Mourir avec ou mourir de ?
Voilà bien la question. Il est difficile d'affirmer désormais qu'une personne âgée est décédée d'une maladie précise. Si l’on considère les personnes relativement jeunes et souffrant d'une pathologie cancéreuse ou cardiovasculaire létale isolée, il est encore possible d'être péremptoire. Sinon, le certificat de décès est devenu un confetti bleu dans lequel j'ai toujours eu un mal fou à caser les facteurs contributifs du décès. Autant dire que le modèle de Bouchon, ceux de la cascade ou plus trivialement du « château de cartes » ont de beaux jours devant eux. Autrefois naturelle, la cause de la mort est devenue un multiple casse-tête polypathologique, voire thérapeutique. Le modèle de Bouchon est malgré tout le plus opérant et surtout le plus pédagogique envers des familles et des proches qui ne se satisfont plus d’une explication sommaire : il faudra alors détailler le vieillissement, les pathologies chroniques et les facteurs précipitants (dits aussi « de décompensation ») qui doivent désormais être décrits point par point.