverte à Madame Jacqueline Jencquel

Publié le par Bernard Pradines

L'interview en question de Madame Jacqueline Jencquel :

Lettre ouverte à Madame Jacqueline Jencquel

Ma réponse en lettre ouverte sur AgeVillage :

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G
merci cher collegue de cette reponse tout à fait circontanciée pleine de mesure témoignant d une experience qui n est plus à démontrer . J abonde dans ce sens , le changement de la loi sur la fin de vie me parait tout à fait inutile ,il me parait plus opportun de faire vivre correctement la loi précédente .Cette petite musique qui tend à faire accepter qu il faille raccourcir la durée de la vie par la loi me fait froid dans le dos !!
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P
Comment regarder Madame (1) s'exprimer en ayant l’assurance d'avoir la bonne disposition d’esprit, donc d’écoute, lorsque l'on est confronté à tant de paradoxes ? <br /> Puisqu'elle convoque l’expérience personnelle, faisons de même.<br /> Je convoque toutes mes années d’expérience auprès de nos vieux (formule choisie) et auprès de cette population en souffrance que j'ai pu nommer les suicidaires ou les suicidants ; les premiers y pensant, les seconds ayant tenté de le pratiquer. Et j'ai beau sonder ma mémoire, je ne retrouve pas cette position paradoxale de Madame qui se traduit par cette joyeuseté suicidaire. Au mieux, j'y pêche le théâtralisme snob qui faisait mettre en scène ces bourgeoises prévenantes, le dos de la main sur le front, annonçant qu'elles allaient s'évanouir.<br /> Alors, avant que Madame ne s’évanouisse pour de bon, avant qu’elle abandonne la course de sa vie pour ses 75 ans, je lui propose de s’interroger sur la motivation, la pulsion de vie, la jouissance et l'énergie libidinale de quelques personnages aux antipodes de sa Comœdia illustré.<br /> Comme je pense à la course de la vie, je pense à Madame Harriette Thompson (27 mars 1923 – 16 octobre 2017), qui, au lieu de se laisser vaincre par quelques cancers — le sien, deux fois ; celui qui fit disparaître son mari, ses trois frères, ses parents — préférait pratiquer le marathon (dans sa 92e année, elle boucle le marathon de San Diego en 7 heures).<br /> Je lui propose aussi de s'interroger autrement au sens de la vie... sans membres ; Madame peut ainsi se pencher dignement sur Monsieur Rob Jones Journey (sans membres inférieurs, donc) qui s’attaqua aux 31 marathons américains en 31 jours.<br /> Et si 75 ans demeure une limite inattaquable, Madame peut s'interroger sur la philosophie qui siège à l'esprit de ces vieux, qui au lieu de mettre en scène leur mort à 75 ans, font des exploits. Tel Monsieur Joseph ENDRIZZI, qui fut champion du 10 000 m à 75 ans ou Monsieur Raymond REVAULT champion de l’heure de marche, à 75 ans.<br /> Bref, au lieu de nous faire marcher — si ce n’est pas le cas , je vous présenterai, Madame, mes plus plates excuses — prenez donc le temps de laisser les autres vivre avec espoir.<br /> <br /> 1 https://news.konbini.com/post/jai-decide-en-janvier-2020-de-mettre-fin-a-mes-jours<br /> <br /> Patrick SUCCINGEAS <br /> PSYCHOLOGUE - <br /> PSYCHOTHÉRAPEUTEComment regarder Madame (1) s'exprimer en ayant l’assurance d'avoir la bonne disposition d’esprit, donc d’écoute, lorsque l'on est confronté à tant de paradoxes ? <br /> Puisqu'elle convoque l’expérience personnelle, faisons de même.<br /> Je convoque toutes mes années d’expérience auprès de nos vieux (formule choisie) et auprès de cette population en souffrance que j'ai pu nommer les suicidaires ou les suicidants ; les premiers y pensant, les seconds ayant tenté de le pratiquer. Et j'ai beau sonder ma mémoire, je ne retrouve pas cette position paradoxale de Madame qui se traduit par cette joyeuseté suicidaire. Au mieux, j'y pêche le théâtralisme snob qui faisait mettre en scène ces bourgeoises prévenantes, le dos de la main sur le front, annonçant qu'elles allaient s'évanouir.<br /> Alors, avant que Madame ne s’évanouisse pour de bon, avant qu’elle abandonne la course de sa vie pour ses 75 ans, je lui propose de s’interroger sur la motivation, la pulsion de vie, la jouissance et l'énergie libidinale de quelques personnages aux antipodes de sa Comœdia illustré.<br /> Comme je pense à la course de la vie, je pense à Madame Harriette Thompson (27 mars 1923 – 16 octobre 2017), qui, au lieu de se laisser vaincre par quelques cancers — le sien, deux fois ; celui qui fit disparaître son mari, ses trois frères, ses parents — préférait pratiquer le marathon (dans sa 92e année, elle boucle le marathon de San Diego en 7 heures).<br /> Je lui propose aussi de s'interroger autrement au sens de la vie... sans membres ; Madame peut ainsi se pencher dignement sur Monsieur Rob Jones Journey (sans membres inférieurs, donc) qui s’attaqua aux 31 marathons américains en 31 jours.<br /> Et si 75 ans demeure une limite inattaquable, Madame peut s'interroger sur la philosophie qui siège à l'esprit de ces vieux, qui au lieu de mettre en scène leur mort à 75 ans, font des exploits. Tel Monsieur Joseph ENDRIZZI, qui fut champion du 10 000 m à 75 ans ou Monsieur Raymond REVAULT champion de l’heure de marche, à 75 ans.<br /> Bref, au lieu de nous faire marcher — si ce n’est pas le cas , je vous présenterai, Madame, mes plus plates excuses — prenez donc le temps de laisser les autres vivre avec espoir.<br /> <br /> 1 https://news.konbini.com/post/jai-decide-en-janvier-2020-de-mettre-fin-a-mes-jours<br /> <br /> Patrick SUCCINGEAS <br /> PSYCHOLOGUE - <br /> PSYCHOTHÉRAPEUTE
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