Voyage de l’autre côté du miroir

Publié le par Papi

L'informatique au service du patient ?

L'informatique au service du patient ?

Visiteur bénévole en EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) et SLD (soins de longue durée),  je me suis retrouvé brusquement immobilisé sur un lit d’hôpital pendant une semaine suite à une fracture  accidentelle. J’ai trouvé intéressant de me situer aux premières loges pour découvrir plus en profondeur comment fonctionne un univers à la fois familier et mystérieux. Les lignes qui suivent ne visent qu’à exprimer un point de vue strictement personnel.

Les premiers contacts avec le personnel infirmier montrent que les cours des IFSI et les stages de formation ont bien été assimilés : cordialité, dynamisme (ne pas forcer la note), contact physique discret sur le bras du patient (et non sur le visage, merci).

L’acquisition des techniques de soins est parfaite : le personnel peut travailler très vite tout en évitant les gestes douloureux. On peut regretter que sa rotation quotidienne ne permette  pas une relation plus personnalisée, sécurisante, avec le patient.

« Communiquer est important, nous ne sommes pas des meubles ». Cette phrase relevée sur le blog, adressée par un patient à sa gériatre, s’est retrouvée d’actualité. Il arrive qu’une fracture soit accompagnée de dégâts collatéraux. Pourquoi ne pas en parler dès leur apparition plutôt qu’a posteriori quand leurs effets ont disparu; l’anxiété du patient serait diminuée, la douleur mieux acceptée.

La question des repas en milieu hospitalier occupant toujours une place importante dans les conversations entre un patient et un visiteur, il était intéressant de se retrouver au rang des consommateurs. Dans certains établissements, on débarrasse les plateaux au plus vite sous les protestations des patients. Ici, la situation était très différente, chacun pouvait manger à son rythme. Cela mérite d’être souligné quand on connait le fort pourcentage de patients dénutris dans les hôpitaux. En cas de perte totale d’appétit, pourquoi ne pas proposer un verre de lait ?

Comme dans toute communauté, des individualités se détachent de l’ensemble et laissent une forte impression. Qu’ont-elles de plus que les autres ? Bénéficient-elles de dons innés ou à la portée de tous avec une formation adéquate ?

Empathie est leur mot-clé. Le patient est accueilli comme un invité. On comprend qu’il se serait bien passé de vous rendre visite mais on est là pour le recevoir et le remettre sur pied. Le soignant se présente, nom ou prénom. La conversation est chaleureuse, naturelle, aborde les sujets les plus divers. Quand on revient pour soigner le voisin de chambre, on pense à saluer d’un signe de tête le malade qu’on a vu un peu plus tôt.

Pareille attitude permet d’éviter le risque d’oublier que la personnalité d’un patient peut être altérée par la douleur et les médicaments. Une distinction entre les bons malades et les moins bons n’a pas lieu d’être, même si le départ au plus vite de ces derniers permettrait de se rapprocher de la configuration idéale d’un hôpital sans malades…

Ce passage de l’autre côté du miroir dans un hôpital précis complété par mon expérience de différents établissements m’a montré l’énorme complexité d’un système qui fonctionne correctement dans des conditions difficiles, constamment sous l’épée de Damoclès des restrictions budgétaires, avec un personnel insuffisant surchargé de travail. Devrait-on souhaiter que les décideurs obsédés d’économies qui prétendent gérer la santé publique se retrouvent  à leur tour aux urgences puis sur un lit d’hôpital pour avoir une vision correcte de la réalité quotidienne ?

Publié dans hôpital, humanitude

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C
"Ce passage de l'autre côté du miroir dans un hôpital ..." Est une expérience souvent inoubliable
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P
Merci pour vos commentaires. J'ai pour habitude de dire que j'ai davantage appris lors de mes 11 hospitalisations que lors de ma carrière médicale.
Une exagération, bien sûr.
Toutefois, une question demeure : faudrait-il sélectionner les personnels hospitaliers lors de l’embauche ? Un des critères ne devrait-il pas être un antécédent d'hospitalisation ? On perdrait probablement ainsi en rentabilité mais on gagnerait en humanité.
J
Tout d'abord j'espère que vous allez mieux. Votre dernière phrase me plaît beaucoup parce que malheureusement je dois constater que très souvent les 'perles' sont effectivement ceux et celles qui sont passé par là... Même 'vivre le système' sans être réellement malade serait déjà bénéfique. A nous tous alors la tâche de faire connaître l'empathie, la compassion et l'altruisme.
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C
"Les lignes qui suivent ne visent qu’à exprimer un point de vue strictement personnel."
Août 2003
J'étais en stage dans un service de chirurgie viscérale . J'ose affirmer que le service comptait plus de personnel que de patients opérés. Seulement, pas bien loin, dans la même enceinte, des résidents âgés, ceux du service de SLD ou ceux de la maison de retraite de l'hôpital décédaient de la canicule.
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