Neuroleptiques et benzodiazépines : le scandale n’est pas là où on le croit …

Publié le par Bernard Pradines

Une idée simple, voire simpliste, consiste à condamner la prescription des médicaments, en particulier les psychotropes.

Regardons-y de plus près avec l’excellent éditorial de Wong, Crétu et Gomas paru en décembre 2015 dans NPG :

http://www.cefama.org/publication/344

 

Publié dans médicaments

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D
Certains établissements et certains médecins se comportent bien et se sentent agressés par les recommandations. Cela n'efface pas les scandales qui existent vraiment. Médecin remplaçant, j'ai eu l'occasion de visiter de nombreux EHPAD. Dans l'un d'entre eux, sur les 22 patients que j'ai vu, 20 prenaient une association anti-Alzheimer + antidépresseur + benzodiazépine + somnifère + neuroleptique ! Une association qui, de toute évidence, ne devrait jamais être prescrite. J'ai aussi visité un endroit où une EHPAD était en construction, par une municipalité rurale, sur un vaste terrain. Le service "fermé" pour les patients atteints de maladie d'Alzheimer était prévu à l'étage, au milieu de la structure. Ainsi, la possibilité de "déambuler" à l'extérieur, dans un jardin clos, était d'emblée exclue. Je suis bien convaincu que cet EHPAD regorge maintenant de personnes sous neuroleptique... Donc oui, il y a scandaleS avec une prescription qui calme, certes, mais qui diminue aussi les capacités cognitives, la mémoire, le raisonnement, l'équilibre, la force musculaire, et qui raccourcit la durée de la vie. Je ne dis pas que dans certains cas, elle ne soit pas nécessaire. Mais ces cas sont bien moins nombreux que les prescriptions.
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