Refuser un vaccin ne relève pas d’un manque de connaissances mais de convictions plus profondément ancrées

Publié le par Louis Lacaze

Refuser un vaccin ne relève pas d’un manque de connaissances mais de convictions plus profondément ancrées
Refuser un vaccin ne relève pas d’un manque de connaissances mais de convictions plus profondément ancrées

USA : si pendant des années les scientifiques ont pensé qu’il suffisait de démontrer l’exactitude d’une affirmation pour la faire accepter, il leur a bien fallu accepter qu’une frange importante de la population continuait à refuser le vaccin contre le covid-19.

Des travaux récents dans le domaine de la psychologie suggèrent que pour expliquer les attitudes de refus, on doit explorer les convictions les plus profondément ancrées des individus. Des profils particuliers ont pu être définis. Certains veillent à protéger la « pureté » de leur corps, soit par des convictions religieuses -règles morales, nourriture halal ou kasher – soit pour des motifs profanes comme la phobie des polluants dans la nourriture et l’environnement. L’éventualité de recevoir une substance étrangère telle qu’un vaccin sera rejetée.

Une personne qui souffre de devoir constamment se soumettre à une autorité tirera parti de l’occasion fournie de s’affirmer en se singularisant, personne ne devant lui imposer ce qu’elle doit faire. Les éternels déçus des gouvernements, de la politique, de la médecine vont voir dans le vaccin une tentative de manipulation des masses et la défense des intérêts des laboratoires.

On peut penser qu’une partie des hésitants - environ 7% - finira par accepter le vaccin, mais le pourcentage des réfractaires convaincus reste à peu près stable (24%). L’immunité de groupe risque-t-elle d’être compromise ? La question peut se poser.

Commentaires de Bernard Pradines : cet article a le mérite d’envisager des avenues explicatives qui sont d’ordre sociétal. L’analogie est frappante avec la situation française. Seul le poids respectif des causes supposées peut sembler a priori différent. En effet, le débat ne tourne pas, aux USA et ici, qu’autour des mérites et inconvénients de la vaccination. Des considérations d’ordre idéologique interviennent aussi, qu’elles concernent la religion, la vie en collectivité ou la perception de l’autonomie individuelle. Ce dernier aspect revêt certainement une importance majeure, y compris en France. D’aucuns croient ainsi pouvoir combattre le capitalisme. Ainsi, la dimension de défiance dans la parole publique peut trouver ses racines dans la politique, les inégalités sociales, la hiérarchie verticale des entreprises ou la publicité mensongère.

Toutefois, il convient à mon avis de ne pas éluder l’aspect de fond. De ce fait, toute la vérité connue doit être publiée quant à l’efficacité mais aussi aux effets adverses observés avec les vaccins anti-covid-19.

Croire qu’un message simple est le seul valable est à mon sens une erreur. Exemple : « la vaccination est la seule arme efficace ». Ce propos pourrait être avantageusement remplacé par : « la vaccination est une arme indispensable en complément des mesures barrières. »

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Publié dans Covid-19, vaccination

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