Soyons compréhensifs envers les riches
Il est aisé de comprendre le malaise de Madame la secrétaire d'Etat aux personnes âgées lors de la déclaration de son patrimoine.
Dans un pays où les retraites demeurent pour beaucoup indigentes, frappé par le chômage de masse, et, pour faire court, le développement de l'aide pour des besoins élémentaires du type "restaurants du cœur", on peut ressentir une légère culpabilité lors d'un tel énoncé. Cette mauvaise conscience de ceux qui ont beaucoup est un bon signe et devrait témoigner d’une société résolue à changer. Une société qui serait vraiment décidée à mettre un terme à ses inégalités incroyables et injustifiées : quand les uns ne savent pas quoi faire de leurs revenus, d’autres peinent pour se nourrir, se vêtir, se chauffer, se déplacer ou se loger décemment. Chacun sait qu’une bonne santé ne peut pas être dissociée, au moins au plan du nombre, des conditions socio-économiques quand elles sont précaires.
Comprenons aussi le malaise de nombreux parlementaires : quand élirons-nous une assemblée sociologiquement représentative ?