Verticalité
Il est de bon ton de vanter le maintien de la verticalité jusqu’au bout de la vie. Cette intention est louable car les humains se caractérisent, entre autres, par cette propriété qui les distingue de la plupart des animaux. De plus, le fait de rester immobile, assis ou couché, a fortiori grabataire, renvoie une image de déchéance, voire de mort. Combien de familles, outrées, constatent que l’on « a couché ou laissé au lit notre papa » alors qu’on souhaitait le voir debout, en fait le plus souvent assis, en arrivant dans l’institution d’hébergement et de soins !
Pourtant, cette requête revêt souvent un caractère utopique qui ne correspond pas à l’état et au désir de la personne concernée. Combien de personnes âgées épuisées par de longues heures au fauteuil exigées par une famille qui refuse de voir papa « abandonné » au lit. Combien d’hypotensions qui prennent l’allure de la somnolence en position verticale du buste. Certes il convient d’entretenir les fonctions résiduelles dont celle de se tenir debout ou assis. Pourtant l’exagération est encore au rendez-vous quand la situation le contrindique et fait d’un vulgaire fauteuil un … instrument de torture. Ami lecteur peu convaincu : essayez de demeurer pendant 10 heures sur un fauteuil sans en bouger.