Ô doux sommeil ! Comment t'ai-je effrayé, que tu n'alourdisses plus mes paupières ?
Qui ne rêve pas de connaître un sommeil profond, réparateur, exempt de rappels des soucis balayés sous le tapis la journée et qui reviennent à la surface la nuit ? Pour une personne âgée sur deux, les médecins entendent les plaintes les plus diverses.
Pour les spécialistes du sommeil invités par Geripal, prescrire un médicament équivaut à appliquer un pansement mais ne s’attaque pas aux causes. Une enquête s’impose. Elle peut faire suite à des déclarations comme « je ne dors jamais ». Ou bien : « je n’ai pas de problème, c’est ma femme qui m’a dit de venir ». La personne éprouve-t-elle des difficultés pour s’endormir ? Se réveille-t-elle souvent ? Dort-elle dans la journée ? Quelle est son activité physique ? Son alimentation ? Des boissons abondantes sont-elles absorbées après 17 heures ? Effectue-t-elle des passages fréquents aux toilettes ? Des médicaments diurétiques sont-ils absorbés l’après-midi ou le soir ? Des ronflements ou des interruptions des cycles respiratoires sont-ils perçus par l’entourage ? Un syndrome d’apnée du sommeil (SAS) est-il non diagnostiqué ? Un syndrome des jambes sans repos est-il présent ? La recherche d’une présence éventuelle de dépression et/ou d’anxiété s’impose. En France les recommandations de la Haute Autorité en Santé (HAS) aideront cette démarche [1].
Certains médicaments parfois prescrits sont formellement déconseillés dans la lutte contre l’insomnie.
Les personnes âgées souffrent souvent d’insomnie depuis des années, penser qu’on va les soulager en un tour de main serait irréaliste. D’où l’intérêt porté à la thérapie cognitivo-comportementale pour l'insomnie qui se montre efficace auprès de 70 à 80% des insomniaques même si les premiers résultats peuvent n’apparaître qu’au bout de 2 ou 3 semaines. Les programmes accessibles par l‘informatique peuvent remplacer ou prendre le relais de l’encadrement par un spécialiste, pas toujours disponible. Les techniques enseignées portent sur la relaxation, la détente musculaire, la respiration, la découverte de différentes sensations corporelles : pesanteur, chaleur, détente.
Dans l’immédiat on peut retenir quelques éléments-clés : suivre un programme stable de sommeil en adoptant une fin de journée sans ordinateur ni smartphone, en choisissant une activité délassante. Ne pas rester couché si le sommeil tarde à venir mais se lever et se trouver une occupation tranquille.
Négliger l’insomnie, même si elle n’est pas chronique, serait une erreur. Elle augmente le risque de troubles de la santé mentale, d’hypertension, d’obésité, de mortalité toutes causes confondues.
Commentaires de Bernard Pradines. Pouvoir dormir est le premier objectif dans la lutte contre la douleur. Si les auteurs sont en droit de recommander des thérapies comportementales et de se montrer très réticents à l’usage des médicaments hypnotiques (somnifères), leur optimisme quant à l’accès à un spécialiste du sommeil doit être mitigé, au moins dans la France actuelle. L’anxiété étant souvent inductrice d’insomnie, la tentation d’utilisation de médicaments anxiolytiques est grande [2]. Les somnifères les plus habituels possèdent des propriétés indésirables pour le but recherché : troubles de la mémoire, de la vigilance et relâchement musculaire sont susceptibles d’entraîner des chutes. Sans parler des risques de dépendance à long terme. Leur usage doit donc être strictement réservé à des indications précises et doit être limité dans le temps [3]. Leur arrêt doit obéir à des règles [4].
Référence :
Sleep problems and Insomnia in Serious Illness: A Podcast with Cathy Alessi and Brienne Miner
On today's podcast we talk with two sleep experts, Cathy Alessi and Brienne Miner, about a better approach to sleep problems and insomnia.
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