Les diverses missions du psychologue en EHPAD

Publié le par CTPG

Extrait : "Les missions du psychologue sont donc multiples, c'est pourquoi celui-ci doit être doté d'une excellente résistance psychique et pouvoir échanger avec ses pairs."

Ce texte est proposé par les membres du CTPG (Collège Tarnais des Psychologues Gérontologues). Présidente : Carole Carnémolla- Cousin.

La personne âgée arrive en EHPAD parfois en situation d'urgence, non envisagée par celle-ci et souvent vécue comme une rupture avec les habitudes passées.

La maladie, la perte d'autonomie, le veuvage conduisent la personne âgée vers une institutionnalisation, alors que, comme tout un chacun, elle désirait rester le plus longtemps possible à son domicile.

La perspective de la future entrée en EHPAD marque très souvent une remise en question de l'identité et du sens de la vie générant par conséquent une forte anxiété chez la personne âgée ainsi que son entourage .

Afin de faciliter ce passage, la présence du psychologue au sein de l'EHPAD s'avère nécessaire et bénéfique.

Interlocuteur de confiance, la place de ce professionnel doit être reconnue comme partie intégrante dans le projet de vie de l'établissement (arrêté du 29 avril 1999).

Le psychologue doit s'assurer du consentement éclairé de la personne âgée pour intégrer l'établissement, et non pas qu’elle ait subi des pressions psychologiques exercées par l'entourage.

La tâche est délicate car la personne âgée peut souffrir de troubles cognitifs rendant le dialogue difficile.

Le psychologue peut être un médiateur qui tentera de désamorcer des différends, de déculpabiliser les membres d'une famille qui redoutaient l'entrée et ou détecter des aidants épuisés.

Il doit permettre à la personne âgée de s’adapter aux nombreux changements et de dépasser l’anxiété générée par le commencement d’une nouvelle vie dans un lieu collectif mais aussi face à l'angoisse de mort et d'abandon qui animent de nombreuses personnes âgées,

Le psychologue anime, pilote ou participe simplement au projet d'accompagnement du résident afin de s’assurer qu'en plus de son projet de soins, un projet de vie et d'activités personnalisées et adaptées lui soit proposé.

Il pourra accompagner le résident dans son besoin d'humanité et de soutien face à la perte d'autonomie, la maladie, les deuils.

Il proposera des psychothérapies de soutien (entretiens cliniques, programmes cognitifs et comportementaux) mais aussi une réhabilitation cognitive (grâce à des ateliers mémoire structurés).

Le psychologue devra œuvrer pour le maintien des liens familiaux et sociaux de la personne âgée et de son entourage.

Enfin le psychologue accompagnera le résident et sa famille dans de sa vie dans l'EHPAD en faisant preuve d'écoute et de compassion.

Il pourra apporter le soutien nécessaire au moment de la fin de vie du résident et accompagner ses proches.

Le psychologue restera un interlocuteur de choix pour la famille et la direction lorsque surgissent des situations conflictuelles quant à l'accompagnement du résident. Il fait partie intégrante de l'équipe de coordination.

Il a un rôle d'échange d'information et de concertation en complémentarité avec d'autres professionnels : équipes pluridisciplinaires de l'EHPAD, médecins traitants, gériatre, psychiatre, réseaux de soins palliatifs ou structure de répit,

La plupart des psychologues occupent un poste à temps partiel au sein des EHPAD.

Néanmoins ce professionnel apporte aussi le soutien nécessaire aux équipes soignantes, témoignant de la volonté d'améliorer la qualité de l'accompagnement du résident.

Il œuvre à prévenir le burn-out qui peut rapidement concerner les soignants.

Il apporte son expertise pour les accompagnements difficiles. Il évalue la situation neuropsychologique du patient âgé, donne son avis sur les accompagnements à adapter.

Les missions du psychologue sont donc multiples, c'est pourquoi celui-ci doit être doté d'une excellente résistance psychique et pouvoir échanger avec ses pairs.

Sur le même thème, on lira aussi avec intérêt sur ce blog :

Publié dans psychologue

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Bernard PRADINES 09/11/2020 09:51

Le débat entre hgfd et Nono me rappelle la déclaration d'un psychiatre bien connu dans ma région, exprimant son désarroi devant une personne ne pouvant pas s'exprimer verbalement du fait d'une démence. Probablement influencé par le courant psychanalytique, il déclara que, si la parole fait défaut, il est privé du seul élément clinique à sa disposition.

Nono 09/11/2020 11:52

Alors, c'est qu'il a oublié ses yeux :-D

hgfd 08/07/2020 14:27

le métier est facilement dénaturé, les résidents sont atteints de démence et sans échanges cohérents, sans capacité mnésiques et de langage , nécessaire à un psychologue pour faire de la psychothérapie, ceux a quoi on a été formé pendant 5 ans (bac plus 5) il est difficile d'intervenir, on fait du soutien oui mais ca se limite à ca et etre psy s'est plus que ca.du soutien tous les agents le font, les animateurs, les asg....on perd notre spécificité on nous fait faire des choses qui n'ont pas de sens sauf pour permettre à l'ars de faire des statistiques, ou on nous fait comprendre qu'il faut s'adapter et faire des activités (animations) pour arriver à un effet positif sur la psyché, ca fonctionne sauf qu'on est pas animateur, pas des exécutants et cadre de categorie A.

Nono 09/11/2020 09:21

Je ne suis pas d'accord avec votre commentaire… Etre psychologue en EHPAD demande une grande flexibilité et de faire preuve de créativité. J'exerce cette activité depuis un an et je n'ai jamais eu le sentiment d'être "une animatrice", ou "une agente de catégorie A". Tous les résidents ne souffrent pas de troubles cognitifs sévères et le travail thérapeutique est tout à fait réalisable avec bons nombres d'entre eux. D'autre part, selon moi, le psychologue en EHPAD a également la responsabilité d'évaluer la situation du résident, et de communiquer avec les équipes soignantes. Nous pouvons très bien travailler avec des personnes atteintes de démence, mais cela suppose de trouver des moyens de communiquer différents, et d'évaluer les facteurs qui peuvent aggraver ou maintenir les symptômes (tels que agitation, errance, agressivité, par exemple). Ensuite, notre rôle peut être de conseiller les équipes sur l'attitude à avoir avec la personne. Ce métier est incroyablement varié! Chaque nouvelle rencontre ouvre sur de nouvelles problématiques et de nouveaux défis: accompagnement en soins palliatif, médiation, conseil, écoute, évaluation, et… thérapie aussi.
Si vous n'aimez pas ce métier, qu'il ne correspond pas aux attentes que vous aviez en effectuant votre formation de psy, alors vous feriez mieux d'arrêter et de chercher autre chose. Le monde de la psychologie est suffisamment vaste pour trouver une voie qui vous convienne. Du moins, c'est ce que je vous souhaite.

Bernard PRADINES 08/07/2020 15:06

Merci pour votre témoignage qui détaille des aspects de la difficulté d'être psychologue en établissement pour personnes âgées. Je serais demandeur d'un article reprenant ces éléments en les détaillant. Sous anonymat bien sûr car la vérité est parfois dangereuse à être exprimée.