Maurice, Réglisse et l’aide-soignante

Publié le par Bernard Pradines

Maurice, Réglisse et l’aide-soignante

En janvier dernier, Maurice, un vieil homme, dut recourir au service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Il vivait chez lui, dans un village, en compagnie de sa femme et de son chien Réglisse élevé au biberon par son maître. Il est vrai que la mère de l’animal était morte en le mettant au monde…

Après le décès de son épouse, la situation de Maurice devint de plus en plus précaire. Au point que l’EHPAD [1] apparut à sa famille comme le seul recours dans un contexte de deux maladies chroniques nécessitant une surveillance rapprochée : une pathologie métabolique et une affection neurodégénérative.

Dans leur grande humanité, les EHPAD autorisent rarement l’hébergement de l’animal de compagnie, même s’il n’existe aucune difficulté liée aux troubles cognitifs de sa (ou de son) propriétaire. En tous cas, pas les établissements que Maurice devait rejoindre. Réglisse allait-il rester seul à la maison ?

Que faire ? Le donner au premier venu ? Faudrait-il recourir à cette solution terrible et extrême autorisée chez les animaux et peut-être bientôt chez les humains ? Ainsi, l’aide-soignante du SSIAD se souvint d’une petite chienne dont le décès avait été quelque peu suspect.

Alors, un jour de chagrin où Maurice demanda à la soignante si elle connaissait une personne qui pourrait accueillir et surtout aimer la huitième merveille du monde, une lumière brilla dans l’obscurité …

Le vent du Nord-Ouest m’apporte la nouvelle : Réglisse a trouvé une nouvelle famille chez … l’aide-soignante.

[1] EHPAD : établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, anciennement maison de retraite

Publié dans EHPAD, éthique, animal

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C
En ces temps de deuil, une petite pointe d'humour est aussi la bienvenue. Le jour de la sépulture de Maurice, Réglisse m'accompagnait au cimetière et le vieil ami de Maurice, celui que Maurice allait visiter chaque jour dans le hameau que ces deux hommes partageaient depuis toujours, le copain d'école, celui qui portait le cierge d'honneur lors de la messe d’enterrement. Bref, l’ami des bons et mauvais jours s’est adressé à Réglisse en ces termes : « Alors , il parait que tu as trouvé une bonne maison de retraite ».
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P
Constance, la "maman" de Vanille, m'écrit ceci ce matin : "Vanille a eu ses vaccins annuels et en feuilletant son carnet de santé vétérinaire j'ai trouvé sa courbe de poids de sa naissance jusqu'à ses 3 mois remplie très soigneusement , presque de façon scolaire par le vieil homme et j'ai trouvé ce document très touchant."
C
Le " Papa" de Réglisse est décédé cette nuit. Alors je renouvelle ma promesse faite à Maurice il y a six mois maintenant.J'avais promis que dans sa nouvelle famille Réglisse ne serait pas non seulement une petite chienne maltraitée, mais une petite chienne qui serait aimée.Quand en voiture Réglisse se blottit tout contre moi,s'installant d'elle- même entre le siège passager et le siège conducteur, je sais que Réglisse m'a adoptée.
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P
Il n'est pas interdit, en ces temps de deuil, d'avoir une pensée pour le "papa" de Réglisse.
C
&quot;il faut de part et d'autre un zeste d'amour un zeste de bienveillance,un zeste de respect&quot;<br /> Maurice, Réglisse et l'aide soignante … ou<br /> L’histoire d'un vieil homme murmurant la voix tremblante quelques temps avant son entrée en EHPAD qu'il allait devoir mettre une annonce dans le journal régional proposant l'adoption de sa petite chienne.
N
quel bel geste d'humanité
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A
il faut de part et d'autre un zeste d'amour un zeste de bienveillance,un zeste de respect<br /> ce qui me fait dire que le chien est le meilleur ami de l'homme et nous pauvres&quot;humains&quot; nous sommes parfois bien bêtes dans certaines circonstances
C
Je souhaiterais profiter de votre remarque pour apporter quelques précisions quant à l'adoption de Réglisse. Je ne voudrais pas que vous pensiez que mon geste était motivé par une forme d'altruisme à toute épreuve. Il y a quelque mois la petite chienne d'une de nos jeunes patientes a mis au monde 3 chiots et j'ai pensé l'instant d'un instant prendre un chiot .Seulement, quand nous arrivions le matin pour les soins d'hygiène de notre patiente , les déjections des chiens jonchaient le sol de sa chambre. Les parents de la jeune femme,bien portants,la quarantaine s'imaginant sans doute qu'il était de notre ressort de nettoyer les déjections des chiots et de leur mère .Il est évident que si Maurice s'était comporté à l'égard du service de cette façon là, je n'aurais jamais adopté Réglisse.
C
En complément du texte du DR Pradines, je souhaiterais juste témoigner de la frénésie qui s’empare de Réglisse quand chaque semaine nous arrivons sur le parking de l’EHPAD rendre visite à Maurice. Impatiente, la portière de la voiture à peine ouverte voilà que cette petite boule de poils file comme une fusée à la porte de l’établissement … rejoindre l’homme de sa vie.
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P
Merci, Constance, d'éclairer cette nuit qui est encore la nôtre par une aube que nous attendons tous.
A
quand le papy est décédé a 99 ans et demi,le fils du monsieur m'a téléphoné<br /> je ne peut plus donner a manger a coockie,car il gronde quand je m'approche, si vous voulez Anne marie, je vous donne cookie, ainsi je suis allé chercher le chien,quand je l'ai sifflé, il a tout de suite monté dans notre voiture,sans demander son reste,<br /> le fils en aparté,j'ai remarqué quand je venais voir papa, que cookie vous écoutait,en effet le papy le matin ,lui donnait le fond de son café au lait,dans un bol,et le papy me disait<br /> il ne faut rien dire&quot;a sa famille qui était très pointilleuse avec le papi
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C
«… le papy le matin ,lui donnait le fond de son café au lait,dans un bol,et le papy me disait<br /> il ne faut rien dire&quot;a sa famille qui était très pointilleuse avec le papi … ».<br /> Votre remarque, Anne- Marie, me renvoie à une anecdote vécue par Maurice à l’EHPAD il ya à peine quelques semaines.<br /> Il y a 10 ans lors de sa venue au monde, en nourrissant Réglisse au biberon, Maurice lui a probablement sauvé la vie alors à la fin d’un déjeuner Maurice désormais « résident », sachant sa petite chienne gourmande, a enveloppé le plus délicatement possible dans un papier les restes d’une cuisse de poulet. Il n’avait pas compris que les notions de subtilité, de compassion, d’intelligence du moment … que sais-je encore ? étaient définitivement absentes des enseignements des IFSI. Ceux- ci préférant mettre leur énergie à rédiger la millionième version d’un millionième protocole d’hygiène. Le petit paquet pour Réglisse a directement suivi, sans autre forme de procès, le circuit du « sale », bref celui de la poubelle.
P
Merci pour ce témoignage.