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Placebo non dissimulé : efficacité ?

Publié le par Bernard Pradines

Je suis longtemps demeuré perplexe devant le placebo considéré comme inefficace quand il est comparé à un traitement antalgique réputé actif.

En effet, le placebo sert de référence pour évaluer l’efficacité ou l’inefficacité d’une substance dite active. Or, après l’avoir longtemps supposé, chacun sait désormais que le placebo possède une action, en particulier dans domaine de la douleur (Vase et al, 2015). Déjà en 2010, Kaptchuk (Kaptchuk et al, 2010) avait mis en évidence une action favorable du placebo non dissimulé chez des patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable.

Par ailleurs, les médicaments antalgiques comportent une part d’effet placebo dans leur action thérapeutique. Cet aspect n’est pas suffisamment exploité dans la relation thérapeutique ; il n’est pas rare qu’un patient ne connaisse pas les propriétés antalgiques du médicament prescrit.

Une étude venue du Portugal vient encore bousculer les préjugés et jeter un peu plus de lumière sur cette situation (Carvalho et al, 2016).

Les auteurs ont étudié la réponse antalgique au traitement habituel et celle obtenue sous placebo pendant trois semaines, les 83 patients souffrant de lombalgies chroniques étant informés qu’il s’agissait d’un placebo. Ces patients consentants avaient été tirés au hasard et les résultats de l’évaluation de la douleur et de l’incapacité ont été comparés à ceux de la série témoin sans placebo.

Les résultats sont instructifs :

Le groupe sous traitement sans placebo a vu sa douleur réduite de 9 % pour la douleur habituelle et de 16 % pour la douleur maximale. Mais le groupe sous placebo déclarait une réduction de 30 % pour ces deux évaluations. Mieux, ce dernier groupe déclarait une réduction de l’incapacité motrice dans 29 % des cas, ce qui n’était jamais le cas dans la série témoin.

Les explications avancées par Carvalho dans une interview au New York Times : la relation empathique et de confiance entre le médecin et le malade, les rituels médicaux qui accompagnent la rencontre thérapeutique, les attentes positives et l’espoir d’aller mieux (Bakalar, 2016).

Références

Vase L, Vollert J, Finnerup NB, Miao X, Atkinson G, Marshall S, Nemeth R, Lange B, Liss C, Price DD, Maier C, Jensen TS, Segerdahl M. Predictors of the placebo analgesia response in randomized controlled trials of chronic pain: a meta-analysis of the individual data from nine industrially sponsored trials. Pain. 2015 Sep;156(9):1795-802.

Kaptchuk TJ, Friedlander E, Kelley JM, Sanchez MN, Kokkotou E, Singer JP, Kowalczykowski M, Miller FG, Kirsch I, Lembo AJ. Placebos without deception: a randomized controlled trial in irritable bowel syndrome. PLoS One. 2010 Dec 22;5(12):e15591.

Carvalho C, Caetano JM, Cunha L, Rebouta P, Kaptchuk TJ, Kirsch I. Open-label placebo treatment in chronic low back pain: a randomized controlled trial. Pain. 2016 Oct 13.

Bakalar N (2016) :

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Le coût des technologies, non l’espérance de vie, explique l’augmentation des dépenses de santé

Publié le par Louis Lacaze

Le coût des technologies, non l’espérance de vie, explique l’augmentation des dépenses de santé

On pourrait croire que l’allongement de l’espérance de vie entrainerait l’augmentation des dépenses de santé. Des études récentes donnent à réfléchir sur la situation aux USA.

Il est traditionnellement admis qu’une comparaison  des dépenses en fonction de l’âge des populations montre que, par rapport à une tranche âgée de 19 à 65 ans, la dépense est multipliée par 2 pour la tranche de 65 à 74 ans, par 4 pour les personnes âgées de 75 à 84 ans  et par 6 pour ceux qui ont 85 ans et plus.

Une approche différente a pu montrer que les dépenses de santé n’augmentaient que de 30% pour la tranche de 65 à 80 ans, tandis que les frais d’hospitalisation portaient à 1000% les dépenses accompagnant les cinq dernières années de vie.

Ces chiffres peuvent  impressionner si on prend en considération leur valeur relative mais ils le sont beaucoup moins si on ne retient que leur valeur absolue : il n’est pas tout à fait exceptionnel de rencontrer une personne de 65 ans qui n’a que très rarement rencontré un médecin, un opticien ou un dentiste. Elle n’aura coûté à la communauté que quelques centaines d’euros pendant des dizaines d’années. Par contre si par la suite un court séjour à l’hôpital s’impose, le pourcentage relatif des dépenses augmentera vertigineusement alors que la dépense effective n’aura rien d’exorbitant en valeur absolue.

Vivre plus longtemps n’entrainerait donc pas une augmentation des dépenses exagérée puisque une majorité de seniors de plus de 85 ans sont toujours actifs et en relative bonne santé. Les maladies cardiaques, le cancer du côlon, les fractures de la hanche voient leur fréquence diminuée.  Seules les cinq dernières années présentent un coût élevé causé par des technologies de plus en plus élaborées – et coûteuses. Retarder leur apparition ne représente pas une charge insurmontable pour la société.

Source :

Publié dans fin de vie, politique

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