Les docteurs meurent aussi. Leurs patients aimeraient mourir comme eux.

Publié le par Papi

On pourrait croire que les médecins américains reçoivent les traitements les plus complexes disponibles. Ce n'est pas le cas, ils partent en douceur. Ils connaissent les limites de la médecine. Ils ont pratiquement tous vus des malades en fin de vie en salle d'opérations, perforés de tubes, branchés à des appareils divers, abrutis par les médicaments. Le Dr Ken Murray rappelle que beaucoup de confrères lui ont dit : « si un jour je suis comme ça promets-moi de me tuer ». Certains portent sur eux un médaillon : « pas de code » pour indiquer qu'ils refusent la réanimation cardio-pulmonaire.

Pourquoi les docteurs appliquent- ils aux patients des traitements dont ils ne voudraient pas pour eux ? A l'admission d'un malade le docteur demande à la famille : « voulez-vous que nous fassions tout notre possible ? » La réponse est généralement oui. Et le cauchemar commence, alors que la famille voulait souvent dire « tout ce qui est possible dans la limite du raisonnable ». La grande majorité des patients privilégient la qualité de la vie plutôt que sa durée. Après avoir mené une vie digne ils veulent pouvoir exiger d'avoir une fin digne. C'est le choix fait par la grande majorité des docteurs. Il doit être mis à la portée de tous.

Source : How Doctors Die Ken Murray, professeur de médecine.

http://www.zocalopublicsquare.org/2011/11/30/how-doctors-die/ideas/nexus/

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P
Comme bien souvent je vais être le poil à gratter!<br /> Effectivement le médecin que je suis ne veut pas d'une part être l'objet d'un acharnement déraisonnable.<br /> Il n’empêche que dans ma fonction de medco je me trouve confronté à un laxisme de certains médecins hospitalier et médecins traitant. Je m'explique avec qq exemples<br /> 1/ Madame C 88 ans 10/11/2010 HEMICOLECTOMIE DROITE avec rétablissement de la continuité pour CARCINOME et envahissement ganglionnaire et abstention thérapeutique. Bilan négatif en 2013 et en 2014. Cette personne apprécie d’avoir été opérée.<br /> 2/ Madame D 92 ans pas de comorbidité hormis un sd dépressif chez qui on découvre un KC rénal (hématurie ++). Celle ci refuse toute investigation complémentaire avec refus d'intervention par peur (exérèse proposée en cœliochirurgie). Depuis cette dame saigne est s'anémie. Lui a-t-on expliqué vraiment le type d’intervention et l’évolution non traité de sa tumeur ?<br /> 3/ M P 88 ans Encore un Kc rénal avec un bilan d'extension négatif qui refuse l'intervention par peur de celle-ci. Sa famille était ok sur cette abstention thérapeutique.<br /> Dans le dernier cas, la famille et le patient/résident semblent actuellement se rendre compte que l'abstention thérapeutique n'avait peut être pas été la bonne solution. J'ai réussi avec l'aide du médecin traitant à convaincre la famille et le patient/résident de reconsidérer le problème et de reprendre contact avec le chirurgien.<br /> <br /> Dans le cas de Madame D, je n'ai pas réussi......<br /> <br /> Je suis convaincu que les efforts fait par le monde médical pour expliquer qu'une intervention en 2014 n'a strictement rien à voir avec ce qui se faisait en 1940/1950 et que l'apport de nouvelles techniques de chirurgies à ventre fermé par exemple couplées avec des anesthésies sophistiquées permettait des audaces thérapeutiques impensable il y a qq années.<br /> <br /> Il ne faut donc pas qu'au nom du &quot;non acharnement&quot; nous laissions des personnes refuser des soins par défaut d'explications. Je vois ici tout l’intérêt des réunions de consensus oncologue, chirurgien, radiothérapeute, gériatre, afin de procéder à une évaluation multidirectionnelles des candidats à des thérapies curatives ou même palliatives.<br /> Comme d'habitude, tout est question de mesure et de communication et ce n'est pas parce que l'on a plus de 80 ans que nous devons laisser passer l'occasion de proposer des thérapies promettant d’êtres moins nocive que la pathologie en cours et son devenir.
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P
Merci pour ta contribution. Tout à fait d'accord avec toi pour considérer l'abandon thérapeutique comme le principal danger des la situation actuelle. Le paradoxe est que le grand public pointe davantage l’acharnement thérapeutique et les excès de recherche du diagnostic. Il me semble donc de notre devoir de soignants de continuer, comme tu le fais, à expliquer la réalité que nous constatons. Et de ne pas nous lasser, de ne pas nous laisser impressionner par le fatalisme ambiant.
P
Immense problème soulevé par cet article que nous rapporte judicieusement Papi. Appliquons-nous aux autres ce dont nous ne voudrions pas ? La &quot;règle d'or&quot; est-elle maltraitée ? De plus, notre écoute des proches est-elle attentive ? Les anticipations par les patients sont largement boudées : en France, ce sont les directives anticipées et la désignation d'une personne de confiance. Les attitudes dans ces situations nécessitent souvent de la compétence, du temps et beaucoup d’explications. Sans que le résultat, une relative &quot;satisfaction&quot; de l'entourage, soit forcément au rendez-vous.
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