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Qualité de vie des résidents d’EHPAD - Pistes de recherche

Publié le par Louis Lacaze

Image issue de : https://angers.maville.com/actu/actudet_-les-mauges.-a-geste-la-vision-d-un-ehpad-de-demain_dep-4480926_actu.Htm

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De multiples rapports sur le fonctionnement des EHPAD se sont succédés depuis des dizaines d’années pour finir oubliés dans des chemises cartonnées puis dans les mémoires d’ordinateurs. Un rapport de 605 pages publié en 2022 aux États-Unis reprend des thèmes abordés précédemment dans un rapport majeur de 1986.

Ces établissements, équivalents à nos EHPAD, accueillent une partie importante de la population et devraient obéir à des critères de responsabilité publique aussi bien sociale que financière, ainsi que de transparence. Donc se retrouver sous le contrôle vigilant des autorités, des organismes de santé, des résidents et de leurs familles. Ceci en gardant toujours à l’esprit qu’une chambre en EHPAD est devenue le domicile privé du résident et doit répondre à des exigences différentes d’une chambre d’hôtel ou d’hôpital.

Ce point acquis, l’obstacle majeur reste le manque de personnel et un degré de qualification insuffisant. La solution passe par une augmentation conséquente des salaires, seul moyen d’attirer des candidatures. La transparence entre ici en jeu. Si la population voit où passe l’argent, en frais de personnel, d’hébergement, de restauration, il sera ensuite plus facile de placer les décideurs politiques en face de leurs responsabilités.

Enfin un point à ne pas négliger sera la prise en compte des progrès techniques dans le domaine du bâtiment et de l’aménagement interne des lieux d’accueil. Les locaux auront un caractère plus convivial, pourront simplifier et alléger la masse de travail du personnel. L’idée maîtresse étant toujours de viser une qualité de vie des résidents au moins identique à celle de leur résidence d’origine.

Commentaires de Bernard Pradines. Un débat dont les USA sont loin d’être les seuls détenteurs. Les rapports se succèdent aussi en France dans une période d’aggravation des conditions d’hébergement liées essentiellement à un manque quantitatif et qualitatif en personnels conjugué à la démographie galopante du grand âge. Ajoutons-y un retard à envisager l’attractivité des métiers du grand âge dans le cadre de politiques dont on se demande qui a bien pu les imaginer. Un seul exemple : la suppression continue des Unités de Soins de Longue Durée. Ainsi est prévue en conséquence une médicalisation accrue des EHPAD pour accueillir des patients hébergés traditionnellement dans ces unités. La seule question de bon sens est la suivante : comment s’y prendre actuellement dans l’état déjà préoccupant de la démographie médicale ?

Référence :

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Prévention de la démence

Publié le par Louis Lacaze

Prévention de la démence

La population française de plus de 50 ans va doubler d’ici 2060 avec son cortège de cas de démences qui suivra cette augmentation. L’échec retentissant des médicaments censés apporter une solution curative efficace, aux États-Unis comme en France, a conduit à se détourner de Big Pharma pour emboîter le pas à des chercheurs d’origines différentes, européenne en particulier, qui ont consacré leurs travaux à la prévention.

Le Docteur Kristine Yaffe, invitée de Geripal, cite huit facteurs de risque majeurs liés à la démence : le diabète, l’hypertension, des médicaments à risque (anticholinergiques, benzodiazépines), une activité physique insuffisante, la dépression, un sommeil de mauvaise qualité, la solitude, un traumatisme impliquant le cerveau. Pragmatique, elle n’ajoute pas le tabac, ceux qui fument toujours à 70 ans et plus n’étant pas susceptibles d’interrompre leur consommation. Et naturellement l’âge, risque majeur « non modifiable ». Une commission créée par The Lancet a allongé la liste avec l’alcool, la pollution de l’air, le déficit auditif qui altère les neurones, isole l’individu tout comme les troubles de la vision, entraînant la solitude.

Une équipe de chercheurs dirigée par Christine Yaffe a suivi un groupe témoin composé de personnes présentant au moins deux risques de démence qui a conservé son mode de vie et son suivi médical habituel et un second groupe qui a choisi diverses modifications de son mode de vie : exercice physique, stimulation cognitive, exercices de mémoire. Au terme de l’étude d’une durée de deux ans, les aptitudes de ce groupe étaient largement supérieures à celles du groupe témoin. Kristine Yaffe a pu noter que ceux qui sont actifs intellectuellement et physiquement présentent un déficit cognitif moins marqué que les inactifs présentant un taux identique de protéine béta-amyloïde dans leur cerveau.

Le mécanisme de cette suppression de risques reste mystérieux, Peut-on parler d’une mise en place d’un garde-fou protégeant de la démence ? Pour combien de temps ? Un traitement des risques majeurs qui ne conduirait qu’à un très faible pourcentage de résultats positifs représenterait, vu le nombre de cas, une énorme amélioration au niveau des individus, des familles et de l’économie du pays. Se retrouver dément à 90 ans au lieu de 80 représente une belle différence. A l’échelle mondiale de 80 à 90% des problèmes liés à la vision pourraient être supprimés par un diagnostic et un traitement précoces, d’où un certain nombre de cas de démence en moins.

On ne peut pas faire grand-chose contre le facteur d’hérédité et l’âge mais une éducation du public l’incitant à modifier son mode vie très tôt dans l’existence conduit déjà à des résultats non négligeables dans les pays riches. Si les cas de démence augmentent en chiffre absolu, leur incidence baisse de 13% tous les 10 ans depuis 25 ans. A tous les patients qui lui demandent comment se protéger le Dr Christine Yaffe répond « Soignez votre cœur, surveillez votre tension, votre diabète. Bougez, faites du vélo et n’oubliez pas votre casque ».

Commentaires de Bernard Pradines. Nous sommes bien ici dans le pragmatisme qui fait l’impasse sur un facteur difficile ou impossible à corriger, surtout au grand âge : la réserve cognitive liée essentiellement au niveau d’éducation acquis dès le début de la vie. Idem pour les niveaux socio-économiques qui jouent aussi leur rôle. Le risque lié à l’hérédité, cité en conclusion, a été longtemps sous-estimé car inconstant au niveau individuel.

Références :

Accès payant :

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