Primum non nocere (1ère partie)

Publié le par Bernard Pradines

Primum non nocere  (1ère partie)
Primum non nocere  (1ère partie)

Cette locution latine, inspirée de la doctrine hippocratique, est bien connue en médecine. Elle est parfois répétée à l’envi. Quel est son sens ?

Habituellement, elle est traduite en français par les termes suivants : « d’abord ne pas nuire ». D’après Christophe Pacific[1], « pour les latinistes la meilleure traduction d'Hippocrate reste Primum nihil nocere qui exprime précisément la notion de ne nuire en aucune façon. » En effet, « nihil » signifie « rien ».

Elle est qualifiée de « principal dogme abstentionniste » sur Wikipedia.

Spontanément, on pourrait la considérer comme une évidence. En effet, comment imaginer que l’on nuise à son patient ? Pourtant à y regarder de plus près, cela ne va pas de soi.

Dans ce domaine, impossible de faire l’impasse sur le Docteur Josef Mengele et tous ceux qui se sont compromis, ici ou là, dans une médecine pseudo-expérimentale, tortionnaire et assassine. Instrumentaliser, stériliser et sacrifier ceux qui seraient haïssables, prisonniers de guerre ou civils de « races » maudites. Au nom du bien, cela va de soi. Ceci en alléguant un bénéfice pour les autres, les seuls qui seraient dignes d’être soignés. Inimaginable ? Non, une réalité survenue massivement au vingtième siècle dans des pays aussi cultivés que l’Allemagne et le Japon. Douloureusement, nous devons à la vérité que ces exactions ont eu lieu aussi dans d’autres pays, même si cela fut à moindre échelle, y compris en contrée dite « démocratique ».

Dans la deuxième partie, j’envisagerai l’actualité de l’intention de nuire.

 

[1] Christophe Pacific, 57 ans, est cadre supérieur de santé au Centre Hospitalier d'Albi et Docteur en Philosophie de l'Université Paris Est - École d’Éthique et Philosophie de la Salpêtrière.

 

Publié dans éthique

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C
Réponse à Constance (2)<br /> la réflexion éthique est une forme de résistance à la médiocrité. Laisser de la place à cette réflexion est très courageux de la part des directions et de l'enc
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C
" ... et mettons le pied dans l'ouverture de la porte pour qu'elle ne se ferme pas..."<br /> <br /> Sauf que j'ai surtout vu des directions et des encadrements ouvrir d'abord et surtout des parapluies ... de l'envergure d'un parasol <br /> <br /> Constance
C
la fin du message m'a un peu échappé : <br /> Oui, laisser de la place à la réflexion éthique reste aujourd'hui très courageux de la part des directions et de l'encadrement. réjouissons-nous de ceux qui la mettent en place et mettons le pied dans l'ouverture de la porte pour qu'elle ne se ferme pas...
C
évidemment, le principe de non malfaisance mérite de tourner en boucle chez tous les soignants et nous pourrions même envisager d'y dédier une intervention pleine et entière. Il s'agit là réellement d'un niveau II que les soignants doivent atteindre pour ne pas rester coincés dans une éthique de conviction insuffisante et qui consiste souvent seulement à vouloir bien traiter... et hélas l'enfer est pavé de bonnes intentions...<br /> merci Bernard pour cet article,<br /> bien à toi,<br /> Christophe
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C
Réponse pour Christophe Pacific et pour le DR Pradines.<br /> <br /> Une proposition.<br /> <br /> Et pourquoi ne pas envisager d'écrire en commun un traité d'Ethique médicale à l'usage des Infirmiers et aides - soignants à la façon d'un Michel Tournier qui n'a pas hésité à écrire une version plus accessible de son " Vendredi ou les les limbes du pacifique "à l'usage des enfants sans faire l'ombre d un compromis à la facilité.
P
Réponse à Constance : l'aide-soignante confrontée à une personne âgée démente qui refuse sa toilette ne devrait jamais rester seule dans cette difficulté. Il s'agit d’une problématique trop longtemps délaissée.
C
Pour ma part je trouve le docteur Pradines bien optimiste quand ce dernier écrit que "cette locution est répétée à l'envi" ;; en tout cas, elle n'est pas enseignée dans les IFSI et c'est très dommageable parce que je la trouve très belle , exigeante , tout sauf simple, prise de tête même.<br /> Bref,<br /> un de ces principes où même si l'on est qu' une aide - soignante devant une situation inextricable ( par ex: une personne âgée démente qui refuse sa toilette ), cette locution devient une référence vers laquelle on peut se diriger sans problème pour alimenter une réflexion .<br /> A quand les philosophes spécialistes de l'Ethique médicale dans les IFSI?<br /> A quand les cadres infirmiers cesseront- ils de nous abreuver, de nous infantiliser avec des propos " éthiques" low- cost " ?<br /> <br /> Constance