Se sentir en forme mais être contaminé et contaminant, c’est possible

Publié le par Louis Lacaze

Se sentir en forme mais être contaminé et contaminant, c’est possible

Les chercheurs estiment que 25% des personnes contaminées par le covid-19 peuvent être asymptomatiques. Comme elles sont dynamiques, mobiles, qu’elles n’ont aucune raison d’éviter de se retrouver dans un groupe, que personne ne les croit atteintes, elles sont particulièrement contaminantes.

Les exemples sont nombreux. On cite un chinois qui visite une famille de cinq personnes qui toutes se retrouvent contaminées alors qu’il ne tombe jamais malade. Parmi les 126 passagers allemands rapatriés de Wuhan, dix ont été isolés car ils se considéraient à risque. Huit ont été testés négatifs, deux positifs qui ont été mis sous surveillance mais n’ont jamais eu de fièvre et n’ont souffert que d’un léger mal de gorge. 18% des passagers du Diamond Princess qui ont été testés positifs n’ont montré aucun signe de la maladie.

 

Le virus SARS-CoV-1, de la même famille, n’était pas transmissible tant que les contaminés ne présentaient aucun signe de la maladie. Le SARS-CoV-2 semble se transmettre comme la grippe sous forme de gouttelettes ou d’aérosols de moins de cinq microns en respirant, au cours d’une simple conversation. Une toux, un éternuement peut le propulser jusqu’à 28 mètres. Ce mode de transmission explique la progression foudroyante de la maladie.

 

Tester l’ensemble de la population pour isoler les contaminés serait irréaliste compte tenu du manque de masques et de l’insuffisance des moyens de dépistage. Diminuer le risque passe par le maintien d’une distance de sécurité entre les personnes, le port systématique d’un masque dans tous les lieux recevant du public en particulier les supermarchés.

 

Nos décideurs ont longtemps hésité avant de recommander leur port et leur fabrication et importation. Le New-York Times propose une explication : les français, très individualistes, auraient douté de son efficacité, les auraient jugés inconfortables ; ils ne peuvent changer d’avis que devant une situation particulièrement critique pour veiller à leur sécurité personnelle tandis que les asiatiques qui portent le masque en masse pensent avant tout à protéger l’ensemble de la population.

 

Commentaires de Bernard Pradines : ces données pourraient fournir des arguments en faveur de la modélisation pessimiste dont nous avons fait état le 8 mai 2020.

Sources :

Publié dans Covid-19, prévention

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