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Geripal se penche sur l’intelligence artificielle    

Publié le par Louis Lacaze

Image issue de : https://www.linkedin.com/in/charlotta-lindvall-a93a34174/

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Les animateurs de Geripal ont demandé à Open AI GPT quelles questions ils devraient poser à leurs invités à un podcast sur la place de l’intelligence artificielle dans le domaine des soins palliatifs. Chat GPT a répondu qu’ils pourraient leur demander comment l’intelligence artificielle pouvait les aider à identifier les patients susceptibles de recevoir des soins palliatifs, dans les prises de décision, le soutien de la qualité de vie et de la dignité des patients. Qui inviter ? Les animateurs ont suggéré le Dr Charlotta Lindwall, un excellent choix confirma l’intelligence artificielle au vu ses nombreuses publications sur le sujet.

Les invités ont pu avoir des réactions diverses sur la nature de l’intelligence artificielle à partir de la définition suivante : il s’agit d’un instrument qui peut effectuer des tâches habituellement réalisées par l’homme mais qui peut être créatif et dialoguer avec lui, faire des choses qui n’avaient pas été programmées. Pour un participant il n’y a pas de quoi s’extasier : à partir d’un nombre défini de téraoctets de données il va essayer de prédire le prochain mot le plus probable. C’est peut-être l’intelligence d’un bébé mais elle évolue à une vitesse vertigineuse.

L’intelligence artificielle peut apporter au gériatre un gain de temps dans la collecte d’informations, des enregistrements audios, la prise de notes cliniques. Les soins aux personnes âgées étant souvent très complexes, elle peut prendre en compte cette complexité et fournir certaines indications. Des inquiétudes se sont manifestées : le gain de temps va-t-il en trainer une durée des consultations plus courte, des rendez-vous de cinq minutes ?

Les seniors peuvent déjà être accompagnés de chiens et chats robots. Qu’ils soient un jour accompagnés par une intelligence artificielle va soulever des problèmes éthiques. Que penser de cette surveillance ? Utiliser l’intelligence artificielle pour trier, gérer les ressources, limiter les soins va exiger un cadre très précis pour que les informations soient exploitables.

Que penser des nouveaux médecins constamment accompagnés de leur ordinateur qui n’ont pas l’impression qu’ils doivent comprendre la cause de tel ou tel phénomène s’il existe dans leurs fichiers une référence valable ? C’est bien cette attitude qui a conduit à l’intelligence artificielle médicale qui n’exige pas le même niveau de transparence et risque de s’accommoder d’une certaine opacité. Que nous réserve-t-elle à l’avenir ? Les prochaines étapes sont à la fois passionnantes, effrayantes et très difficiles à prévoir au stade actuel.

Commentaires de Bernard Pradines. Des inquiétudes justifiées se font jour à l’occasion de la prochaine utilisation d’une technologie se rajoutant aux autres, vécue comme une nouvelle déshumanisation du soin. Intéressant que ce texte cite le risque de consultation très courte alors que l’on aurait attendu au contraire la possibilité d’entretien plus long pour ne pas dire moins expéditif. Comme toujours, le médecin devra garder la main sur la technique en la situant toujours dans la relation avec le patient, au-delà de l’efficacité diagnostique ou thérapeutique.

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Betty Ferrell, pionnière des soins palliatifs

Publié le par Louis Lacaze

Image issue de : https://dailynews.ascopubs.org/do/dr-betty-r-ferrell-advocates-palliative-care-integration-walther-award-lecture

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Invitée de Geripal, Betty Ferrell, infirmière de 47 ans d’expérience, retrace son long chemin professionnel qui va de l’introduction des soins palliatifs à la création de LNEC (Consortium de formation en soins infirmiers en fin de vie) actif dans plus de 180 pays 

Betty Ferrell se souvient qu’au début de sa carrière l’expression « soins palliatifs » n’existait pas et que les infirmières étaient désarmées face à la douleur des patients alors qu’elles sont les premières personnes à la constater et les plus susceptibles d’accompagner les patients au moment de leur décès. A la tête d’un petit groupe, elle a passé en revue les principaux manuels de formation des infirmières pour constater que le seul sujet abordé était : « comment annoncer de mauvaises nouvelles ». Or comment peut-on réussir à communiquer dans les dernières heures avec les patients, les familles sans posséder de bonnes compétences dans ce domaine ?

Créer une formation destinée aux infirmières dans ce nouveau domaine appelé soins palliatifs exigeait la recherche d’un financement qui fut longtemps un échec avec des arguments dans le style suivant : « les infirmières savent déjà tout ça, les infirmières n’ont pas besoin de savoir ça ». L’obstination finit par payer et une maigre subvention a permis de donner cinq cours très suivis pendant trois ans qui ont permis d’affiner le concept du consortium LNEC qui se consacre à la formation de formateurs qui à leur tour s’adresseront à un public qui ne se cantonne pas aux infirmières.

Les cours en présentiel durent deux jours complets de formation, des milliers de personnes suivent des cours en ligne, toutes ont accès aux nombreuses ressources techniques, pédagogiques disponibles en permanence et à un bulletin trimestriel. LNEC et aussi accessible par téléphone et par mail.

Betty Ferrell est fière de son bilan et juge très gratifiant son succès à l’international. Les chiffres sont régulièrement mis à jour : LNEC est actuellement présent dans 114 pays et a formé 48 000 formateurs qui ont de leur côté formé plus de 1 500 000 personnes

Commentaires de Bernard Pradines. Ce texte américain, très positif et volontariste comme souvent, évoque le problème du développement des soins palliatifs qui nécessite la formation massive des soignants….

Commentaires de Marie- Christine Montandon, ancien cadre de santé. Oui, il faudrait une formation massive des soignants, à commencer par les médecins qui prescrivent. Même dans les services dits actifs, une culture palliative serait indispensable afin de prodiguer des soins adaptés et proportionnés, et ne pas considérer l'arrêt de traitement comme un échec.
Par ailleurs, on peut constater que tous les médecins n'ont pas les mêmes compétences en terme de traitements pour la douleur ou la souffrance psychique. Certains sont frileux pour prescrire certaines molécules.
La présence d'infirmières ayant un DU en soins palliatifs ou en éthique est un plus dans les services et dans les Ehpad, même si elles se heurtent souvent aux réticences des médecins traitants et ce, lorsqu'ils se considèrent comme seuls détenteurs du savoir.

Publié dans éthique, soins palliatifs

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