Personne de confiance et directives anticipées
Dans le but d’encourager l’autonomie des patients, le législateur a institué en 2002 et 2005 en France la « personne de confiance » et les « directives anticipées ». Force est de constater les réticences évidentes de nos concitoyens à s’emparer de ces possibilités. Très peu y ont souscrit. Pourquoi ?
Tout d’abord pour des raisons culturelles : les habitudes sont de faire confiance aux médecins et à la famille du malade lorsque ce dernier ne pourra plus s’exprimer. De plus, les situations envisageables sont très variées et il est impossible de les prévoir toutes. Ensuite, l’idée d’envisager sa propre fin est déplaisante : on préfère ne pas regarder cette éventualité. Par ailleurs, les lois instituant ces possibilités sont complexes et peu connues, y compris de la plupart des professionnels de santé et des administrations responsables. A peine émergent sur Internet des formulaires d’aide à la rédaction des directives anticipées (par exemple : http://tinyurl.com/ch4bn4x).
Enfin, une sorte de « forcing » est en train de s’instituer : au nom de la liberté du patient, il lui serait fortement suggéré (par exemple avant une intervention chirurgicale), voire imposé, de rédiger des directives anticipées ou de désigner une personne de confiance. En conclusion, il convient à mon avis de faire connaître largement ces possibilités légales mais ne pas vouloir exiger des mesures qui ne sont pas souhaitées par les malades.