Quel avenir pour la gériatrie ?
Pourquoi avoir choisi de devenir gériatre ? Certainement pas pour avoir des hauts revenus, se situer dans une branche prestigieuse de la médecine. Peut-être avez-vous eu des relations de grande qualité avec des personnes âgées de votre famille, puis vous avez enchainé avec des visites dans les EHPAD et apprécié la compagnie des seniors ?
L’insuffisance du nombre de gériatres vous inquiète ? On répète la même chose depuis 20 ans et on ne fait pas grand-chose pour y remédier. Réagissons, montrons à quel point la gériatrie peut se révéler amusante, précieuse, gratifiante, qu’un gériatre ne regrette jamais d‘avoir choisi cette spécialité où il existe entre nous une proximité, un esprit de corps différent de ce qu’on peut trouver dans les autres spécialités. Nous devons reconnaitre que nous ne sommes pas très doués pour faire notre auto-publicité, nous ne vantons pas nos mérites mais nous devons démontrer à nos confrères des autres spécialités qu’ils ont besoin de nous. Les chirurgiens orthopédiques, les rhumatologues, sont les premiers à reconnaitre notre importance.
En guise de conclusion, une citation du Dr Rebecca Ellen parait de circonstance : « Si vous souhaitez servir les patients les plus intéressants intellectuellement, si vous souhaitez renforcer vos communautés en étant une ressource pour les aînés et les membres de leur famille dont les besoins ne sont pas satisfaits par le système de soins traditionnel, si vous souhaitez former des relations solides avec vos patients, leurs familles et vos communautés, si vous souhaitez faire partie de la solution à la réforme de notre système de santé brisé, alors et seulement alors, choisissez la gériatrie ».
Commentaires de Bernard Pradines. Ce texte de novembre 2023, très américain, francisé seulement pour le terme "EHPAD", recèle des parts communes aux USA et à la France. Les gériatres exercent en France dans des établissements de soins, éventuellement dans des consultations et des équipes mobiles qui en relèvent, enfin dans des établissements médico-sociaux tels que les EHPAD. Ils représentent une spécialité nouvelle, encore mal définie aux yeux du public. Elle partage avec la médecine dite interne le fait de ne pas se centrer sur un organe ou sur un système donné : respiratoire, cardiovasculaire, ostéo-articulaire, etc. Les gériatres n’ont pas d’activité chirurgicale. Comme d’autres médecins, souvent davantage, ils s’intéressent au contexte environnemental, humain et matériel, aux effets de l’âge, des maladies et des thérapeutiques chez la personne âgée. La complexité est toujours au rendez-vous en dehors des cas évidents qui sont peu fréquents. L’article ci-dessus pointe les chirurgiens orthopédiques et les rhumatologues comme demandeurs d’avis gériatrique. En fait, en France, on assiste à un développement rapide de participation à d’autres spécialités telles que la cancérologie, l’anesthésiologie, les urgences, la neurologie… L’avenir souhaitable repose en grande partie sur des avis pluridisciplinaires. Sans parler de la prévention. Le nombre des personnes âgées étant promis à une augmentation significative au cours des années à venir, nul doute que la gériatrie sera de plus en plus sollicitée ; dans la mesure du nombre et de la disponibilité des gériatres.
Référence :
Ryan Chippendale, Jerry Gurwitz , Mike Harper professeurs de gériatrie invités de Geripal animé par Alex Smith MD et Eric Widera MD The Future of Geriatrics: A Podcast with Jerry Gurwitz, Ryan Chippendale, and Mike Harper
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