Réticences devant le vaccin : comment convaincre et ne pas contraindre

Publié le par Louis Lacaze

Réticences devant le vaccin : comment convaincre et ne pas contraindre

Après avoir constaté que dans les établissements d’accueil des personne âgées le pourcentage des résidents vaccinés était supérieur à celui du personnel, des gériatres américains ont organisé des visioconférences visant à vaincre les résistances éventuelles.

Le nombre de participants à ces rencontres à distance, diffusées par Zoom, ne dépasse pas dix pour que les participants puissent poser toutes leurs questions. Aucune sélection n’est appliquée à l’inscription, les orateurs chevronnés sont les bienvenus, qu’ils soient pro ou anti vaccins : ils offrent une garantie de bonne écoute. Il n’y a pas de projections Powerpoint, l’échange démarre immédiatement par les questions, chacun exposant ses inquiétudes. Les justifications se répètent : « je l’ai entendu dire », « j’ai lu que », « un ami m’a mis au courant », « le Livre des Révélations dit que si je me fais vacciner je serai damné ».

En premier lieu, les animateurs assurent que les inquiétudes exposées sont logiques, que le but de la réunion n’est pas de convaincre les participants de se faire vacciner mais d’apporter une information solide qui aidera chacun à prendre sa décision en connaissance de cause. La technique du dialogue est bien rodée : une phrase à éviter dans une réponse : « pourquoi croyez-vous que le vaccin de Pfizer rende stérile » ? Elle est remplacée par : « je comprends que toutes les femmes en âge de procréer aient paniqué quand elles ont entendu parler de ce risque, moi aussi j’ai paniqué. J’ai fait des recherches, et si j’avais trouvé cet effet adverse, je refuserais le vaccin. Mais j’ai compris qu’il ne touchait pas à l’ADN et ne pouvait pas le modifier ». Personnaliser le discours en citant son cas personnel, celui d’un proche ou d’un membre de sa famille est un puissant moyen de retenir l’attention. 

Comme beaucoup de participants ne connaissent pas le mode d’action des vaccins, il s’agit de mettre à leur disposition une feuille de route mettant à leur portée une recherche sérieuse. Les résultats des surveillances de la pharmacovigilance permettent de désamorcer les inquiétudes quand elles révèlent par exemple qu’on ne rencontre qu’un cas de thrombose pour 158 000 vaccinés avec le vaccin AstraZeneca*, risque bien mince comparé à la protection apportée.

Une forte motivation à agir pour le bien des résidents en leur apportant un maximum de sécurité caractérise une grande majorité du personnel. La prendre en compte doit permettre d’éviter une vaccination obligatoire, vivement déconseillée. Les mesures coercitives ne créent pas un climat de confiance mais de méfiance qui peut se révéler contagieuse. L’image de la catégorie du personnel concernée se retrouverait détériorée. Pourquoi ne pas remplacer la contrainte par des messages valorisants, comme un T-shirt avec l’inscription « Je suis vacciné, je vous protège ? ».

Commentaires de Bernard Pradines : ceci dit, il serait important que les soignants soient au fait de la détection précoce et des traitements de ces effets indésirables rares mais somme toute redoutables. Voir au jour du 29 mars 2021 : https://free-geriatrics.overblog.com/2021/03/references-notables-de-bibliographie-sur-la-covid-19.html

* France, avril 2021 ANSM 20210326, lien ci-dessous.

Source :

Publié dans Covid-19

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R. 02/04/2021 15:24

Aucune date de vaccination disponible à Aix en Provence. Restons motivés et croyants ...